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La mutation technologique

Pour conquérir davantage de clients, les banques doivent demeurer à la pointe de la technologie. Elles doivent moderniser leurs systèmes internes de gestion, de contrôle et d’information. Les banques ivoiriennes s’y engagent à grands pas.

La question du lien étroit entre innovation technologique et développement du secteur bancaire est un sujet suivi de près par les autorités ivoiriennes. Pour Nialé Kaba, ministre auprès du Premier ministre, chargée de l’Économie et des finances, « des systèmes d’information sophistiqués et développés servent à réaliser des économies de fonds propres en utilisant la méthode avancée de Bâle 2, mais aussi à lutter efficacement contre la délinquance financière, la fraude et le blanchiment, ainsi qu’à fournir des moyens de paiement à une population peu bancarisée ».

Selon une étude de Jean-Marc Velasque, les 147 banques de la région Uemoa et Cemac sont contrôlées à 75 % par des capitaux régionaux. Les nigérianes et marocaines se sont, en particulier, positionnées sur le segment de la banque de détail, négligé jusqu’alors. Or, ce segment est très sensible aux innovations technologiques. Quelque 60 % des banques en Afrique font partie de grands groupes et ont donc un intérêt à la mutualisation de leur production informatique (infrastructure, entretien à niveau, back office pour le compte de la banque, etc). Les banques désirent des solutions IT et SI souples et agiles, adaptées au contexte local africain, y compris pour des solutions de Core banking (le système d’exploitation de la banque).

Si de grands acteurs comme Sopra continuent à être très présents, des solutions locales demeurent et ont la cote. Orion Capital Banking Solution, par exemple, est le système utilisé par 12 établissements de Côte d’Ivoire sur 21, son coût relativement bas étant attractif sur la place. Les éditeurs comme Sopra ou SAB sont parfois jugés sur-dimensionnés pour les besoins africains : même si le produit est modulable, le ticket d’entrée reste élevé pour certaines des banques du continent. L’Afrique de l’Est est un marché dominé par les éditeurs asiatiques.

Trois ans après la prise de participation de la Banque centrale populaire (BCP) marocaine dans son capital, Banque Atlantique a tiré profit de cet apport d’expérience : « Nous bénéficions d’échanges fructueux d’expérience et d’entraide avec Casablanca », explique Arnaud Kéhin, responsable de la sécurité des systèmes d’information de la holding du groupe, Atlantic Business International.

C’est le rôle des autorités que de créer l’écosystème et en particulier le cadre règlementaire qui développera la confiance : lois sur la sécurité, le commerce en ligne, la protection des données personnelles…

ABI avait fait le choix d’un schéma directeur orienté clients, modulable sur 21 mois. La direction informatique d’ABI a pour périmètre l’Uemoa, avec l’appui de la BCP. Des projets de dématérialisation des documents dans le cadre des comités de crédit, ainsi que des solutions de m-paiement (via Orange mobile, entre autres) ont été finalisés au Togo et au Niger, puis en Côte d’Ivoire. Sur ce dernier point, les banques semblent délaisser les solutions des opérateurs historiques (NTM, Orange Money, etc.) pour se diriger vers des solutions plus légères et qui ne s’appuient pas nécessairement sur du NFC (communication sans fil).

Quatre innovations ont marqué l’évolution panafricaine des banques, y compris en Côte d’Ivoire :

1. La mondialisation et l’ouverture des marchés.

2. La concurrence : le nombre de banques a doublé au cours des dernières années, en particulier dans l’Ueoma (21 banques en Côte d’Ivoire, 15 banques au Mali, au Burkina Faso, etc), ce qui amène les banques à chercher à se diversifier (nouveaux produits et services) et à améliorer la qualité de service.

3. L’évolution de la réglementation, avec le souci de protéger l’épargnant. Les banques doivent mettre en oeuvre des solutions pour répondre aux demandes croissantes de reporting (Bâle 1 puis 2, AML, IAS-IFRS, contrôle interne 1er et 2e degré, contrôle du superviseur, etc.).

4. La montée et la diversification des risques et le développement de la fraude sous toutes ses formes.

Le besoin en systèmes d’information est flagrant dans cette phase de structuration des systèmes bancaires africains, en particulier des solutions de Big Data pour répondre aux besoins de montée en régime de la supervision et de passer à Bâle 2. Les banques sont encouragées à utiliser la méthode avancée afin de réaliser des économies de fonds propres.

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