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Infrastructures

Le Gabon investit dans ses infrastructures

Face aux difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité, tant dans les métropoles que dans les zones rurales, le Gabon lance un ambitieux plan d’amélioration de ses réseaux de distribution sous trois ans.

Par Marie-Anne Lubin

Le Gabon entend investir plus de 300 milliards de F.CFA (plus de 457 millions d’euros), en trois ans, afin d’améliorer l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Le ministre de l’Énergie et des ressources hydrauliques, Alain-Claude Bilie-By-Nze, en a précisé les contours lors d’une conférence de presse, le 30 décembre 2020. 

Concernant la SEEG, l’État est préoccupé à la fois par la nécessité d’en faire une entité viable et de faire en sorte que les populations aient accès à un service public de qualité en matière d’eau et d’électricité mais il n’est pas question d’en faire une entreprise d’État.

L’État et ses partenaires vont investir « dans la production, le transport, la distribution et la commercialisation de l’eau potable et de l’électricité d’ici 2023 ». Cet « important effort » que l’État va entreprendre est rendu nécessaire, « encore une fois, du fait de la vétusté des équipements et de l’extension des zones d’habitation tant à Libreville qu’à l’intérieur du pays », a reconnu le ministre.

Ces fonds permettront de mettre en chantier plusieurs programmes d’accès à l’eau et à l’électricité. Tel le Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (Piaepal), d’un coût de 77 milliards de F.CFA (117,4 millions d’euros). Il vise à améliorer l’accès à l’eau potable pour les populations habitant les communes de Libreville, Owendo, Ntoum et Akanda. Les travaux devraient débuter dès février 2021.

L’État va également engager près de 35 milliards de F.CFA (53,3 millions d’euros) à travers le Projet accès aux services de base en milieu rural et renforcement des capacités (Pasbmir). Là aussi, il s’agit d’améliorer l’accès à l’eau potable et l’électricité dans certaines localités rurales.

« Dans le même temps, sur instruction de madame le Premier ministre, un plan d’actions prioritaires va être exécuté sur budget de l’État, pour un montant de 10 milliards de F.CFA », a poursuivi Alain-Claude Bilie-By-Nze. Selon le ministre, il s’agira de réaliser des travaux de renforcement et d’extension des réseaux d’eau et d’électricité dans diverses villes du pays. Le début des travaux est imminent. Les chantiers de renforcement du réseau électrique devraient durer entre 20 et 32 mois.

La SEEG cherche actionnaire de référence

Le Pasbmir est financé par la Banque mondiale, tandis que le Piaepal va bénéficier d’un financement de la BAD (Banque africaine de développement). « Il est important pour nous d’avoir un suivi très rapproché du gouvernement afin que nous puissions vraiment impulser l’implémentation de ce projet », a confié Alice Ouedraogo, représentante résidente de la Banque mondiale, citée par Le Nouveau Gabon.

En matière d’amélioration de la fourniture d’eau potable, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a également engagé des travaux d’extension des réseaux d’eau et d’électricité, dans tout le pays, pour un montant de 22 milliards de F.CFA. Ces investissements devraient permettre de répondre à la problématique de l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans les ménages sur toute l’étendue du territoire.

Le ministre avait convoqué une table ronde, fin décembre, afin de distinguer les principales difficultés des entreprises du secteur et envisager des mesures d’accompagnement. Concernant la SEEG, l’État est « préoccupé à la fois par la nécessité d’en faire une entité viable et de faire en sorte que les populations aient accès à un service public de qualité en matière d’eau et d’électricité ».

La SEEG est détenue à 51% par l’État du Gabon, depuis le retrait forcé du groupe Veolia en février 2018. Pour autant, « l’État gabonais ne va pas nationaliser la SEEG, ne va pas en faire une entreprise d’État », a insisté le ministre Bilie-By-Nze lors de sa conférence de presse. La SEEG a un monopole de fait, mais le marché est désormais ouvert à la concurrence ; le gouvernement a l’ambition d’exporter le savoir-faire de l’entreprise, à terme.

Au préalable, il compte trouver un autre partenaire disposé à supporter financièrement les investissements structurels que doit consentir l’entreprise, dans cette perspective de nouveaux travaux. Il est nécessaire d’améliorer l’outil de production et d’en garantir la maintenance.

Il est aussi nécessaire d’améliorer les finances de l’entreprise, grevées par des retards de paiement. Y compris ceux de l’État. « L’État gabonais va aider la SEEG à monter en puissance en favorisant son recouvrement », a promis le ministre de l’Énergie et des ressources hydrauliques.

ML

 

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