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Les banques, acteurs clés du financement

Pour réussir, le Plan Sénégal émergent doit mobilier des ressources internes comme externes. Les banques institutionnelles, comme privées, sont appelées à jouer un rôle fondamental dans la diversification des véhicules d’investissements.

Répondant, mi-mars, à une question d’un député sur la mobilisation des ressources du PSE, le ministre de l’Économie, des finances et du plan s’est montré optimiste. « Il n’y a pas à l’heure actuelle de problème de financement pour le Plan Sénégal émergent, grâce à la crédibilité du président Macky Sall et de sa vision », a déclaré Amadou Bâ devant l’Assemblée nationale. « À fin février 2015, a-t-il précisé, j’avais déjà signé 67 conventions de financement pour un montant total de 1 275 milliards F.CFA. » Ces projets représentent à 88 % des financements du PSE ; ils s’adressent principalement à l’agriculture à travers le Programme national d’autosuffisance en riz, l’eau potable, l’assainissement, l’énergie, la santé et aux infrastructures. Évoquant le volet institutionnel du PSE, le ministre a affirmé que le gouvernement avait constitué un cadre pour assurer le suivi, l’exécution, et même les plans de passation de marchés. Ce document, d’abord soumis au Premier ministre, a ensuite été entériné par le chef de l’État. Lequel, début avril, lors de la présentation au Centre international de conférence Abdou-Diouf de Diamniadio, des avancées du PSE, a promis que les investissements au Sénégal atteindraient, cette année, « de nouveaux sommets ».

Selon un document communiqué aux partenaires techniques et financiers du Sénégal, 166 milliards de F.CFA ont pu être mobilisés sur fonds propres de l’État. Cette somme se complète d’une réserve de précaution de 52 milliards, mobilisable au fur et à mesure de la disponibilité des études. « La part financée sur ressources extérieures va augmenter jusqu’à 42 % alors qu’elle était de 39 % en 2013 », lit-on dans ce document. L’État, pour sa part, attend « une contribution de 1 853 milliards » de ses partenaires techniques et financiers. Ces derniers ont mobilisé, à ce jour, « 1 280 milliards, soit environ 69 % des fonds attendus d’eux ». Notant avec satisfaction que l’intégration du financement privé ait pu être réalisée dans le Plan d’actions prioritaires (PAP), le président Macky Sall s’est réjoui de cette première démontrant, selon lui, l’importance accordée au secteur privé dans le PSE.

Les Sénégalais de l’étranger peuvent être un élément moteur pour la réussite du Plan Sénégal émergent.

Le Président a néanmoins pris grand soin d’appeler à la vigilance de tous les services de l’État pour « ne pas remettre au lendemain les réformes qui peuvent être faites le jour même ! ». Indiquant que « sur le plan macroéconomique, la croissance du PIB reste bien orientée en passant de 1,7 % en 2011 à 4,5 % en 2014, avec une projection attendue de 5,4 % en 2015 », il s’est réjoui que « le taux moyen de croissance fixé par le PSE » soit, ainsi, proche. Il en veut notamment pour preuve les recettes budgétaires en nette progression, passées de 1 464 milliards de F.CFA en 2012 à 1 673 milliards en 2014, sans aggravation de la fiscalité. Il a aussi cité les performances enregistrées, en 2014, dans l’agriculture, grâce au Programme de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise : « Le Sénégal reste sur une tendance positive, avec les 559 021 tonnes de riz paddy produites cette année. »

De son côté, le directeur général de la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal a confirmé « les bonnes perspectives » pour 2015. « La place accordée à l’agriculture dans le PSE montre que l’État a compris l’importance de ce secteur dans l’économie, a commenté Arfang Boubacar Daff é. Jusqu’à présent, l’essentiel du financement de l’agriculture s’est, toutefois, effectué hors PSE. »

Avec de tels chiffres, le chef de l’État a, sans nul doute, voulu marquer son désaccord avec la Banque mondiale. Dans son dernier rapport, l’institution s’est en effet montrée plus circonspecte. « Le but du PSE est incontestablement louable, toutefois, son ambition s’écarte nettement de la tendance des dix dernières années, voire même de la période d’après-dévaluation au cours de laquelle le Sénégal a connu ses meilleurs moments de croissance économique soutenue et de réduction de la pauvreté », font valoir ses experts. En cause, l’investissement public « qui doit doubler au cours de la période 2013–2018 » ; alors qu’au même moment, l’assainissement budgétaire doit être poursuivi pour atteindre les 3 % en 2018.

Deux objectifs contradictoires qui signifient un potentiel limité pour une expansion rapide de l’investissement public. « Les autorités sénégalaises promettent une contraction des dépenses courantes afin de libérer de l’espace pour de tels investissements, mais peu de détails sont actuellement disponibles et les options semblent être limitées », notent les experts de la Banque mondiale. Qui suggèrent des hypothèses macroéconomiques plus prudentes, au moins « jusqu’à ce que des signes concrets de décollage économique soient observés ».

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