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L’assainissement du climat des affaires

Au Tchad, l’environnement des affaires reste difficile. Si le patronat a émis des propositions concrètes, depuis trois ans, les réformes tardent à voir le jour et la fiscalité demeure un handicap.

Dans le classement Doing Business 2015, le Tchad est noté 185e sur 189 pays. Selon ce rapport établi par la Banque mondiale, pour créer une entreprise au Tchad, l’investisseur doit entreprendre neuf procédures et attendre 62 jours pour voir naître son entreprise. 

L’obtention des permis de construire au Tchad nécessite 154 jours. Et les coûts du commerce extérieur y sont très élevés : le coût à l’exportation d’un conteneur est de 6 615 $ et son coût à l’importation de 9 025 $. « Si nos recommandations étaient prises en compte et traduites en actes, le Tchad ne serait pas à la traîne », commente Bichara Doudoua, le patron des patrons tchadiens. 

En 2012, le CNPT (Conseil national du patronat) avait publié un Livre blanc qui passait au peigne fin les entraves au développement du secteur privé : harcèlement et incivisme fiscal, taux élevé des impôts, tracasseries routières et douanières, fraude et contrebande, coûts prohibitifs des facteurs de production, octroi des marchés publics sans aucune disponibilité des crédits, retard de paiement des décomptes et factures observés au niveau du Trésor public qui favorise le surendettement des entreprises, etc. « À tout cela s’ajoutent, ces derniers temps, la chute du cours du pétrole et l’impossibilité d’exporter le bétail en direction du Nigeria pour des raisons d’ordre sécuritaire. Le contexte économique actuel contraint les opérateurs à beaucoup de gymnastique en dépit de leurs qualités managériales », indique Bichara Doudoua. 

Le gouvernement avait fait du développement du secteur privé l’un des huit objectifs prioritaires du Programme national de développement 2013-2015.

Pour permettre un environnement d’affaires favorable et attractif pour les investisseurs étrangers et nationaux, le CNPT a émis 92 recommandations. Elles visent, de manière concrète, à prendre des dispositions pour assurer, notamment, le bon fonctionnement de la justice, la lutte contre la cherté de la vie, la réorganisation des douanes, la mise à disponibilité de l’énergie, du foncier et de l’habitat, l’octroi des marchés publics selon les règles de concurrence loyale, les règlements des factures au Trésor de manière transparente et équitable, la formation et l’emploi des jeunes, la compétitivité des entreprises, le bon fonctionnement de l’administration publique. « La priorité est, bien entendu, de poser un cadre de concertation permanente entre l’État et le secteur privé. Du dialogue permanent découleront progressivement les solutions aux différents problèmes auxquels sont confrontés les chefs d’entreprise », précise le président du patronat. 

Si la parution du Livre blanc a suscité un engouement certain de l’ensemble des acteurs de l’économie et des principaux partenaires au développement, rappelle le patron des patrons, « force est de constater une certaine lenteur administrative qui fait que les réformes suggérées ne se font pas au rythme que nous aurions souhaité ». Ainsi plaide-t-il pour l’implication active des plus hautes autorités du pays pour permettre au secteur privé de jouer pleinement son rôle de créateurs de richesses et de pourvoyeurs d’emplois. 

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