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Les Canadiens en pointe

Avec le nouveau Code minier, les partenaires se bousculent pour investir. Ainsi, le Canada, en plus de sa présence au Mali, au Burkina Faso…, intensifie-t-il sa présence en Côte d’Ivoire, par de gros projets.

Lorsqu’en janvier 2014 le Premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, inaugure à Agbaou (200 km au nord d’Abidjan, dans le département de Divo), la quatrième mine d’or en exploitation, il sait que l’investissement a été possible grâce au soutien de la société Agbaou Gold Operations. Or, cette dernière est détenue à 85 % par le groupe canadien Endeavour Mining Corporation, le solde par l’État (10 %) et par la Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire (Sodemi, 5 %). Avec cette mine, qui permettra d’augmenter la production aurifère annuelle de la Côte d’Ivoire de plus de 20 %, le Canada tente par la même occasion d’accélérer ses investissements miniers dans le pays. 

Selon le PDG de Endeavour Mining Corporation, Neil Woodyer, la mine d’Agbaou, déjà opérationnelle, atteindra une production d’or voisine de 100 000 onces (environ 3 tonnes) par an. Endeavour, qui a obtenu son permis d’exploitation en 2012, a investi 160 millions $, soit près de 80 milliards de F.CFA, pour construire la mine d’or d’Agbaou. Les dépenses d’exploitation à venir seront annuellement de 75 millions $ (environ 37 milliards de F.CFA). La mine d’Agbaou, dont les réserves sont estimées à 35 tonnes, sera exploitée pendant huit ans et apportera de « nombreux revenus au pays à travers les charges salariales, les achats réalisés en Côte d’Ivoire, le paiement de dividendes, les taxes, les royalties et autres droits miniers versés à l’État », assure le ministre de l’Industrie et des mines, Jean-Claude Brou. Le projet permet la création de plus de 700 emplois directs de longue durée ; les bénéfices sont immédiats pour la région.

La Côte d’Ivoire comptait jusque-là trois gisements d’or exploités : la mine d’Ity (Ouest), celle de Tongon (Nord) et celle de Bonikro (Centre-Ouest) pour une capacité annuelle globale de plus de 12 tonnes. « La mine d’Agbaou permettra de porter cette production à près de 16 tonnes par an », pronostique Jean-Claude Brou. Avec Agbaou, le Canada confirme ainsi sa volonté d’être parmi les acteurs incontournables de ce secteur ; le pays est d’ailleurs présent dans la mine d’Ity à travers le groupe La Mancha. 

Début 2014, ce producteur d’or avait acquis une participation supplémentaire de 9,1 % dans le capital de la mine d’Ity auprès de la Sodemi, lui permettant ainsi d’augmenter son contrôle de 45,9 % à 55 %. Cette transaction s’élevait à 8 millions d’euros. « Cet accord réaffirme notre ferme engagement à développer nos activités en Côte d’Ivoire.

Nous sommes maintenant dans une position optimale pour poursuivre les efforts menés depuis le rachat de La Mancha en août 2012, dans la perspective non seulement d’accroître la productivité actuelle de la mine d’Ity, mais aussi d’assurer sa viabilité sur le long terme. Nos efforts ont déjà porté leurs fruits, puisque la production d’Ity a grimpé de plus de 50 % en 2013, par rapport à l’année précédente, pour atteindre 82 000 onces, produites à un coût moyen situé dans le premier tiers des producteurs africains. Au vu des excellents résultats d’exploration issus de la campagne de forage en cours, nous avons récemment lancé une étude de préfaisabilité pour la construction d’une usine de lixiviation en cuve (CIL). Bien que la mine d’Ity soit exploitée depuis plus de 20 ans, nous sommes convaincus que les efforts fournis et les investissements à venir donneront un second souffle à la mine », espère Sébastien de Montessus, directeur exécutif de La Mancha. 

La seule présence du Canada dans le secteur minier entraîne un effet domino. De nombreux fournisseurs d’équipements canadiens spécialisés dans les services, la restauration, et les activités annexes s’installent à Abidjan et à l’intérieur du pays.

Pour Daniel Kablan Duncan, « la réalisation de ces investissements nécessite la mobilisation d’importantes ressources financières évaluées à 150 millions d’euros (près de 98 milliards de F.CFA) ; elle permettra de créer de nouveaux emplois directs et indirects cette année ». De fait, La Mancha s’est engagée à réaliser un programme intensif d’exploration et à trouver une solution de financement pour la construction de l’ usine de traitement du minerai par procédé de CIL (51 milliards de F.CFA, accord signé fin décembre 2014), afin d’améliorer le taux de récupération de l’or. La capacité d’Ity passera de 2,4 à 3,5 tonnes d’or d’ici à 2016. La mine a produit 70 à 75 000 onces (2 à 2,1 t) en 2014. 

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