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Les acteurs de la consolidation

Les marchés de l’assurance et de la réassurance attirent tant les groupes venus des marchés matures des États-Unis ou d’Europe, que ceux venus des BRICS. Le secteur poursuit sa consolidation à l’échelle panafricaine.

Le marché africain de l’assurance est composé d’assureurs, de réassureurs, de courtiers, d’experts en sinistres, d’actuaires et d’agents. La distribution de l’assurance dans la zone de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) est principalement effectuée au travers de réseaux d’intermédiaires (courtiers, agents généraux) où le niveau de concurrence est croissant. Parmi les réseaux de distribution, les plus traditionnels sont animés par les courtiers, agents généraux ou producteurs salariés, d’une part, les établissements financiers (banques, postes, institutions de microfinance), d’autre part. Récemment, un réseau plus moderne a émergé, il s’appuie sur Internet et la téléphonie mobile. Le réseau traditionnel est prédominant dans les pays de la CIMA, représentant plus de 50 % de la production des compagnies d’assurances (courtiers et agents généraux). 

La suprématie du réseau traditionnel a des raisons historiques : l’implantation des premières sociétés d’assurance en Afrique francophone remonte à la période d’avant les indépendances. Elle avait pour objectif d’accompagner les entreprises françaises qui n’avaient pas de représentation sur place. Ces agences pouvaient bénéficier de l’assistance de leur maison mère basée en Europe (et plus particulièrement en France) qui mettait à leur disposition un portefeuille d’affaires, les outils et les procédures nécessaires. Dès les indépendances, des sociétés de droit national ont été créées et gérées par des nationaux. Il en est de même pour la réassurance, avec les assureurs à capitaux publics tels que Africa Ré, Cica-Ré, Zep Ré, Société centrale de réassurance, Nigeria Ré, Sen Ré, etc. 

Beaucoup de groupes d’assurance internationaux des pays développés sont aujourd’hui présents sur le continent. En particulier Zurich, qui opère principalement en Afrique du Sud et au Maroc. Axa, après s’être désintéressé des anciennes implantations africaines héritées du groupe Drouot, a repris les filiales africaines de l’UAP à la suite de leur fusion en 1998. Les filiales du groupe Axa occupent actuellement d’importantes parts de marché en Algérie, au Maroc, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Togo, à Maurice, au Gabon. 

Le consultant Jérôme Yeatman, expert de l’histoire de l’assurance, précise : « AGF, après avoir vendu ses anciennes exploitations africaines, s’est retrouvée, après le rachat d’une partie du groupe Athéna en 1998, à la tête du réseau de filiales constitué au fil des années par La Préservatrice et La Foncière. Allianz, qui a repris AGF en 2009, mène une politique volontariste pour maintenir et développer ce réseau, ce qui s’est traduit en particulier par la création récente de nouvelles filiales au Bénin, au Togo et au Mali. Allianz est aujourd’hui l’un des groupes présent dans le plus grand nombre d’États membres de la CIMA. »

Ces sociétés ont adopté ces dernières années des stratégies plus agressives afin d’accroître leurs parts de marché sur le continent. Le fort intérêt étranger pour les marchés de l’assurance africains a débuté à la fin des années 1990, quand Munich Re, le plus gros réassureur mondial, a ouvert des bureaux régionaux en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale pour y accompagner ses clients. Il a ainsi inspiré d’autres sociétés des pays industrialisés, entrées sur le marché africain, soit en contractant des partenariats, des coentreprises, soit via l’acquisition de parts du capital d’assureurs continentaux existants ou par l’acquisition d’un agrément pour créer une nouvelle entité. 

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