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African Business

Les atouts de la Tunisie

La piste du télétravail

Revenant sur la période de confinement, elle explique que la société a dû « basculer » ses collaborateurs en télétravail, du jour au lendemain. « Soit une charge très importante à gérer, en matière informatique et de réseau ce qui nous a inquiétés. » Or, « les performances ont dépassé nos attentes », notamment en matière de connectivité. Dans la période actuelle, d’ailleurs, les équipes continuent de travailler à distance.

« Bien sûr, toutes les sociétés vont souffrir de la pandémie, mais celles du digital moins que les autres », considère Benoist Grossmann. Lequel est coprésident de France Digital et l’un des partenaires du fonds d’investissement Idinvest. Il considère que les entreprises du secteur sont « plus jeunes, plus agiles, et positionnés sur des segments immédiatement porteurs ».

Le télétravail a très bien fonctionné, estime cet observateur de l’écosystème tunisien. La productivité n’a pas été affectée. « De ce point de vue, la Tunisie a un atout d’être dans le même fuseau horaire que Paris. » L’immobilier d’entreprise pourrait d’ailleurs s’en ressentir, fait-il observer, tandis que beaucoup d’entreprises semblent conclure que le travail au bureau n’est pas essentiel.

Des entreprises publiques ont, elles aussi, découvert le télétravail, et elles souhaitent le pérenniser, « ne serait-ce que pour faire des économies de loyer ! » De nouvelles avancées seront visibles, d’ici la fin de l’année.

Demain, « trois réunions sur quatre, dans l’entreprise, vont se dérouler virtuellement ». Le télétravail permet aussi de bien identifier les compétences, d’être efficace. « Et sur ce plan, la Tunisie est bien placée. » Bien entendu, les industries plus traditionnelles n’auront pas les mêmes facilités.

Interrogé par Serge Degallaix, de la Fondation Prospective et innovation, sur la manière dont la Tunisie peut encore renforcer son attractivité, par exemple en matière d’infrastructure, Fadhel Kraiem  informe que son ministère travaille à l’actualisation du Plan numérique.

Il s’agit pour lui de moderniser l’administration, par une utilisation plus soutenue des outils électroniques. « La simplification des procédures est essentielle ; déjà le citoyen tunisien apprécie les applications agiles à sa disposition. » L’État veut accélérer la connectivité, notamment des établissements scolaires, au très haut débit. « Le digital augmente dans la vie de l’élève et de l’enseignant, y compris dans les zones reculées. »

Le ministre souligne la nécessité d’aller plus avant dans l’intégration financière, prenant les exemples d’autres pays africains, y compris subsahariens. « Le développement du Mobile Payment, nous en avons fait l’expérience durant la crise, offre des opportunités nouvelles. » Cette technologie est un instrument d’inclusion sociale, « car nous pouvons mieux aider, et plus directement, les endroits reculés ». Par exemple, Tunis peut apporter un soutien aux femmes qui ont besoin de microcrédits dans les villages.

Le rattrapage de l’administration

La Tunisie est engagée dans le soutien à l’entrepreneuriat. Son « fonds des fonds », constitué à partir de 2018, reste le bras financier de l’écosystème des PME innovantes. « Nous devrons donner un nouveau souffle, de ce point de vue, à Smart Tunisia. »

La crise pandémique incite à quelques changements de trajectoire et pourquoi pas à la création de nouveau produits, explique le ministre qui fait allusion à une Market Place destinée à relier l’ensemble des acteurs du numérique. Il reste à convaincre l’administration, dont l’inertie est souvent décriée, en Tunisie.

Sur ce point, Badeddine Ouali rappelle qu’à l’origine du développement des nouvelles technologies, les infrastructures se sont développées autour des zones touristiques. Peu à peu, les Tunisiens sont venus s’approprier ce qui semblait réservé aux étrangers. Il faut le reconnaître, l’« administration a été très lente à réagir ». Aujourd’hui, la prise de conscience politique est plus forte, « nous avons un gouvernement plus jeune, sensible aux questions de nouvelles technologies, comme en témoigne l’existence de deux ministères spécifiques, notamment ».

La Tunisie est toujours dans une phase de rattrapage, certes, mais « dans un cadre idéal pour ce faire ». L’administration « est en train de rattraper son retard, même s’il est vrai qu’elle vient de loin », conclut Vermeg qui considère que l’année 2020 pourrait marquer une rupture, de ce point de vue.

Sur ce point, le ministre Fadhel Kraiem livre une confidence illustrant que la question de la transition digitale est prise très au sérieux par le gouvernement, au plus haut niveau. « Tous mes collègues me pressent pour que je les aide à accélérer la digitalisation de leur ministère ! »

La crise pandémique incite à quelques changements de trajectoire et pourquoi pas à la création de nouveau produits, explique le ministre qui fait allusion à une Market Place destinée à relier l’ensemble des acteurs du numérique. Il reste à convaincre l’administration, dont l’inertie est souvent décriée, en Tunisie.

En effet, l’horizon est un peu mieux dégagé : la Tunisie a enfin réglé la question de l’identifiant unique ; les échanges électroniques entre citoyens et administrations ont désormais une reconnaissance juridique, « c’est une avancée importante réalisée ces derniers temps ».

Pour autant, il faut que l’administration s’approprie ces nouveaux outils informatiques, avant de les promouvoir. « Nous opérons ce travail, progressivement », promet le ministre.

Des entreprises publiques ont, elles aussi, découvert le télétravail, et elles souhaitent le pérenniser, « ne serait-ce que pour faire des économies de loyer ! » De nouvelles avancées seront visibles, d’ici la fin de l’année.

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