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Mahamadou Issoufou parle de la zone de libre-échange

Votre pays est membre de l’initiative SWEDD, quelles ont été les retombées jusqu’à présent ?

Nous avons reçu des ressources en particulier des Nations unies, de la Banque mondiale… qui sont utilisées dans la scolarisation, notamment celle des jeunes filles. Nous sensibilisons des « leaders d’opinion », qu’ils soient chefs traditionnels ou religieux, à nos préoccupations démographiques, donc ce projet, l’Initiative SWEDD, est extrêmement positive pour la population.

En ce qui concerne les flux migratoires, votre pays est à la pointe de la régulation. Comment se porte la région par rapport à cette question ?

Voici deux ans, nous avons conçu et mis en oeuvre au Niger un plan de lutte contre la migration clandestine. Le Niger est essentiellement une terre de transit. Avant son application, 150 000 migrants passaient par le Niger vers l’Europe, chaque année. Aujourd’hui, la tendance est d’à peine 5 000 migrants en 2018. Nous disposons, depuis 2015, d’un cadre législatif pour lutter contre la migration clandestine et nous avons pris des mesures de répressions contre les passeurs.

Et sur le plan sécuritaire ?

Vous connaissez les menaces. La situation en Libye est chaotique et il faut en sortir rapidement. Cela doit se régler au niveau de la communauté internationale. Pour faire face à la situation au Mali, nous avons constitué la force G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad et Niger). Nos forces effectuent un excellent travail au Nord-Mali et obtiennent beaucoup de victoires sur les terroristes. Ensuite, dans le bassin du lac Tchad, nous faisons face à la menace de Boko Haram ; la force mixte multinationale qui réunit quatre pays (Cameroun, Tchad, Nigeria et Niger) fait également du bon travail. Boko Haram conserve toujours des capacités de nuisance, mais a été beaucoup affaibli. 

ENCADRE

Une étape historique vers l’intégration africaine

Elle pourrait devenir la plus grande zone de libre-échange au monde. Le 21 mars, 44 pays africains ont signé, à Kigali (Rwanda) un accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Il appartient à chaque pays, selon ses propres procédures, de ratifier l’accord au plan national, afin d’adapter sa législation. « La zone de libre-échange est le produit d’un peu plus de deux ans négociations, coordonnées par l’Égypte puis le Nigeria et sous les auspices du président Mahamadou Issoufou du Niger », s’est félicité, dans un tweet, Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine.

Seule fausse note : l’abstention du Nigeria. Le président Muhammadu Buhari ne s’est pas rendu à Kigali ; il souhaite, avant de s’engager, convaincre dans son pays des bienfaits d’une zone de libre-échange, notamment auprès des syndicats. Au Nigeria donc, comme au Bénin, en Namibie, au Burundi, en Érythrée et en Sierra Leone, les négociations internes se poursuivront. L’UA espère leur adhésion au projet lors du prochain rendez-vous, qui se tiendra en juillet, en Mauritanie. L’enjeu est considérable, ainsi que le souligne le président du Niger dans l’entretien accordé à African Business.

L’UA attend une augmentation de près de 60 % du commerce intra-africain, d’ici à 2022. Une ZLECA « à 54 » représente 1,2 milliard de personnes pour un PIB compris entre 2 500 et 3 000 milliards $. Reste à convaincre les réticents qui doutent que l’Afrique soit mûre pour une telle étape, notamment en matière d’infrastructures de transports et de complémentarité des économies. « Eu égard à ses retombées sur l’ensemble du continent africain, l’intégration économique répond non seulement à une aspiration née du panafricanisme, mais aussi à un impératif pratique lié à la viabilité économique du continent », répond Moussa Faki Mahamat.

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