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Le second miracle ivoirien

Après 12 ans de crise grave, la Côte d’Ivoire n’en finit plus d’étonner. Économie, développement, vie politique… les voyants repassent au vert.

Triste 7 décembre 1993. Ce jour-là, décède le chef de l’État et père-fondateur de la Côte d’Ivoire moderne : Félix-Houphouët-Boigny. Il laisse à son successeur, Henri Konan Bédié, surnommé HKB, un pays stable ayant toutes les caractéristiques d’un havre de paix. La succession est réussie, dit-on. 

Soudain, au détour d’une politique identitaire peu judicieuse et mal négociée, la Côte d’Ivoire se crispe. L’atmosphère politico-sociale se tend. Le président Bédié, élu démocratiquement en 1995, est démis de ses fonctions par une junte conduite par le général Robert Gueï (1999-2000). Une élection « calamiteuse » (sic) remportée par Laurent Gbagbo en 2000, et voici le pays béni de Dieu basculant dans le désordre et la rebellion en 2002, pour atteindre le chaos après octobre 2010, date de la dernière présidentielle. Une crise post-électorale de six mois s’ensuit, elle fait officiellement 3 000 morts. La Côte d’Ivoire est un pays blessé… 

Cinq années se sont écoulées depuis l’accession de Alassane Ouattara au pouvoir. Pendant lesquelles les autorités ont tenté par tous les moyens de remettre cette nation sur les rails et d’en refaire, comme naguère, la locomotive de la sous-région ouest-africaine. Elles ont donc mis sur pied une stratégie de renaissance du pays dénommée Plan national de développement (PND) qui couvre la période 2010 à 2015, avec un budget estimé à 22 milliards $. La mise en oeuvre de cette politique ambitieuse laisse entrevoir des lendemains radieux. Et les « bonnes perspectives » font dire à Emmanuel Esmel Essis, directeur du Cepici (Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire) que, depuis lors, la Côte d’Ivoire est perçue comme « une zone économique stratégique ». Les indicateurs économiques induits par cette initiative gouvernementale passent au vert, notamment le PIB, dont la croissance tourne autour de 9 % à 10 %, comme dans les années 1970 au temps de ce qu’on appelait le « miracle ivoirien ». C’est dire qu’aujourd’hui, la croissance est soutenue par les efforts conjugués des Ivoiriens et de leurs partenaires. 

Les indicateurs économiques induits par cette initiative gouvernementale passent au vert, comme dans les années 1970 au temps de ce qu’on appelait le « miracle ivoirien ».

De son côté, le gouvernement souhaite soutenir cette dynamique par une décrispation socio-politique. Les résultats sont là, les voyants économiques sont au vert, les experts évoquent déjà « le second miracle ivoirien ». Et la Côte d’Ivoire vise 1 000 milliards de F.CFA d’investissements privés en 2015. Pour atteindre cet objectif, pouvoir et opposition ont compris que ce n’est pas en agitant le chiffon rouge sur le front politico-social que les investisseurs viendront. Ils apporteront leurs capitaux seulement quand les Ivoiriens feront ce que leur dit l’hymne national : « Fiers Ivoiriens, le pays nous appelle. Si nous avons dans la paix ramené la liberté, notre devoir sera d’être un modèle de l’espérance promise à l’Humanité » *. La Côte d’Ivoire veut être « une nation émergente en 2020 ». C’est-à-dire dans cinq ans ! Et c’est possible.

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