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L’Algérie en pleine forme

Le marché algérien de l’industrie pharmaceutique est le premier en Afrique. C’est aussi l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie. Mais pour le rester et mieux couvrir les besoins croissants de la population, il doit se diversifier.

En Algérie, un secteur se porte vraiment bien : celui des médicaments. La production a triplé en cinq ans pour couvrir 40 % des besoins ; elle pourrait atteindre 70 % dans les prochaines années. Une centaine de projets d’investissements ont été autorisés en quatre ans. Et 150 usines sont en construction ! 

Considéré comme le premier en Afrique, le marché de l’industrie pharmaceutique algérien pèserait 1 milliard d’euros, pour une croissance annuelle de 10 % à 12 %. 

Un dynamisme que le secteur doit d’abord à la politique du gouvernement qui a favorisé l’investissement dans la production, soit 600 millions $ en dix ans. « Nous prenons en charge une facture de 2,6 milliards $ qui frôlera les 6 milliards dans trois ans, rappelle un cadre du ministère de la Santé. L’objectif étant, depuis des années, de permettre l’accès au médicament pour tous. » L’enjeu ? Trouver un équilibre entre, comme le souligne un rapport du Forum des chefs d’entreprise, « les conditions de négociation avec les grandes sociétés internationales qui détiennent les princeps [médicaments déposés par les laboratoires étrangers] et les savoir-faire et la protection des intérêts de la politique de santé publique ». La production nationale implique « une meilleure disponibilité du médicament et des conditions économiques mieux maîtrisées loin des soubresauts des marchés mondiaux ». 

Toute la chaîne doit faire des efforts ; l’État doit aider les laboratoires à investir, les fabricants doivent élargir leur gamme de médicaments et les pharmaciens davantage conseiller les clients.

Si le marché de l’industrie pharmaceutique est en forme, c’est aussi grâce à la croissance démographique et « aux évolutions des mentalités », souligne Asma Ben Mohamed, du laboratoire MM (Annaba). « Les Algériens, en particulier dans les villes, ont de plus en plus recours aux médicaments au détriment des médecines traditionnelles. » De nouvelles habitudes de consommation qui s’accompagnent d’une nouvelle tendance, encore timide, l’automédication. « Les patients achètent seuls leurs médicaments pour un mal de tête ou un mal de gorge, mais ils restent encore attentifs à ce que disent les médecins. Et puis le médicament, quand il n’est pas prescrit sur ordonnance et donc non remboursé, reste cher », nuance Yacine Louber, pharmacien et directeur général du Salon international de la pharmacie et de la parapharmacie (Siphal). Car les caisses de Sécurité sociale qui prennent en charge la facture nationale des médicaments jouent, elles aussi, un rôle majeur dans l’essor de la production. 

Tout n’est pas encore gagné. Parce que l’État ne pourra pas prendre en charge ces coûts indéfiniment. Et parce que les laboratoires, qui achètent les matières premières très chères, ne pourront pas faire notamment des efforts pour ramener le prix de vente au tarif de référence fixé par le gouvernement. « Les prix des médicaments pratiqués en Algérie sont parmi les plus bas au monde », affirme le docteur Abdelouahed Kerrar, président de l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP). « Le médicament a un coût de production, un coût de gestion et un coût de manipulation. On ne pourra pas toujours faire baisser ce prix sans impacter la qualité du produit », note un autre pharmacien.

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