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Les ambitions du Niger

Fort de ses réserves pétrolières, de sa production croissante au fil des années, le Niger ambitionne d’exporter du brut dès 2016. Mais le pays doit, en toute transparence, mieux organiser sa filière, pour pérenniser les retombées fiscales et sociales.

«Avec une production de 20 000 barils/ jour, l’exploitation du pétrole, lancée en 2011, procure au Niger plus de revenus que l’exploitation de l’uranium », affirmait en juillet le président nigérien Issoufou Mahamadou, devant le président français François Hollande, en visite à Niamey. « Au cours du dernier trimestre de l’année 2013, c’est, entre 20 000 et 21 000 barils/jour qui ont été traités », précise le ministre de l’Énergie et du pétrole, Foumakoye Gado. Cette production paraît insignifiante sur le marché international. Pour autant, les statistiques sont encourageantes pour le Niger, nouveau venu dans le secteur. De leur côté, le Tchad produit de 90 000 à 120 000 barils/ jour et le Nigeria 2,3 millions. La production mondiale avoisine 90 millions de barils/jour.

En 2012, le pays a traité seulement 12000 barils/jour. Ce qui a rapporté au Trésor public près de 94 milliards de F.CFA. En 2013, la Société de raffinage de Zinder (Soraz) a traité et vendu 18 000 barils/jour. Ce qui a favorisé une amélioration des recettes qui s’élèvent à 107 milliards de F.CFA. Ces recettes vont encore augmenter, d’ici à 2016. Année où le Niger débutera l’acheminement de son brut vers le port de Kribi au Cameroun, via le Tchad.

« La production s’améliore au niveau de la raffinerie, mais également les perspectives d’exploitation du pétrole brut à l’horizon 2016 pour environ 60 000 barils/jour qui vont permettre à l’État d’améliorer de façon significative ses recettes », se réjouit le ministre de l’Énergie et du pétrole. « L’instant n’est pas à l’autosatisfaction », nuance le coordonnateur du Réseau des organisations pour la transparence dans les industries extractives (Rotab), Ali Idrissa. Pour cause, « l’exploitation du brut à travers le pipeline Tchad-Cameroun n’est pas avantageuse pour le pays, en ce sens que le brut perdra en valeur », confirme un expert pétrolier. En outre, le Tchad, pays de transit pour le brut nigérien, a des difficultés avec ses partenaires chinois.

Pays continental, le Niger disposerait d’un énorme potentiel en pétrole. Ce potentiel est lié à deux grands bassins couvrant 90 % du territoire national. « Les réserves découvertes permettent d’envisager les perspectives d’exportation du pétrole avec optimisme », explique Issoufou Mahamadou. En effet, les nouvelles découvertes de 2012 ont permis d’accroître les réserves pétrolières de Bilma (au Nord) et celles du bloc d’Agadem, exploité par des groupes chinois. En 2011, la réserve du bloc d’Agadem était estimée à 483,3 millions de barils et la durée d’exploitation à 19 ans.

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