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African Banker

Le fonds FEDA d’Afreximbank prend corps

Après la ratification définitive du Rwanda, le Fonds pour le développement des exportations en Afrique devient réalité et réalise son premier investissement, au capital de la société technologique Liquid. D’autres pays devraient suivre, comme le Togo et la Mauritanie.

Par Aude Darc

Sitôt officialisé, le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA) annonce son premier investissement. La filiale de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) entre au capital de Liquid Intelligent Technologies, spécialiste des technologies de télécommunications.

Le Fonds permettra, à terme, de fournir des fonds propres et des services, financiers et non financiers, en soutien aux acteurs du négoce. Il privilégiera le commerce intra-africain et les exportations de produits à haute valeur ajoutée.

Par cette prise de participation minoritaire, la banque devient un acteur de l’infrastructure technologique africaine en forte croissance. Liquid fait valoir un réseau de fibre optique de plus de 100 000 km en Afrique subsaharienne. Le groupe panafricain dispose d’un accès direct à l’infrastructure internationale de câbles sous-marins ; il réalise des investissements importants dans des centres de données. Par son réseau étendu et international, Liquid correspond à la mission du FEDA (et de sa maison mère) visant à réduire le coût des communications et du commerce.

« Cette opération est une démonstration de la capacité du FEDA à tirer parti du réseau d’Afreximbank et d’investir dans des opportunités qui favoriseront la transformation structurelle du commerce sur le continent », commente Benedict Oramah, président d’Afreximbank. Pour qui cette opération « ouvrira la voie à d’autres investissements du FEDA et marque le début du processus d’établissement d’un bilan institutionnel d’investissements réussis et d’impact sur le développement du continent ».

Le Rwanda est donc devenu, début septembre 2021, le premier pays africain à ratifier la création du FEDA. Tandis que le Togo et le Soudan du Sud ont récemment adhéré à l’accord d’établissement de cette filiale orientée vers l’impact sur le développement.

Paul Kagame, président de la République du Rwanda avait, le premier, signé l’accord d’établissement du FEDA qui confère à cette structure une reconnaissance internationale et la capacité de fonctionner pleinement et d’exécuter son mandat commercial dans le pays. Pour la filiale d’Afreximbank, « cette ratification par le Rwanda est une étape importante dans le processus d’accomplissement des exigences légales pour la création du FEDA en tant qu’organisation internationale ». Pour leur part, le Soudan du Sud et le Togo ont rejoint le Rwanda, la Mauritanie et la Guinée en tant que signataires de l’accord d’établissement du Fonds.

Répondre à un besoin

Ces signatures constituent une nouvelle étape dans les efforts de la banque du commerce africain, visant à mobiliser ses États membres afin qu’ils œuvrent en faveur de cette initiative. La banque y voit une preuve du « soutien croissant dont bénéficie le FEDA en vue de finaliser sa création légale ».

Un avis rejoint par le président d’Afreximbank : « Les récentes adhésions et la ratification par le Rwanda sont la preuve de l’élan et du soutien croissants dont bénéficie le FEDA en tant que nouvelle plateforme multilatérale de développement ». Selon Benedict Oramah, « le FEDA jouera un rôle essentiel dans la promotion de l’industrialisation, du développement des exportations et du commerce intra-africain ». 

C’est pourquoi, poursuit celui qui est aussi président du Conseil d’administration du FEDA, « Afreximbank se réjouit de la vision partagée de ses États membres d’établir une entité axée sur le développement du commerce et visant à fournir des fonds propres essentiels qui font défaut aux PME sur le continent africain ».

Fournir des fonds propres et des services

Les activités du FEDA sont conçues pour soutenir l’expansion des infrastructures industrielles et la promotion du commerce intra-africain. L’initiative vise à fournir un financement par fonds propres aux entreprises opérant dans des industries et des secteurs clés, afin d’optimiser la réalisation des priorités de développement d’Afreximbank.

Voilà qui permet de répondre aux objectifs stratégiques de la banque dans le cadre des principaux piliers de sa stratégie de commerce intra-africain et de sa stratégie de développement de l’industrialisation et des exportations.

Le Fonds permettra, à terme, de fournir des fonds propres et des services, financiers et non financiers, en soutien aux acteurs du négoce. Il privilégiera, bien sûr, le commerce intra-africain et les exportations de produits à haute valeur ajoutée.

Avant la crise sanitaire de 2020, on estimait le commerce intra-africain à 15% des échanges tandis que le commerce intra-européen approche des 60%, par exemple.  De son côté, le déficit de financement par capitaux propres s’élèverait à 110 milliards $ par an dans les domaines du commerce intra-africain et du développement des exportations, selon les calculs d’Afreximbank.

Doté d’un budget initial de 100 millions $, le FEDA aura son siège à Kigali (Rwanda), quittant finalement l’île Maurice. Son premier directeur fut le banquier kenyan Philip Kamau, décédé en janvier 2021. Son successeur – par intérim – est un Emmanuel Assiak, spécialiste du capital investissement. Il avait rejoint Afreximbank en 2019, en tant que directeur des investissements pour le FEDA.

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