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Mali : Des réalisations concrètes et de proximité

Le bilan d’étape du Projet de reconstruction et de relance économique du Mali, cinq ans après la guerre, est pour le moins contrasté. Quelques efforts d’aides aux entreprises sont à saluer, mais des infrastructures manquent encore à l’appel.

Bamako, Gnanzou Coulibaly

Cinq ans après l’éclatement, en 2012, de la crise sécuritaire et multidimen­sionnelle au Mali, la reconstruction se poursuit. L’une des nombreuses initiatives entreprises par les autorités nouvel­lement élues est le Projet de reconstruction et de relance économique (PRRE). L’accord de financement de ce projet, qui entame sa quatrième année, avait été signé en 2013. Pour sa mise en oeuvre, le Mali a reçu un don de 100 millions $ de l’IDA (Banque mondiale). Ce don vise à fournir au gouvernement un mécanisme pour soutenir la reconstruction et la relance de l’économie des zones touchées par la crise, dans le nord et le centre du pays. Le projet couvre au total 149 communes, 134 au sein des régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Mopti. 15 communes des régions de Ségou, Koulikoro, district de Bamako, et des zones d’accueil des déplacés internes sont aussi couvertes par cette initiative.

Selon le dernier cadrage du Projet, seraient réhabilités 2 500 salles de classe, 215 structures de santé, 350 systèmes d’approvisionnement en eau. Quelque 350 tonnes de semences et 4 230 tonnes d’ali­ments pour bétail sont distribuées. Environ 680 microprojets productifs sont financés et 250 microprojets au profit des femmes. Un total de 2 150 ha de terres agricoles sont améliorées et 12 500 personnes vulnérables bénéficient d’aide d’urgence. Et le Plan de développement de 80 % des communes parti­cipantes est révisé.

Un bilan contrasté

Le PRRE est articulé en cinq parties : réhabilitation des infrastructures publiques locales ; appui aux investissements productifs ; engagements commu­nautaire et gouvernance locale ; intervention d’urgence éven­tuelle ; gestion, suivi et évaluation.

La mise en oeuvre de ces diffé­rentes composantes a été difficile, à cause du retard d’un an dans le démarrage effectif, de l’insécurité et du non-respect dans l’exécution des travaux, y compris par des instances nationales. Aussi, le projet et le budget annuel ont été ajustés en fonction des informations recueillies sur le terrain.

Ainsi, durant le premier semestre 2017 (avant cette révision à la baisse des ambitions) un montant de 2,358 milliards de F.CFA (3,6 millions d’euros) dont 75 millions de l’État du Mali et 2,283 milliards de l’IDA, ont été mobilisés.

La composante 1 consiste, par exemple, à financer la réhabilitation et les équipements nécessaires au fonctionnement des écoles, des centres de santé, des systèmes d’adduction d’eau et d’assainissement, des installations de transport et autres infrastructures publiques locales. De l’analyse des experts sur ce volet, aucun résultat significatif n’a été atteint en termes de travaux et de fournitures.

La composante appui aux investisse­ments productifs a, par contre, fait mieux. Quelque 391 microprojets (simples) ont démarré, 70 projets (dotations en motocul­teurs, mototaxis, moulins, batteuses, décor­tiqueuses) ont été achevés et réceptionnés dans huit communes du Cercle de Niono. Le coût de leur réalisation est estimé à près de 365 millions de F.CFA (560 000 euros). Les 321 projets restants sont en cours d’exécu­tion.

Aussi, sur une prévision de 206 contrats, 72 ont été signés, soit un taux de réalisation de 35 %. Le montant global de ces contrats est de 7,703 milliards de F.CFA TTC (11,7 millions d’euros).

Quant à l’état d’exécution des recom­mandations de la cinquième session ordi­naire, tenue le 24 novembre 2016, il est jugé « un peu satisfaisant ». L’État n’a pourtant pas renouvelé sa convention avec l’Ageroute ; un premier rapport de clôture, jugé lui, non satisfaisant, a été fourni en mars 2017 par la société de travaux routiers.

La présidente du comité de pilotage, également secrétaire générale du minis­tère de l’Économie et des finances, Idibé Zamilatou Cissé, rappelle que ce Projet est l’un des instruments les plus importants de la politique de développement des zones nord du pays, affectées par la crise. Il espère que « les réalisations effectuées par ce projet et celles prévues en 2017 et 2018 accroîtront l’accessibilité des populations du nord du Mali aux services sociaux de base, amélioreront la gouvernance locale et impulseront le dévelop­pement de l’économie locale ».

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