Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Les six piliers économiques du Bénin

Dans une note publiée à l’automne 2021, la Banque africaine de développement définit six piliers principaux soutenant la transformation du Bénin. Elle invite notamment le pays à financer ses infrastructures et à appuyer son capital humain.

Par Aude Darc

La copieuse note de diagnostic pays éditée par la BAD (Banque africaine de développement), dresse une série de recommandations pour accélérer la marche du Bénin vers une croissance encore plus inclusive. Ce, sous forme de six chapitres et autant de secteurs à améliorer, pour le pays.

En premier, la note retient le développement du capital humain comme gage d’une productivité accrue. En effet, afin de créer une dynamique, impulsée par une main-d’œuvre qualifiée et compétente, la BAD invite le Bénin à intensifier les investissements dans l’éducation, la formation technique et professionnelle.

Du fait de sa position géographique, le Bénin est un hub commercial et une plateforme de services logistiques qui devrait bénéficier des opportunités d’intégration en Afrique de l’Ouest et de la Zone de libre-échange continentale africaine.

« C’est la clef pour l’éclosion et l’adoption des innovations et technologies qui améliorent la productivité et la compétitivité du travail.

La redéfinition des curriculums de formation avec un accent particulier sur les besoins des entreprises industrielles doit constituer une priorité pour satisfaire une demande de travail spécifique », oriente la note. Qui n’oublie pas l’agro-industrie dans son raisonnement.

Développer les chaînes de valeurs agricoles et industrielles constitue le deuxième pilier du modèle. Il s’agit de valoriser les produits de base de l’agriculture et d’assurer le développement des chaînes de valeurs.

L’agro-industrie alimentaire, avec la valorisation des produits de l’ananas, de l’anacarde, de l’igname et du maïs ayant été identifiée comme le premier secteur porteur devant favoriser le développement des chaînes de valeurs.

Le nouveau modèle de croissance et de développement impose une transformation sociale, qui doit être impulsée par un mécanisme de redistribution en faveur des populations pauvres.

Développement des infrastructures

Les réformes doivent également poursuivre la création des zones agro-industrielles spéciales : les agropoles intégrés. Celles-ci permettent d’impliquer la promotion d’une solution de bout en bout de l’ensemble des chaînes de valeur de divers produits sélectionnés en concentrant les activités agro-industrielles dans des zones à fort potentiel.

Ceci devrait prendre place dans un programme de développement et d’accompagnement de l’agriculture moderne et de l’industrie de transformation, laquelle industrie devant générer d’autres activités créatrices d’emplois.

Le troisième pilier affirmé par la BAD est le développement des infrastructures de soutien à la compétitivité, à travers des investissements publics efficaces. Le gouvernement béninois devrait maintenir la dynamique de financement des investissements publics, entamée ces dernières années, ainsi que veiller à l’amélioration de leur qualité.

Les infrastructures permettent d’améliorer la compétitivité sectorielle et globale de l’économie par le mécanisme des effets multiplicateurs sur le reste de l’économie, mais aussi celui des effets d’entraînement et d’incitation sur les investissements privés.

Autre orientation : l’amélioration de l’environnement des affaires pour le développement du secteur privé comme quatrième pilier du nouveau modèle de croissance et de développement.

Au cœur du libre-échange

« Le pays doit ainsi approfondir les réformes dans les domaines de l’accès au crédit, du raccordement à l’électricité et de paiement des impôts…approfondir les réformes structurelles en vue d’améliorer le coût et la fiabilité de l’approvisionnement en électricité et la transparence dans la tarification, rationaliser le nombre et le montant de paiement des impôts et taxes. »

Du fait de sa position géographique, le Bénin est un hub commercial et une plateforme de services logistiques qui devrait bénéficier des opportunités d’intégration en Afrique de l’Ouest et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Dans cette optique, la mise en œuvre d’une monnaie unique dans l’espace communautaire et l’opérationnalisation de la ZLECAf peuvent s’avérer comme des outils favorisant la transformation structurelle de l’économie.

Par conséquent, « diversifier les exportations et promouvoir l’intégration régionale » constitue l’avant‑dernier pilier du nouveau modèle de croissance et de développement du pays.

Enfin, il s’agira pour le Bénin de renforcer les mécanismes de redistribution de la richesse pour une croissance inclusive, ce qui constitue le dernier pilier.

« Le nouveau modèle de croissance et de développement impose une transformation sociale, qui doit être impulsée par un mécanisme de redistribution en faveur des populations pauvres », conclut le document de la BAD.

Par ailleurs, la Banque signale que le Projet d’appui à la production vivrière et de renforcement de la résilience dans les départements de l’Alibori, du Borgou et des Collines (PAPVIRE-ABC) « est en bonne voie ». Il a permis une nette amélioration de la productivité agricole et des rendements.

Ce programme a reçu un financement de 17,8 millions de dollars du Programme mondial pour l’Agriculture. En six ans, il a amélioré la productivité sur plus de 35 666 hectares (119% de la cible), doublant les rendements par rapport à la situation de référence (88% de la cible finale) pour le maïs.

@AD

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts