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African Banker

Les réponses coordonnées des banques

Une nouvelle fois, les banques mondiales de développement prônent des actions concertées pour promouvoir le développement durable, en Afrique et dans le monde. À l’approche du Sommet du 18 mai, elles appellent les grands argentiers à les soutenir.

Par Marie-Anne Lubin

Les prises de position s’intensifient à l’approche du Sommet sur les économies africaines, qui se tiendra en France le 18 mai. Réunies – virtuellement – par la BAD (Banque africaine de développement), le 11 mai, les banques publiques de développement soulignent l’urgence de disposer de ressources immédiates pour la relance de l’Afrique. Ensemble, elles s’engagent à approfondir la coopération pour stimuler les possibilités d’investissement à travers le continent, dans la perspective de l’après Covid-19.

Tous espèrent que ce Sommet convoqué par le président français Emmanuel Macron, le 18 mai, débouche sur des promesses et annonces d’assistance financière et technique pour soutenir les engagements pris. En particulier, ceux pris par les institutions africaines.

Selon les participants à cette réunion, des actions conjointes pourraient contribuer à stimuler une reprise forte et inclusive en Afrique. Ce serait une reprise ancrée au sein d’un secteur privé dynamique. L’Association africaine des institutions de financement du développement a co-organisé la réunion en collaboration avec l’International Development Finance Club, une structure hébergée par l’AFD (Agence française de développement).

Au-delà d’un « plaidoyer pro-domo », les différentes institutions réaffirment ainsi les engagements de travailler ensemble, pris lors du premier Sommet Finance in Common tenu en novembre 2020. L’objectif est de transformer l’économie et de la société, partout dans le monde, vers un développement durable et résilient. Cet objectif passe, entre autres solutions, par des innovations financières pour libérer le potentiel des institutions financières, afin de promouvoir les investissements de développement durable en Afrique.

« La BAD développement soutient fermement les banques publiques de développement », a déclaré son président, Akinwumi Adesina. Qui considère que les différentes institutions comme la sienne doivent renforcer leur capacité à atteindre toutes les régions de l’Afrique. « Pour garantir l’inclusion financière, en particulier pour les personnes non bancarisées, et élargir l’accès aux produits et services de financement, d’épargne et d’assurance, nous devons travailler comme un système unifié. »

Les jours de l’aide pure sont révolus

Les banques publiques de développement « doivent renforcer leur capacité d’approfondir les marchés financiers nationaux », juge le président Adesina qui y voit autant de moyens pour accélérer l’accès au financement et ouvrir de nouvelles opportunités.

« Les défis africains, plus que partout ailleurs, nous obligent tous à aller chercher des réponses et des actions coordonnées », a déclaré, de son côté, Rémy Rioux, président de l’International Development Finance Club. Parce qu’en Afrique, a-t-il poursuivi, « nous ne devons laisser personne de côté ». Pour le président de l’AFD, « finançons en commun et construisons maintenant une histoire commune et positive d’innovation et d’investissement en Afrique, en tirant parti de l’Aide publique au développement et en mobilisant toutes les parties prenantes volontaires ». Selon Rémy Rioux en effet, « les jours de l’aide pure sont révolus ; l’Afrique est prête pour des investissements durables ».

Les banques publiques de développement ont montré leur utilité dès le début de la pandémie de la Covid-19. Elles ont canalisé des ressources vers divers secteurs et clients, en particulier des domaines mal desservis comme la santé, les investissements sociaux, le logement, l’agriculture et le climat. Ainsi, selon la BAD, sa Facilité de réponse Covid-19 de 10 milliards de dollars a-t-elle tenu « un rôle déterminant » dans l’atténuation du choc macroéconomique subi par les pays africains. La BAD a également émis une obligation sociale de 3 milliards $ pour soutenir ses efforts de financement Covid-19.

Le poids de la dette

L’urgence est néanmoins là. La crise sanitaire et économique mondiale est sans précédent, affectant profondément les économies africaines. Une récession historique de 2,1% menace les progrès réalisés au cours de la dernière décennie et la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies.

La pandémie a eu un impact négatif sur la situation de la dette des pays africains. Sans un règlement de la dette extérieure de 700 milliards de dollars de l’Afrique, la reprise économique du continent sera retardée et la stabilité des marchés financiers sera affectée à court et moyen terme.

« Pensez à l’impact de cette dette : en 2019, l’Afrique a payé 221 milliards $ pour le service de la dette, soit 44% des recettes publiques, de 501 milliards $ la même année », a déclaré Akinwumi Adesina. Lequel rendra davantage compte des travaux des différentes banques publiques de développement lors de la réunion du 18 mai. Tous espèrent que ce Sommet convoqué par le président français Emmanuel Macron débouche sur des promesses et annonces d’assistance financière et technique pour soutenir les engagements pris. En particulier, ceux pris par les institutions africaines, parmi lesquelles l’Afreximbank.

Ces dernières, dans une déclaration conjointe, appellent les chefs d’État et les organisations internationales à soutenir leur rôle dans le système financier africain et à leur fournir les moyens et les incitations nécessaires. Il faut « un mandat plus clair pour le climat et les ODD (Objectifs de développement durable), un renforcement des capacités supplémentaire, un meilleur accès aux ressources concessionnelles ainsi que le renforcement des bases de capital, en tirant parti des émissions de DTS attendues par le FMI ».

MALU

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