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Le système bancaire se porte bien

Mawata Wakag-Gomon se félicite des avancées remarquables réalisées par le système bancaire tchadien ces dernières années. Malgré un contexte régional et international difficile, le secrétaire général de l’APEC reste optimiste.

Mawata Wakag-Gomon Secrétaire général de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Tchad.

Quel est la composition du paysage bancaire tchadien ?

Le pays compte huit banques, représentées par 64 agences. Ce qui donne, sur la base d’une population totale d’environ 12 millions de personnes, un ratio de une agence pour 185 000 habitants. D’après nos projections, d’ici à l’année prochaine, on devrait compter une centaine d’agences sur l’ensemble du territoire. Au niveau de la Cemac, le ratio ressort à une agence pour 70 000 habitants, alors que la norme usuelle est de une pour 5 000. C’est vous dire le fossé à combler !

Y a-t-il de nouvelles banques ?

Oui, la Banque de l’habitat du Tchad. Elle a été créée l’année dernière par une ordonnance du président de la République. Son processus d’agrément est en cours. On espère que, d’ici à la fin de l’année, elle pourra être opérationnelle.

Quel est le taux actuel de bancarisation ?

Si on le prend en termes de circulation de la monnaie dans le système bancaire, il est de 46,8 % à fi n décembre 2014. C’est le rapport entre la monnaie scripturale et la masse monétaire. Ce taux est assez faible, comparé à d’autres pays où il frôle les 100 %. Au Cameroun voisin, par exemple, il est de 70 %. Globalement, la bancarisation reste donc faible au Tchad. Même si beaucoup de progrès ont été accomplis, car ce taux-là était de 39 % à fi n 2011.

Comment se porte le marché bancaire ?

La Commission bancaire des États de l’Afrique centrale (Cobac) évalue les systèmes bancaires des pays membres et émet une notation chaque fin de mois. Au regard des normes fixées, le système bancaire tchadien se porte bien, tant en ce qui concerne ses structures – capital minimum, fonds propres – que les autres ratios qui permettent d’apprécier la liquidité du système bancaire. Nous n’avons pas de crainte en termes, par exemple, de risque systémique.

Au-delà de ces ratios, qu’en est-il concrètement ?

En 2010, le pays ne comptait qu’une trentaine d’agences ! Leur nombre a donc plus que doublé depuis. En termes de collecte de dépôts, nous sommes passés de 407 milliards de F.CFA en 2010 à 712 milliards F.CFA en 2014, soit une augmentation de plus de 75 %. En termes d’emplois, principalement d’octroi de crédits, nous présentons une activité de 617 milliards de F.CFA fin 2014, contre 270 milliards quatre ans plus tôt !

C’est sûr, la concurrence se situe aujourd’hui au niveau de l’innovation. Elle est axée sur les nouvelles technologies. Nous avons une expérience dans ce domaine. Nous allons en bénéficier à la BNG en vue de la mettre à la disposition de la clientèle. 

Quelles sont les perspectives ?

Le marché est aujourd’hui bien orienté, mais son évolution demeure tributaire de l’économie en termes de croissance, de diversifications, de meilleure maîtrise du système fiscal ; une fiscalité trop lourde ou mal adaptée peut bloquer l’activité bancaire. Les perspectives sont aussi tributaires du climat des aff aires : soit les affaires ne marchent pas comme elles devraient, soit les banques ne sont pas enclines à prendre trop de risques. Normalement, si le climat des affaires est sain, ne serait-ce simplement qu’en termes de système réglementaire, les banques peuvent se permettre de prendre des risques : si les opérations se dénouent mal, la justice leur donne raison. Malheureusement, le système judiciaire demeure problématique.

C’est cette raison qui explique la frilosité des banques, dans les grandes villes ?

Parler de frilosité, c’est aller trop loin. Il faut relativiser cette assertion au regard de la multiplication des agences. Tout va se jouer en dehors de N’Djamena. Sur les 64 agences en activité, 34 sont dans la capitale. Et il est sûr que le marché de N’Djamena sera saturé d’ici peu. L’objectif de 100 agences concerne essentiellement les provinces. Les banques sont encouragées en cela par la Banque centrale qui a décidé, elle aussi, d’ouvrir des dépôts dans certaines villes secondaires. Donc, cette frilosité à laquelle vous faites allusion n’est qu’illusoire. 

Qui domine le marché ?

Actuellement Ecobank, qui recueille environ 25 % des dépôts à elle seule. Ecobank a repris la première banque installée au Tchad : la BIAO. Ceci peut expliquer cela.

Quels sont les principaux clients ?

La clientèle, aussi bien en dépôts qu’en crédits, est composée essentiellement d’entreprises privées qui viennent en tête, suivies des particuliers et de l’administration publique.

Quelles sont les avancées du secteur bancaire ?

Celles que connaît la Cemac, de manière générale, puisque notre réglementation bancaire est communautaire. Un chantier très important est entrepris par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et la Cobac, depuis une quinzaine d’années. Ce chantier couvre plusieurs projets, notamment le Fonds de garantie des dépôts en Afrique centrale, opérationnel depuis 2012. Ce Fonds a pour vocation d’indemniser les déposants d’une banque lorsque celle-ci, pour diff érentes raisons, vient à ne pas pouvoir faire à ses engagements vis-à-vis de sa clientèle.

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