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Les banques, acteurs clés du financement

Un élargissement de l’assiette fiscale n’étant pas, non plus, suffisant – compte tenu de la part énorme de l’informel dans l’économie sénégalaise – pour couvrir l’ensemble des besoins, Amadou Bâ a donc été dépêché aux Émirats arabes unis afin d’y trouver de nouveaux financements innovants. Séjournant à Dubaï dans le cadre de la remise du Prix africain des Awards de la Finance, premier du genre décerné à l’État du Sénégal, le ministre en a profité pour rencontrer des investisseurs potentiels. Lundi 2 mars, il a reçu le Prix de la finance islamique pour l’emprunt obligataire islamique 2014 appliqué au taux de 6,25 %, émis par la Banque islamique du Sénégal, supervisé et garanti par l’État. Cette opération, risquée au départ, avait été gelée dans un premier temps. Mais Macky Sall a pesé de tout son poids pour que cette émission de sukuks réussisse. 

À l’avenir, le Sénégal fera davantage appel à des « financements innovants » comme le sukuk et l’eurobond, pour financer le PSE. « Cette option va s’accompagner de mesures pour stabiliser la dette et améliorer l’environnement des affaires », a expliqué Amadou Bâ lors d’une table ronde avec des investisseurs et hommes d’affaires émiratis. Le ministre a également promis de mériter leur confiance, estimant qu’il y avait « des choses à faire maintenant et dans le futur ». Selon lui, les investisseurs venant d’Asie, comme ceux venant du Moyen-Orient, seront les bienvenus dans l’objectif de diversifier les sources de financement de l’économie nationale où les ressources issues de ce continent constituent la portion congrue. Le FMI a déjà accepté d’apporter son soutien et signera, très bientôt, un nouveau programme avec l’État. « L’objectif du Sénégal est d’atteindre un taux de croissance de 4,5 % en 2015 et de 7 % en 2018 », a indiqué le ministre qui a promis de donner à ces nouveaux investisseurs étrangers « les bonnes informations » pour leur permettre de réaliser des projets d’infrastructures dans les secteurs prioritaires du PSE comme l’agriculture, l’énergie, l’hydraulique et assainissement et l’habitat social. 

Déjà répertoriée comme l’un des principaux bailleurs du PSE, la Banque islamique de développement (BID) s’est dite prête, quant à elle, à accompagner le Sénégal dans sa quête de nouveaux financements innovants. « Nous réaffirmons la volonté d’accompagner le Sénégal avec lequel nous travaillons depuis longtemps », a affirmé le directeur chargé du secteur privé de la BID, Khaled Aboodi, présent à Dubaï. À son tour, il a exprimé sa satisfaction quant à la réussite de l’emprunt obligataire Sukuk. L’opération, d’un montant de 100 milliards de F.CFA (environ 152,4 millions d’euros) a été désignée « meilleur projet africain pour l’année 2015 » par IFN Award de Redmoney, « la plus prestigieuse distinction dans la finance islamique ». L’emprunt a permis aux banques et institutions financières islamiques d’évaluer la capacité du Sénégal à mobiliser des fonds et améliorer ses liquidités au guichet du refinancement. L’emprunt obligataire « État du Sénégal 6,25 % 2014-2018 » marque également un tournant dans le développement de la finance islamique sur le marché des capitaux de l’Uemoa. 

La diaspora sénégalaise pourrait, elle aussi, être mise à contribution dans les financements du PSE : « Les Sénégalais de l’étranger peuvent être un élément moteur pour la réussite du Plan Sénégal émergent », estime le directeur général de la CBAO (groupe Attijariwafa bank), Abdelkrim Raghni. Encore faut-il, pour cela, qu’on leur donne « l’importance qu’ils méritent », a-t-il insisté. Ce n’est pas la première fois, en effet, que les apports des 3 millions de Sénégalais éparpillés à travers le monde sont, ainsi, évoqués. Et pour cause : « La principale recette de notre balance des paiements, poursuit-il, est constituée par les rapatriements de fonds des Sénégalais résidant à l’étranger. » En 2013, la diaspora a envoyé, à elle seule, 833 milliards de F.CFA, soit près de 11 % du PIB, contribuant à la couverture de la moitié du déficit du compte courant. « Si nous mobilisons cette diaspora comme il se doit, nous arriverons à des résultats extrêmement importants », insiste Abdelkrim Raghni. Du coup, sa banque a décidé de faire du service à la diaspora une priorité stratégique de son activité. Dès cette année, la CBAO va faire de la prise en charge des besoins des Sénégalais de l’extérieur « une stratégie principale de son plan de développement stratégique Excellence 2017 ».

Lors du voyage officiel du président Macky Sall en Espagne, à la tête d’une importante délégation ministérielle en décembre 2014, une grosse cylindrée du secteur bancaire, Banco Santander, s’était elle aussi proposée dans la mobilisation des financements stratégiques pour le PSE. La banque, présente dans 14 pays dans le monde, partenaire et actionnaire du groupe marocain, a pris l’option d’« entrer dans le pipe » en apportant son expertise et son savoir-faire en termes d’accompagnement, de structuration, d’arrangement et de conseil en faveur de l’État du Sénégal. De son côté, la compagnie espagnole Porté Telematros doit lancer, en partenariat avec les autorités sénégalaises, le premier guichet unique portuaire au sud du Sahara. La société Isolux, qui réalise actuellement la route Tanaff -Ziguinchor-Kolda pour plus de 230 millions d’euros, entend consolider sa présence au Sénégal. Tandis que Semata s’est engagée à apporter sa technologie de pointe dans la maintenance aéronautique de l’aéroport de Ndiass. Autant d’investissements, réalisé via des mégaprojets, destinés à dynamiser le PSE. 

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