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Mali, saine concurrence bancaire

Mali. Les banques ont fait preuve de résilience dans la crise. À l’aune de la reprise économique et dans un contexte de vive concurrence, reste à relever les défis de l’accès au système bancaire et du financement de l’économie.

Globalement l e s banques maliennes se portent bien. L’année 2014 a été une très bonne année. » Telle est l’analyse de Moussa Alassane Diallo, président de l’Association profession-nelle des banques et établissements financiers (APBEF).

La crise de 2012 s’est traduite par de nombreuses attaques d’agences bancaires dans les régions du nord, suivies de conséquences dramatiques sur les entreprises. Aujourd’hui, le paysage bancaire se compose de 17 établissements de crédit en activité (14 banques et trois établissements financiers), après l’arrivée, en 2014, d’une filiale de Coris Bank.

L’exercice a également été marqué par le démarrage du Fonds de garantie pour le secteur privé, créé à l’initiative de l’État pour soutenir les PME. Pour le président de l’APBF, « la concurrence est très rude entre les banques, c’est une excellente chose ! » Une concurrence également ressentie comme « saine » par Fatoumata Sangho Keïta, directrice de clientèle de la Banque de développement du Mali (BDM) qui a dégagé un bénéfice de 10 milliards de F.CFA en 2014.

Partenaire principal de l’État malien, actionnaire à 18 %, la BDM a vu la présence à son capital de la Banque marocaine pour le commerce extérieur (BMCE) se renforcer suite au retrait de la BCEAO. De son côté, la filiale d’Attijariwafa bank, dirigée par Hassen Ouastani, la BIM (Banque internationale pour le Mali) développe son expansion ; riche de 83 agences sur l’ensemble du ter-ritoire, elle occupe la première place en termes de réseau et de proximité. Les efforts de l’État dans la réduction de la dette intérieure – quelque 2 milliards de F.CFA ont été décaissés au 1er trimestre 2015 – font l’effet d’une bouffée d’oxygène.

Pour Moussa Alassane Diallo, « le renforcement et l’intensification de la relance économique doivent reposer sur trois piliers : la poursuite de la réduction de la dette intéri-eure, l’accès des PME à la commande publique et l’investissement de l’État dans de grands projets structurants comme les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’éducation. Des secteurs où l’État devra investir durablement ».

De nécessaires adaptations

À l’occasion de la journée des banques et des institutions financières, tenue en avril à Bamako, le thème du financement des PME a été au coeur des débats. Dans une économie où 80 % des entreprises demeurent dans l’informel et où la majorité n’a pas accès au secteur bancaire, les banques doivent accepter de remettre en cause leur modèle économique. Conscients que 14 banques ne peuvent se développer avec les 20 % d’entreprises « formelles », les professionnels savent que le secteur bancaire doit s’adapter. D’autant que les analyses de la BCEAO montrent que la contribution des banques maliennes au finance-ment de l’économie est encore très faible, environ 21 % du PIB selon les chiffres de décembre 2014, un ratio proche de la moyenne sous-régionale, mais à comparer aux 30 % observés au Sénégal et au Togo. Un défi de plus à relever.

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