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African Business

L’intérêt de la Tunisie au libre-échange régional

L’Observatoire tunisien de l’agriculture, organisme ministériel, considère que le pays à tout à gagner de la future Zone de libre-échange africaine. La Tunisie pourrait profiter de ses positions fortes et, progressivement, conquérir de nouveaux marchés.

Par Kimberly Adams

Selon l’Onagri, l’Observatoire tunisien de l’agriculture, la ZLECAf représente une solution nouvelle pour la Tunisie. Si le pays a des difficultés qui lui sont propres, la croissance de l’après Covid passe par le développement de l’agriculture et l’essor des échanges Sud Sud. Face à cet enjeu, la Zone de libre-échange continentale africaine constitue une opportunité. L’Onagri tire ses conclusions d’un important travail documentaire sur le sujet (https://onagri.home.blog/).

L’Onagri voit « beaucoup d’optimisme » quant à l’adhésion de la Tunisie à la ZLECAf. « L’avenir de notre économie et de notre agriculture pourra trouver sa place dans cette plus grande zone de libre-échange dans le monde, après celle de l’OMC bien sûr ».

L’accord signé par la quasi-totalité des pays de l’Union africaine prévoit une baisse de 90 % des droits de douane entre ses membres. Il permet un libre accès aux produits de base, biens et services en Afrique. En supprimant les obstacles, la ZLECAf permettra progressivement aux acteurs du commerce d’atteindre plus facilement leurs objectifs.

D’ailleurs, à en croire la Direction de la Coopération du gouvernement tunisien, le pays devrait être l’un des principaux bénéficiaires du libre-échange, en matière de croissance des exportations vers l’Afrique. Sachant qu’aujourd’hui la répartition des exportations tunisiennes montre une étroite dépendance vis-à-vis des pays de l’Union européenne (73,7 % du total des exportations).

Pour la seule destination Afrique, les exportations de la Tunisie pourraient, grâce au libre-échange, augmenter de 54%, l’augmentation des exportations industrielles pourrait atteindre 74%, celle des exportations agricoles et des industries alimentaires de 21%. Les exportations vers l’Afrique des mines et de l’énergie pourraient progresser de 5%.

Un engagement sans faille

Certes, cet essor du commerce intra-africain aurait peu d’impact sur les recettes fiscales. Et bien des défis sont à affronter, si les recettes douanières diminuent. En effet, on peut craindre d’importantes pertes de recettes douanières, relève l’Onagri dans sa « revue des revues » sur la question. Sachant qu’une répartition inégale des coûts et des bénéfices sont parmi les principaux obstacles à l’intégration du continent. Toutefois, pour le ministère tunisien du Commerce, cet impact ne serait pas important voire faible.

L’Onagri rappelle que dans le contexte économique difficile, marquée par la récession de 2020, la Tunisie a démontré « sa forte volonté et un engagement total et sans faille » pour faire partie de ce plus grand marché du monde. Le pays commence à y opérer pour développer son commerce, tout en dynamisant l’emploi des jeunes et en facilitant l’accès des entreprises tunisiennes aux marchés africains. Bien sûr, l’objectif est d’intégrer tous les membres de l’Union africaine au projet.

Définitivement, « la ZLECAf représente une opportunité certaine pour la Tunisie pour l’avenir et surtout pour l’après Covid-19 pour relancer son économie et son agriculture », conclut l’Onagri. Le pays se dote de structures officielles, afin d’informer et d’appuyer les entrepreneurs tunisiens. La Tunisie fait partie des quatre pays « cibles » de l’accord de coopération entre l’Union africaine et l’Allemagne, qui finance, à hauteur de 18,5 millions d’euros, la poursuite des négociations ainsi que le début de la mise en œuvre des engagements pris.

Entre autres outils de coopération, le ministère du commerce et la GIZ allemande vont développer une application mobile. Elle servira de plateforme de coordination, d’information et d’orientation à ces utilisateurs et une plateforme entre institutions privées et celles publiques.

Au sein de la ZLECAf, aucune distinction ne se fait entre les produits agricoles et les produits industriels comme c’est le cas dans le marché du Comesa ainsi que pour les autres marchés africains. C’est pourquoi la ZLECAF permettra, au fur et à mesure, aux opérateurs de commercer plus facilement et atteindre leurs objectifs.

Finalement, l’Onagri voit « beaucoup d’optimisme » quant à l’adhésion de la Tunisie à la ZLECAf. « L’avenir de notre économie et de notre agriculture pourra trouver sa place dans cette plus grande zone de libre-échange dans le monde, après celle de l’OMC bien sûr ». En matière agricole, le pays pourra compter sur sa position de deuxième producteur mondial et leader africain dans l’huile d’olive. La Tunisie est aussi un grand producteur de dattes, mais ce produit, qui bénéficie de subventions, ne sera pas inclus au libre-échange africain de sitôt.

KA

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