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L’Algérie écoute peu la BM

Dans le secteur agricole où trois filières ont été retenues : la pomme de terre, les céréales et le lait. « Quand on parle de diversification, prenez la filière de la pomme de terre : l’Algérie pourrait exporter, voire approvisionner toute l’Europe ! », affirme Emmanuel Noubissié Ngankam. Même chose avec les céréales, dont la facture des importations, qui s’élève à 11 milliards $, pourrait très bien être réduite. Comment ? En maîtrisant la gestion du risque agricole qui affecte les rendements d’une récolte à une autre.

Un autre rapport de la Banque mondiale sur « les subventions corrosives », publié en octobre, s’inquiète enfin des « proportions importantes » prises par les subventions dans la région MENA en général et en Algérie en particulier.

Enfin, la Banque mondiale apporte une expérience dans l’organisation d’une filière lait structurée, où les petits producteurs pour- raient s’organiser en coopératives de collecte et de distribution. Une priorité, pour Emmanuel Noubissié Ngankam, qui fait observer : « La politique actuelle, qui consiste à subventionner le lait produit à base de la poudre que l’Algérie importe, revient à subventionner les producteurs européens ! ».

ENCADRE

À la faveur de l’été – et du Ramadan qui s’annonçait –, les prévisions de la Banque mondiale étaient passées presque inaperçues ; elles faisaient pourtant état d’un solde de la balance des comptes courants pour la première fois négatif : -1,7 % pour 2015 et -3,4 % pour 2016. Cet été, une mission conjointe du FMI et de la Banque mondiale critiquait le mauvais fonctionnement du secteur bancaire, dénonçant l’« interventionnisme étatique dans le fonctionnement des établissements bancaires publics à travers les opérations d’effacement de leurs dettes par le biais de recapitalisations ». Lesquelles faussent la concurrence et favorisent l’inefficience en permettant aux banques d’accorder des prêts suivant des critères non commerciaux.

Mais depuis la rentrée, avec les mauvais résultats et classements qui s’enchaînent, il est impossible pour le gouvernement de faire comme s’il ne voyait pas les signaux d’alarme lancés par l’institution, à peine rassurée par la stabilité du pays face aux révoltes qui secouent la région. En particulier, le dernier rapport sur le climat des affaires (Doing Business) relègue cette année encore un peu plus l’Algérie au fond du classement ; le pays passant en un an de la 147e à la 154e place sur 189 États, bien loin derrière le Maroc et la Tunisie. Les griefs sont toujours les mêmes : difficultés d’accès au crédit, environnement réglementaire complexe, procédures excessivement longues pour la création et l’exploitation d’une entreprise. Et ce, malgré la mise en place, il y a deux ans, d’un Comité pour l’amélioration du climat des affaires par le ministère de l’Industrie, et les promesses de réformes du Code des investissements. Un autre rapport de la Banque mondiale sur « les subventions corrosives », publié en octobre, s’inquiète enfin des «proportions importantes » prises par les subventions dans la région MENA en général et en Algérie en particulier, « où elles dépassent 10 % du PIB ». Une situation d’autant plus préoccupante que les recettes pétrolières reculent et que la balance fiscale est négative depuis 2011. 

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