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African Business

Le Cameroun répond aux inquiétudes des entreprises

Si le Cameroun traverse tant bien que mal la crise sanitaire, il doit faire face à une chute de ses recettes, ainsi qu’au moral en berne de ses entreprises. Sur ce point, l’organisation patronale, le Gicam, a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme.

Par Paule Fax 

L’heure n’est pas à l’affolement au Cameroun, mais aux ajustements destinés à répondre à l’urgence et à faciliter l’avenir. Ainsi, le budget 2021 semble se préparer dans une relative sérénité. Le Document d’orientation budgétaire projette des recettes pétrolières de 303,3 milliards de F.CFA (462,4 millions d’euros) en 2021.

Le ministère de la Santé reçoit une dotation supplémentaire de 45,6 milliards de F.CFA. Elle servira à la prise en charges des cas confirmés de Covid-19, à la recherche de nouveaux cas et à la régulation sociale.

Ce qui représente une hausse de 16,6 milliards de FCFA (+5,8%) par rapport aux 286,7 milliards contenus dans la loi de Finance rectificative 2020. Cette augmentation, explique le document, se base sur une modeste remontée du prix du baril de pétrole (de 37,9 dollars en moyenne contre 35,6 $ cette année). Ce, pour une production quasi stable, à 21,2 millions de barils en 2020.

Et face à la morosité exprimée par le patronat, le gouvernement camerounais ne reste pas inactif. Il vient de détailler l’utilisation du Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques.

Riche d’un montant de 180 milliards de F.CFA (274,4 millions d’euros), ce fonds ne consacre pas moins de 50 milliards de F.CFA au remboursement de la dette intérieure. Moitié par l’apurement des arriérés et moitié par l’apurement des crédits de TVA. Ces deux actions ont pour but de soulager les entreprises, en renforçant leur trésorerie. De son côté, le secteur productif fait l’objet de 70 milliards de F.CFA du Fonds, somme qui sera répartie entre les douze ministères économiques du gouvernement.

Concrètement, celui-ci prévoit l’acquisition d’intrants, l’encadrement des producteurs et la mise en œuvre du dispositif d’incitation pour une meilleure production agricole, vivrière et pastorale. Il encourage le financement de la recherche et de l’innovation, notamment celle relative aux médicaments de première nécessité.

La Santé n’est pas oubliée

Le ministère des Finances a assorti l’attribution de ces différentes sommes à un cahier des charges précis et une obligation de redevabilité à ses services. Le « Minfi » devra à son tour rendre des comptes de ses dépenses, tous les six mois.

De son côté, le ministère de la Santé reçoit une dotation de 45,6 milliards de F.CFA, la plus importante de toutes les administrations. Elle servira à la prise en charges des cas confirmés de Covid-19, pour 32 milliards de F.CFA, à la recherche de nouveaux cas (10,6 milliards) et à la régulation sociale (2,9 milliards).

D’autre part, le Cameroun reçoit un nouveau coup de pouce de la BAD (Banque africaine de développement) qui lui consent un prêt de 57,7 milliards de F.CFA (88 millions d’euros), dans le cadre du programme d’appui budgétaire. C’est ce que révèle, ce 27 juillet, le ministre en charge de l’Économie, Alamine Ousmane Mey.

Il faut donc répondre à l’urgence et à l’impatience. Le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) a mené l’enquête. Les patrons camerounais anticipent une baisse du chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année pour 81% des entreprises, soit 3 139 milliards de F.CFA (4,8 milliards d’euros).   

Certaines branches particulièrement exposées pourraient finir l’année sans la moindre recette. Tandis qu’en moyenne, les petites entreprises attendent une chute de 83% de leur activité. Selon les calculs du Gicam, « la perte de 3 139 milliards de F.CFA pour les entreprises du secteur moderne induit une baisse de leur capacité contributive aux recettes de l’État de l’ordre de 521 milliards de F.CFA ».

Des pertes d’actifs

Le Groupement constate que la situation de l’emploi se dégrade de manière continue, malgré les efforts d’adaptation de la part des entreprises. Ce qui entraîne inévitablement des chômages techniques chez 42,6% des entreprises et à des licenciements chez 12,4% d’entre elles. 

De plus, le patronat insiste sur « des pertes d’actifs et une capacité moindre des entreprises à assurer leur rôle social et économique ». Pour cela, le patronat redoute que la récession prévue par l’État en 2020 (entre 11% et 3%) « puisse être bien plus importante ». Des prévisions à affiner ces prochaines semaines.

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