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L’Utica d’après …

Sous la bannière de l’Utica, le patronat tunisien s’est fortement engagé sur le terrain politique, depuis 2011. Une stratégie loin de faire l’unanimité dans les rangs de la Centrale. Laquelle tente, désormais, de revenir à la stricte défense des enjeux économiques.

Le patronat tunisien traverse l’une des crises les plus sérieuse de son histoire. Quatre ans après la chute de Ben Ali, les hommes d’affaires sont encore pointés du doigt. Le nombre des hommes d’affaires privés de passeport était de 470 en 2011 (aujourd’hui, ils sont à peine quelques dizaines : on parle d’une quarantaine. Même Hedi Djilani, ex-patron de l’Utica, et allié à Ben Ali, a récupéré son passeport). Assimilés aux dérives de l’ancien régime, ils symbolisent l’échec d’un système qui a marginalisé des régions entières du pays.

Dans ces conditions, la principale organisation patronale, l’Utica (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat) n’a alors d’autre choix que d’engager une grande partie de ses ressources pour redorer son blason, essentiellement face au syndicat de salariés de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) qui s’est emparé du terrain social. Et face à une Centrale concurrente, constituée en 2011, la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect). 

À la tête de l’Utica depuis 2011, Wided Bouchamaoui a bien manoeuvré durant la phase de transition démocratique vécue par la Tunisie, d’octobre 2011 à décembre 2014. L’Utica reste incontestablement l’un des hauts lieux d’influence du pays, mais parvient-elle pour autant à s’adapter à la réalité d’un territoire en pleine reconstruction ? 

La première phase de « rééquilibrage » a été principalement politique, marquée par une active participation au Dialogue national, jusqu’à l’arrivée du nouveau  gouvernement Habib Essid, en janvier 2015. Désormais, l’Utica peut se repositionner sur son terrain de prédilection : l’économie. Wided Bouchamoui ne cesse de marteler que l’heure est à l’action et que la priorité doit être réservée aux dossiers économiques. Elle dénonce l’économie parallèle qui asphixie l’entreprise tunisienne, appelle à une trêve sociale prolongée, réclame la vérité dans les dossiers en cours – comme celui de la Caisse de compensation – et pèse de tout son poids pour faire passer les propositions de réformes urgentes auprès des représentants du peuple, les députés de la nouvelle Assemblée nationale. 

Pour repartir, expliquent les patrons, l’économie a besoin de confiance et de sécurité, mais aussi d’un nouveau Code des investissements, d’une loi sur le partenariat public-privé, d’une fiscalité plus équitable et d’un accès au crédit plus facile (surtout pour les jeunes), de restructuration du système bancaire, de la valorisation et redynamisation de l’administration tunisienne… 

La Centrale pesait de tout son poids dans les priorités des ministres et agissait en étroite collaboration avec le gouvernement. Aujourd’hui, nous avons tout concédé, en retour de quoi ? Nous devons sauvegarder tous les acquis.

La Centrale maintient sa « Vision 2020 » (voir encadré) et s’active au niveau régional national et international. Pour assurer un avenir prospère au pays, l’Utica estime qu’il est urgent de se remettre au travail, d’améliorer le pouvoir d’achat de toutes les classes sociales, d’entamer une politique de développement régional, et d’assainir les finances publiques. Elle réclame au gouvernement une amélioration du climat des affaires, un engagement politique fort, mais aussi un soutien pour augmenter la productivité des entreprises. 

Certes, protéger les droits des travailleurs est déterminant pour assainir le climat social du pays, reconnaissent les patrons, qui insistent néanmoins sur l’impérieuse nécessité de respecter les intérêts des entreprises. 

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