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KPC reprend son envol

Et cela, avec seulement 50 000 francs guinéens en poche. L’économiste de formation n’a que 28 ans. Il décroche ses premiers contrats en tant qu’entrepreneur avec le rectorat de l’université qui l’a formée. « Il devait désherber l’université. Un travail qu’il a accompli à la satisfaction de ses dirigeants », explique son chargé de communication, Marco Ibrahim. Pour la survie de l’entreprise, KPC a dû batailler fort durant la première décennie. Avant de tomber sur le jackpot fin 2008. 

Kerfalla Person Camara a « gagné pas mal de contrats » avec les militaires. Entre autres, il a reconstruit le camp Boiro rebaptisé Camayenne, rénové l’université Gamal, construit des bâtiments publics. La seule reconstruction des casernes du camp Camayenne lui rapporte 38 milliards de francs guinéens (4,9 millions d’euros). Dès lors, Guicopres diversifie ses activités autour de quatre filiales. La Fondation KPC pour l’humanitaire naît dans la foulée. 

On s’en doute, la fortune soudaine du jeune richissime fait jaser à Conakry. Certains le considèrent comme un proche du pouvoir, notamment du général Sékouba Konaté, président de la République par intérim de décembre 2009 à décembre 2010. Ses relations avec la junte ont failli lui coûter cher : à la suite de la répression meurtrière de la manifestation de l’opposition, le 28 septembre 2009 – dans le stade qui sera baptisé de cette date – KPC est placé sur la liste noire de l’Union européenne pour « complicité » avec la junte. 

Pourtant, KPC n’aurait pas connu les chefs de la junte avant leur arrivée au pouvoir. Il explique avoir gagné la confiance des militaires en préfinançant, sans garantie, les premiers marchés qui lui ont été confiés. Son pragmatisme dans l’exécution des contrats aurait aussi joué en sa faveur. 

En poursuivant son parcours ascendant sous Alpha Condé, KPC a pu faire taire la plupart de ses détracteurs. Il est ainsi difficile de déceler un quelconque favoritisme, sous le président Alpha Condé, pour ce qui concerne ces quatre dernières années : les entrepreneurs et hommes d’affaires proches du chef de l’État sont nombreux. Contrairement au « dernier arrivé » qu’est KPC, certains de ses rivaux ont soutenu le Président durant sa période d’opposition. 

Mieux, la reconnaissance internationale a fait valoir le bien-fondé du succès de Kerfalla Person Camara. « Les projets engagés sous la période transitoire, puis gelés, ont été relancés les uns après les autres. Le pouvoir d’Alpha Condé a compris que l’homme d’affaires n’avait, contrairement à ce que prétendaient ses détracteurs, rien surfacturé. Et qu’il est juste animé de patriotisme », défend le journaliste Marco Ibrahima Sory Bah. KPC a gagné de nouveaux marchés avec Alpha Condé. Comme le bitumage de la route Enta-Dabompa, en banlieue de Conakry, estimé à 12 millions d’euros. 

Sous l’actuel régime, KPC a élargi son champ d’intervention. À l’instar d’Antonio Souaré et Bouba Sampil, deux autres magnats guinéens, KPC a repris en avril 2013 les rênes du mythique club de football le Hafia. Engagé à redorer l’image de ce club légendaire, il recrute l’entraîneur Antonio Dumas – qui a démissionné en février 2015 – et trois joueurs, également brésiliens. KPC, qui « ne badine pas avec son image », a également investi dans les médias. Le groupe de presse Guinée70 Multimédia est créé en 2014 ; il est composé d’un journal et de différents sites Internet.

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