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La pétro-dépendance tchadienne

L’économie tchadienne, fortement tributaire de l’or noir ces dix dernières années, est frappée par la baisse des cours. La diversification apparaît, aujourd’hui plus que jamais, comme un impératif. Et les secteurs porteurs ne manquent pas.

Après une croissance de 7,8 % enregistrée en 2012, les performances du Tchad se sont détériorées en 2013 et 2014, avec une décélération de la croissance (4,1 % en 2013 et 6,9 % en 2014, tandis que les économistes attendaient 13,9 %), une dégradation de la gestion des finances publiques et une contraction des échanges avec le reste du monde. 

« Ce ralentissement de la croissance s’explique par la récession du secteur pétrolier qui a enregistré une baisse de la production depuis 2012 », explique Tahir Mourno Adam, secrétaire général du ministère tchadien du Commerce et du développement touristique. Du fait d’une baisse plus forte que prévu de la production de pétrole dans les gisements arrivés à maturité, le PIB pétrolier s’est contracté en 2012 et en 2013, respectivement de 3,5 % et 10,5 %. 

En 2014, la performance de l’économie tchadienne a été freinée par la mise en production tardive des nouveaux champs pétroliers.

À l’inverse, les activités dans le secteur non pétrolier ont enregistré une croissance de 10,7 % en 2013 (après 13,0 % en 2012) ; ce ralentissement s’explique par la baisse de la production agricole par rapport au niveau record atteint en 2012. En 2014, la performance de l’économie tchadienne a été freinée par la mise en production tardive des nouveaux champs pétroliers. Initialement prévue au 1er semestre, la production n’a pu débuter qu’en décembre. 

« Sur le plan de l’inflation, les résultats encourageants de la production agricole ont amorti le choc lié aux perturbations des importations depuis le Nigeria compte tenu de la situation sécuritaire », se félicite Tahir Mourno Adam. Cette situation a rendu fortement volatils les prix de certains produits, mais globalement, les prix n’ont progressé que de 1,7 % l’an passé, bien en deçà de la norme communautaire de 3 %. 

Si à fin décembre 2013, les agrégats monétaires du Tchad faisaient état d’une baisse modérée des avoirs extérieurs nets (-4,5 %) par rapport à ceux de la même période de l’année précédente et d’une hausse notable du crédit intérieur (+31,6 %), la situation monétaire a été caractérisée en 2014 par une expansion significative des crédits à l’économie qui se sont inscrits en hausse de 20,9 %. Cette tendance s’explique par la bonne tenue du secteur privé, en particulier celle des entreprises de biens et de services, qui ont poursuivi leurs investissements, notamment dans la perspective du Sommet de l’Union africaine qui devait se tenir au Tchad à la mi-2015. Sommet repoussé à mi-juin et organisé à Johannesburg en Afrique du Sud. « L’effondrement des prix du pétrole ayant pénalisé les recettes pétrolières, a été l’occasion pour le gouvernement de recadrer la gestion des finances publiques par la maîtrise des dépenses et l’orientation de celles-ci vers les secteurs prioritaires et à mobiliser les recettes fiscales hors pétrole plus élevées qu’anticipées », rappelle le secrétaire général du ministère du Commerce. À cause du choc pétrolier, les prévisions de recettes et de dépenses ont été revues à la baisse dans le budget général 2015. 

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