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Mali. L’enjeu minier

Mali. L’or représente 95 % des exploitations minières. Le secteur continue à attirer les multinationales sud-africaines, australiennes, canadiennes. Un enjeu de taille pour le développement.

 

Troisième producteur d’or du continent africain après l’Afrique du Sud et le Ghana, 11e au niveau mondial, le Mali recèle un sous-sol providentiel dont certaines ressources comme la bauxite, le manganèse, les phosphates et l’uranium ne sont pas encore exploitées. Clé de voûte de l’économie, les ressources aurifères confortent leur place de premier produit d’exportation en contribuant directement ou indirectement, à environ 7 % du PIB et à plus de 70 % des recettes d’exportation.

Avec neuf mines d’or industrielles en exploitation, le sec- teur enregistre une production d’environ 50 tonnes en 2014, dont 4 tonnes issues du secteur artisanal. L’État malien possède 20 % des sociétés minières. Le tassement des cours de l’or ne semble pas décourager les industriels : l’année 2015 devrait enregistrer le début des travaux de construction de trois nouvelles mines de taille mondiale et l’ouverture d’au moins trois autres. L’eldorado de l’or malien conti-nue à attirer les multinationales. Fin mai 2015, une nouvelle mine est entrée en exploitation à Kofi-Nord, dans la région de Kayes, proche du Sénégal. À sa tête, la puissante multinationale canadienne Endeavour Mining qui exploite déjà la mine de Tabakoto.

Autre société canadienne, IAM Gold est arrivée dans le pays dans les années 1990. « Le Mali est très important pour nous », explique Oumar Togueyeni, son vice-président régional : « C’est ici que les pères fondateurs ont découvert le gisement de Sadiola dans les années 1990. C’était comme une nouvelle frontière, le far west ». Après le départ de la Banque mondiale, actionnaire via la SFI, IAM Gold reste partenaire de la concession minière de Sadiola avec l’État et Anglogold Ashanti. L’étude de faisabilité pour exploiter le minerai dans la roche dure et lancer une usine de traitement est termi- née. Et la décision est prise par la société de réaliser un investissement d’environ 500 millions $.

Course aux projets

IAM Gold est également engagée cette année dans le processus de ferme-ture de la mine de Yatela, qui implique la réhabilitation du site et le finance- ment de son volet social, des projets de développement communautaire et de réinsertion. Les engagements sont tri-partites et chacun doit jouer son rôle :  l’État est garant de sa politique de développement, les compagnies minières devant avoir l’esprit ouvert pour associer les entreprises locales, s’engager sur la santé, la sécurité.

De son côté, le géant anglo-sud africain Rangold Resources, qui exploite actuellement trois mines à Loulo, Gounkoto et Morila, se prépare à ouvrir deux gisements en exploitation souterraine proches du complexe aurifère de Loulo. Après avoir racheté la mine de Syama à Rangold, la junior australienne Resolute Mining exploite désormais l’emprise proche de la frontière avec la Côte d’Ivoire. La compétition entre les miniers australiens, canadiens et sud-africains est ouverte : elle se pratique principalement dans l’exploration.

C’est la course pour trouver les meilleurs projets, préalable à tout partenariat. Bien entendu, l’apport économique du secteur minier ne saurait occulter les enjeux de développement. Alors qu’il est troisième producteur d’or sur le continent, le Mali fait face à un paradoxe : celui d’être parmi les cinq pays les plus pauvres du monde. Il est vrai que pour l’heure, le secteur minier reste une économie de niche, et n’entraîne que faiblement le reste du territoire et de l’activité. La transfor- mation sur place des minerais est plus l’exception que la règle.

Les investisseurs visent le marché mondial et n’ont donc aucun intérêt à ce que la production soit transformée sur place, notamment en raison des coûts générés par l’irrégularité de la fourniture d’électricité, et par la faible qualification de la main-d’oeuvre. Se pose ici la question du transfert de compétence. Les enjeux se situent, pour l’avenir, dans la gouvernance et la trans- parence du secteur : la capacité des pays à négocier reste faible malgré l’ITIE (Initiative mondiale pour la transparence dans les industries extractives), une coalition qui rassemble gouvernements, entreprises, société civile.

Autre sujet sensible, celui de l’orpaillage, un eldorado qui peut devenir un enfer pour les populations. Pratiqué depuis des siècles au Mali, encadré au niveau législatif, il connaît un regain d’activité depuis la crise de 2012.

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