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La pétro-dépendance tchadienne

En plus d’avantages comparatifs certains dont le Tchad dispose avec l’agriculture et l’élevage, d’autres secteurs recèlent des potentialités énormes.

Un projet de loi de Finances rectificative a été adopté, le 9 avril 2015, en conseil des ministres. Il revoit le déficit prévisionnel à près de 413 milliards de F.CFA, contre 177 milliards de F.CFA dans le budget initial. « Cet écart, précise le porte-parole du gouvernement, Hassan Sylla Bakari, sera comblé grâce aux appuis budgétaires des institutions financières, à l’émission de bons du Trésor et d’un emprunt obligataire, et à un rééchelonnement de la dette extérieure. » 

Le Tchad, ouvrant une cinquième vanne, à la mi-février, avait porté sa production à plus de 150 000 barils/jour, une première en 15 ans. Elle devrait passer à 180 000 bpj, avec la mise en exploitation de nouveaux champs au cours des prochains mois. Avec la hausse de la production pétrolière et la hausse de la production agricole induite par les investissements réalisés dans ce secteur, N’Djamena mise sur une croissance autour de 10,3 % en 2015 pour une hausse des prix contenue à 2 %. 

Ainsi, début 2014, le pétrole représentait près de 30 % du PIB et assurait plus de 70 % des recettes fiscales. « La baisse des cours du pétrole, reconnaît Tahir Mourno, a montré la vulnérabilité de l’économie tchadienne face aux chocs exogènes. La diversification apparaît aujourd’hui comme un impératif rendant moins vulnérable l’économie aux fluctuations des recettes du pétrole et à leur diminution inéluctable dans le long terme ». 

Pour diversifier davantage l’économie et réduire sa dépendance à l’or noir, le gouvernement avait, bien avant ce choc pétrolier, adopté une deuxième étude diagnostique sur l’intégration du commerce, appelée « EDIC 2 ». Suivant les recommandations de cette étude, le Tchad doit amorcer l’étape suivante de la diversification, principalement par l’élargissement de la gamme de produits agropastoraux et la transformation locale de ces produits, notamment la gomme arabique, le bétail et ses sous-produits, les fruits et légumes, la datte, le karité, etc., révélés comme des filières porteuses.

 En plus d’avantages comparatifs certains dont le Tchad dispose avec l’agriculture et l’élevage, « les deux mamelles traditionnelles de son économie », d’autres secteurs recèlent des potentialités énormes, notamment les mines et le tourisme. Pour son ministre du Pétrole, des mines et de l’énergie, Djérassem Le-Bémadjiel, le Tchad est « plus qu’un scandale géologique, un immense gisement de richesses : 80 % du territoire national sont des zones sédimentaires, c’est-à-dire contenant potentiellement du pétrole. Même pour les 20 % qui sont à explorer, chaque fois qu’on fore quelque part, on trouve du pétrole ». Outre les quatre principaux bassins pétroliers, une minéralisation aurifère a été mise en évidence. Des anomalies de nickel, cuivre, chrome, platine, oxyde de magnésium, coltan ou de zinc ont été signalées un peu partout. « Autant de ressources minières qui constitueront pour le Tchad des ressources de relais et qui, si elles sont mises en valeur, lui permettront d’élargir la voie de son développement économique, de la diversifier et de réduire sa vulnérabilité ». Le Tchad possède, enfin, une énorme richesse touristique diversifiée. « Il faut encourager le secteur privé à investir dans le domaine du tourisme. Car avec le retour de la paix que nous espérons désormais définitif, le Tchad sera une bonne destination touristique », explique l’économiste Antoine Doudjidingao.

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