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Maghreb : Quand les médecins émigrent en France

La France en pénurie de médecins

D’autres encore moins lotis sont carré­ment obligés de renoncer au serment d’Hippocrate en opérant une conversion professionnelle forcée qui les transforme en aides-soignants ou en infirmiers.

Nacer qui a suivi un cursus en orthopédie en Algérie, s’est trouvé du jour au lendemain à effectuer un travail de kiné, car il n’a pas réussi à faire valider ses savoirs, « dont le processus de recon­naissance est souvent long».

Il s’apprête à subir une mise à l’épreuve qui pourra s’étaler sur trois ans, au sein d’un hôpital parisien. Durant cette période, ses actes thérapeutiques seront évalués par le corps médical qui se prononcera sur son aptitude à exercer en France. « Il me faudra beaucoup de patience, mais je n’ai pas beaucoup le choix », exprime le jeune médecin.

Plus tard, quand il obtiendra enfin son autorisation d’exercice, il n’aura aucun mal à trouver du travail, car la France manque de médecins. La pénurie n’est pas provoquée par une crise de vocations, mais par la nature très sélective du concours d’internat (moins de 15 % de reçus chaque année).

En outre, il existe des spécialités où les médecins n’ont pas trop envie de s’investir, soit parce qu’elles comportent beaucoup d’astreintes (l’anesthésie), soit parce qu’elles constituent des métiers à risques.

Un autre domaine représente un créneau porteur pour les médecins étrangers, la gériatrie. Dans une France vieillissante, la prise en charge des personnes âgées constitue une préoccupation majeure des pouvoirs publics.

Les autorités sanitaires ont un autre souci important : le désert médical qui frappe certaines régions enclavées et le monde rural. Beaucoup de villes lancent régulièrement des cris d’alerte, inquiètes de l’absence de praticiens, soit à la suite de départs à la retraite, ou parce que les localités affectées par la pénurie ne sont pas assez attractives pour des médecins en début de carrière.

«Nous ne sommes pas contre le fait de vérifier les connaissances des praticiens qui veulent être régularisés, ni contre le fait de devoir exercer pendant un certain temps pour avoir l’autorisation d’exercer. Mais en raison des lenteurs administratives, les trois ans se transforment parfois en dix. Cela équivaut à refaire entièrement sa formation médicale », explique Hocine Saal, vice-président du syndicat.

Pour pallier cette situation, les pouvoirs locaux n’hésitent pas à démarcher des praticiens étrangers. Le secrétaire général du CNOM révèle ainsi que, dans l’Indre, les trois quarts des médecins inscrits à l’Ordre ont des diplômes étrangers.

Des procédures encore longues

Les praticiens issus du Maghreb, en particulier, n’ont aucun mal à se faire embaucher. Leurs atouts : une formation analogue à celle de leurs collègues de l’Hexagone, une très bonne connaissance du français et bien souvent une immersion préalable dans les hôpitaux français, à l’occasion de stages.

C’est d’ailleurs pendant ces formations que des médecins tunisiens, marocains ou algériens, décident de poursuivre leur carrière en France et de contribuer à vider les hôpitaux, déjà mal en point, de leurs pays. « Plus tard, j’ai l’espoir de retourner en Algérie régulièrement pour des missions de bénévolat, surtout dans les régions déshéritées du Sahara. C’est uniquement de cette manière que je pourrai aider à soigner mes compatriotes. Quand j’étais là-bas, je n’avais aucun moyen de le faire », explique Lamine, « certain » d’avoir fait le bon choix.

De leur côté, les délégués syndicaux se battent en priorité pour l’amélioration des conditions d’accueil des médecins au diplôme non européen en France. Le Snpadhue, à l’origine il y a dix ans d’un décret qui abolissait une partie des discriminations contre les praticiens étrangers en matière d’emploi, s’attèle désormais à faire raccourcir le processus de reconnaissance des compétences.

«Nous ne sommes pas contre le fait de vérifier les connaissances des praticiens qui veulent être régularisés, ni contre le fait de devoir exercer pendant un certain temps pour avoir l’autorisation d’exercer. Mais en raison des lenteurs administratives, les trois ans se transforment parfois en dix. Cela équivaut à refaire entièrement sa formation médicale », explique Hocine Saal, vice-président du syndicat.

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