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La finance islamique s’installe

La BID s’est engagée à fournir à CBI une assistance dans la formation des ressources humaines et les infrastructures. « Il y a un potentiel en matière de financement au Burkina Faso. La CBI a exprimé le désir de diversifier son activité et de satisfaire sa clientèle en créant une fenêtre islamique. Cette fenêtre va permettre à la banque de continuer de fonctionner sur le plan conventionnel et, en même temps, d’ouvrir une gamme de produits pour la clientèle qui veut toutes sortes de financements, selon les principes de la finance islamique », commente Abdessattar Khouildi. Pour ce qui est des gammes de prestations à offrir à la clientèle, « les discussions se poursuivent sur les produits les mieux appropriés à la réalité locale, notamment des financements à moyen et long terme ». Dans les perspectives, la collaboration CBI-ICD va s’élargir et se bonifier par l’ouverture de fenêtres islamiques dans les autres pays où CBI est déployée (Côte d’Ivoire, Mali, Togo, Gabon).

« La finance islamique est une opportunité pour intensifier la mobilisation des ressources, sans compter qu’elle est une voie supplémentaire pour le développement et la diversification de l’offre financière. Pour le Burkina Faso, réussir la promotion de la finance islamique suppose une détermination politique volontariste et incitatrice, l’adaptation du cadre réglementaire communautaire de la BCEAO, la formation de cadres compétents », estime Aboubakari Ouédraogo, expert en finance islamique. À l’évidence, l’engouement a suscité d’autres initiatives, surtout dans le domaine de la formation. Ainsi, l’Institut supérieur de technologies de Ouagadougou (IST) a pris une longueur d’avance, avec un programme de formation en ligne, en partenariat avec London School of Modern Studies (LSMS) et l’ouverture prochaine d’une licence et d’un master en Banque et finance islamique.

De son côté, pour combler le déficit d’informations et des ressources humaines, l’Adefi réfléchit actuellement à la création future de l’Institut de formation en finance islamique de Ouagadougou (IFFI-O).

L’Uemoa doit s’adapter

Sensible à la montée en puissance de la finance islamique, l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine) ne veut pas se laisser distancer sur cette problématique. Aussi, a-t-elle commandité une étude sur la finance islamique et la réglementation en vigueur au sein de l’Union, auprès du cabinet spécialisé Islamic Finance Advisory and Assurance Services (IFAAS). Cette étude suggère « un aménagement de la loi bancaire pour promouvoir la Finance islamique dans l’Uemoa ». Pour l’IFAAS, « dans l’état actuel des choses, on peut faire un certain nombre d’opérations compatibles avec les principes de la Finance islamique sans changer la loi bancaire et celle régissant les institutions de microfinance ». Cependant, « une fois que le marché sera développé et plus dynamique, il faudra potentiellement réfléchir à la rédaction de nouveaux articles dans la loi bancaire et peut-être à un nouveau chapitre », poursuit le cabinet. Dans le même fil, la BCEAO (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest) envisage de promouvoir l’usage de la finance islamique dans l’espace de l’Uemoa. C’est dans ce cadre qu’elle a requis l’expertise de la BID, afin que cette dernière s’engage à faciliter les rapports de la BCEAO avec d’autres institutions qui travaillent selon les principes de la finance islamique.

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