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La concurrence s’intensifie

Responsable des AGC, Mwandza Ibata fait le point sur le secteur des assurances au Congo et dans la zone CIMA. Sa croissance s’accélère, au point d’attirer les convoitises de groupes internationaux.

Mwandza Ibata, Directeur général adjoint des Assurances générales du Congo

Comment le secteur des assurances a-t-il évolué ces dernières années ? 

Le Congo faisant partie de la CIMA, nous travaillons selon la réglementation en vigueur établie par la zone. Le marché africain des assurances peut être divisé en deux grandes régions : la zone CIMA qui regroupe en son sein toutes les sociétés d’assurance des pays membres, mais aussi d’autres sociétés dont les pays n’ont pas ratifié le traité. En général, toutes ces sociétés sont membres de la Fédération des sociétés d’assurance de droit national africain (Fanaf). 

La deuxième zone, qui est la plus importante, concerne en fait toutes les sociétés africaines membres de l’Organisation africaine des assurances (OAA) ; toutes les sociétés africaines y compris la nôtre y sont répertoriées. Retenons simplement que l’OAA est beaucoup plus anglophone que la Fanaf. Sur le plan mondial, les assurances africaines représentent, selon les chiffres 2013, 1,5 % du marché, mais ce marché est certainement celui qui connaît les plus forts taux de croissance. 

La croissance de 2005 à 2013, de plus de 5 % du chiffre d’affaires global dans le secteur des assurances en Afrique, est due au marché Fanaf, qui a connu durant la même période un taux de croissance de 9,4 %. 

Structurellement, le marché Fanaf est plus à dominance non-vie, tandis qu’en Afrique en général (et dans le reste du monde) l’assurance-vie domine. Cette tendance s’explique par la modernisation progressive des sociétés africaines dans la zone Fanaf, avec en son sein une différence entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. 

Déjà, les primes ont augmenté de plus de 10 % entre 2005 et 2013. Ce chiffre est essentiellement réalisé par les branches non-vie, il est aussi le fruit de l’effort économique entrepris par le gouvernement qui lance de grands travaux un peu partout dans le pays. Ses retombées économiques se font sentir dans tous les secteurs. 

Quel est justement leur impact sur l’activité de votre société ? 

Notre chiffre d’affaires est passé de 6 milliards de F.CFA en 2005 à 17 milliards en 2013. Avec une croissance exceptionnelle en 2013, supérieure à 30 %. 

Quelles sont les difficultés majeures rencontrées ? 

L’arrivée massive des sociétés étrangères d’origine africaine et même européenne met à mal l’équilibre des sociétés locales et nationales, le plus souvent moins fortes financièrement que la concurrence. Les nouveaux entrants ne se feront pas prier pour arracher des parts de marché aux sociétés locales et nationales. Pour leur faire face, il faut être le plus professionnel possible et surtout procéder à des co-assurances lorsque nécessaire. Nous rencontrons aussi des problèmes de réglementation ou de respect du Code des assurances. À propos de la réglementation, un nouvel article du Code des assurances a changé nos habitudes sur le marché. Il s’agit du nouvel article 13 qui rend la prime d’assurance exigible avant toute couverture d’assurance (clause cash before cover). 

Le secteur fait, comme la banque, l’objet de grandes opérations régionales. Y voyez-vous des retombées sur l’activité ? 

Notre secteur d’activité est un marché parfaitement intégré au niveau africain, car nous travaillons sous la même législation. Les grandes manoeuvres sont en fait des prises de position qu’effectuent les groupes, mais aussi les autres sociétés dans l’unique but d’accroître leurs parts de marché. Aujourd’hui, le marché pour une société s’étend au-delà des frontières de son pays d’origine. Par conséquent, nous voyons des compagnies s’implanter un peu partout, mais aussi d’autres sociétés se constituer en GIE pour faire face à la concurrence, comme le réseau Globus.

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