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Investissements maghrébins

Comment faire du Maghreb un hub régional du numérique et constituer une filière euro-maghrébine des TIC ? Le Maghreb doit intensifier ses investissements.

Le rapport de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed) sur Les technologies de l’information au Maroc, en Algérie et en Tunisie, publié en octobre 2014, ne se contente pas de dresser l’état des lieux de l’industrie des TIC dans les trois pays : il analyse aussi les moyens à mobiliser et les conditions à satisfaire pour répondre à cette question. D’abord, le constat : les pays du Maghreb ont, avec des différences selon les pays, les atouts pour profiter de cette troisième révolution industrielle qu’est le numérique. Ils ont beaucoup investi au cours des 20 dernières années dans l’installation des infrastructures, la formation des ressources humaines et la mise en place des cadres institutionnels et réglementaires. Ils disposent également tous de stratégies nationales dans ce domaine (Maroc numeric 2013, Tunisie digitale 2018, et e-Algérie) avec des objectifs identifiés et des plans d’actions clairement définis, qui dénotent d’une prise de conscience de l’apport du numérique au développement économique et à l’inclusion sociale. Reste que la mise en oeuvre de ces stratégies est encore en deçà des déclarations, en raison notamment de l’utilisation insuffisante de l’infrastructure installée, de la relative faiblesse des contenus et services développés et des insuffisances de l’environnement juridique, institutionnel et économique.

Autres handicaps importants relevés par le rapport : les disparités entre zones rurales et zones urbaines, zones de l’intérieur et zones côtières, qui empêchent d’exploiter toutes les potentialités de l’Internet, dont les taux de pénétration demeurent faibles (autour de 10 %), tandis que le prix pour accéder à ces technologies est encore cher pour envisager un accès pour tous. D’autre part, les trois pays du Maghreb ont des systèmes d’enseignement qui forment des ingénieurs et des techniciens avec des compétences technologiques certes, mais en nombre insuffisant par rapport aux besoins du marché. Enfin, les États doivent favoriser davantage le climat des affaires, en se dotant d’un cadre réglementaire adapté aux enjeux du numérique. Lesquels sont en constante évolution, que ce soit dans la protection des données personnelles, la sécurisation des transactions électroniques pour faciliter le développement du e-commerce, la protection de la propriété intellectuelle, etc. « Mise en réseau, synergie et innovation sont les clés qui doivent constituer le socle d’une stratégie volontariste de soutien à l’émergence d’une filière TIC euro-maghrébine », souligne le rapport de l’Ipemed, qui conclut : « L’espoir dans l’émergence d’un tel écosystème dépend de la réalisation d’un savant dosage entre le volontarisme des pouvoirs publics et le dynamisme du secteur privé sur les deux rives de la Méditerranée. Il est un autre facteur tout aussi déterminant. C’est la fluidification et le renforcement de la mobilité des professionnels maghrébins du secteur, une mobilité qui ne peut se réaliser qu’à travers la réforme des dispositifs légaux régissant l’octroi de visas des pays de la rive Nord de la Méditerranée. »

 

ENCADRÉ 

Maroc

Contribution des TIC dans le PIB : 4 % ;

Contribution d’Internet dans le PIB : 2,3 % ;

Nombre d’abonnés à Internet : 5 millions, dont plus de 80 % en Internet mobile 3G, contre 15 % pour le haut débit ;

Nombre d’internautes : 16 millions ;

39 millions d’abonnés à la téléphonie mobile (125 % de taux de pénétration) ;

Le Maroc se situe au 99e rang sur 143 pays dans le classement 2014 du rapport du Forum économique mondial sur les TIC ;

Avec un indice de 0,5060, il se positionne au 82e rang sur 193 pays par l’indice EGDI ;

Il est à la 85e place sur 144 pays pour la qualité des institutions de recherche scientifique, selon le Forum économique mondial.

 

ENCADRÉ 

Algérie

Contribution des TIC dans le PIB : 4 % ;

Contribution d’Internet dans le PIB : 0,8 % ;

Emploi dans le secteur des TIC : 140 000 personnes (1,46 % de la population active) ;

Nombre d’internautes : 10 millions, dont 1,6 million d’abonnés via le réseau haut débit ;

Nombre de sites web recensés : 76 000 ;

Fibre optique : 43 000 km installés ;

18 % des foyers ont un ordinateur à domicile et 94 % ont un téléphone mobile.

L’Algérie se situe au 129e rang sur 143 pays, dans le classement 2014 du Forum économique mondial sur les TIC ;

Avec un indice de 0,3106, en dessous de la moyenne mondiale (0,4712), elle est classée au 136e rang sur 193 pays, en 2014, par l’indice des Nations unies pour l’administration électronique (EGDI) ;

L’Algérie se situe à la 127e place sur 144 pays pour la qualité des institutions de recherche scientifique, selon le rapport sur la compétitivité globale 2014-2015 du Forum économique mondial (Davos).

 

ENCADRÉ 

Tunisie

Contribution des TIC dans le PIB : 7,6 % ;

Le secteur contribue à 3,1 % de l’emploi (41 000 personnes), 1,7 % des importations, 2,7 % des exportations et 4,5 % des investissements globaux ;

Nombre d’abonnés à la téléphonie mobile : 13 millions, avec un taux de pénétration de 116 % ;

Nombre d’abonnés à la téléphonie fixe : 1,1 million avec un taux de pénétration de 10 % ;

Densité téléphonique fixe et mobile : 128 % ;

Nombre d’abonnés à Internet : 1,1 million ;

Nombre d’internautes : 4,2 millions ;

Nombre de sites web : 12 684 (20 500 noms de domaines enregistrés) ;

La Tunisie se situe au 87e rang dans le classement du rapport du Forum économique mondial sur les TIC. Elle était 50e en 2012 ;

Avec un indice supérieur à la moyenne mondiale (0,5390), la Tunisie se positionne au 75e rang par l’indice EGDI.

Elle est 109e rang pour la qualité des institutions de recherche scientifique, selon le Forum économique mondial.

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