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Kenneth Campbell et la data

En quoi cette innovation technologique, les données, apporte-t-elle du changement ?

En Tunisie, près de 20 % des salariés, dans les entre­prises, ont des smartphones, ce qui représente 16 % à 18 % du marché global. Le prix d’un smartphone est encore très élevé. Aujourd’hui, nous introduisons des smartphones à des prix plus abordables ; la demande est énorme ! Pour autant, le potentiel est encore énorme en termes de marché à conquérir. Car beaucoup d’utilisateurs n’ont pas accès à l’Internet. Notre ambition de démocratisation des données part de ces constats. Une clé USB, un ordinateur, un iPad ou une tablette… tout sera possible pour se connecter. Quand les prix de ces appareils auront diminué et seront couplés à une offre attractive, nous pourrons enregistrer une forte croissance. Dans dix ans, les données seront le moteur de croissance pour Ooredoo Tunisie. Sachant que notre stratégie met l’accent sur non seulement le mobile, mais aussi sur le fixe.

Quelles sont vos difficultés sur le marché tunisien, qui pourraient freiner votre développement ?

Nous sommes dans un marché où la régulation peut encore constituer un frein. Par exemple, les prix de détail pour le mobile sont encore régulés par l’Instance nationale des Télécommunica­tions. Ce qui n’est pas normal dans un marché où la concurrence joue pleinement. Il y a des freins, bien sûr… Quand des gouverne­ments sont impliqués dans les décisions commerciales, ce n’est bon ni pour les affaires, ni pour les consommateurs. L’autre point qui pose problème tient dans la situation macroéconomique du pays, avec une inflation encore élevée.

Comment votre stratégie de communication et d’image est-elle bâtie ?

Le changement de nom, de Tunisiana à Ooredoo Tunisie, effectif depuis le 24 avril 2014, s’est très bien déroulé. Il est vrai que ce n’est pas la première fois que nous réalisons une opération de e-branding ! Du point de vue opérationnel, elle a été bien reçue. Pour autant, nous avons encore du travail de marketing à effectuer pour populariser Ooredoo, car la marque Tunisiana était très forte. Ce que le pays devrait comprendre, c’est que l’équipe n’a pas changé, les employés n’ont pas changé, les offres n’ont pas changé, même les actionnaires n’ont pas changé !

Ooredoo a donc unifié et harmonisé sa marque. On la trouve en Tunisie, en Algérie et ailleurs. Cette uniformisation pose-t-elle un problème en termes d’image, dans chaque pays ?

Des marques internationales existent déjà : Vodafone, Orange… Constituer une marque globale apporte certainement de la valeur ajoutée. Par exemple, pendant la Coupe du monde de football, nous avons signé un accord global avec les organisateurs. Nous n’aurions pas pu le faire sous la seule appellation Tunisiana. Nous sommes aujourd’hui une équipe de 10 000 employés, appartenant à une marque globale. En Tunisie, nous sommes donc une partie de quelque chose de plus grand. Plusieurs de nos employés sont déjà allés travailler dans d’autres pays : Algérie, Qatar, Koweït, etc. L’effet est important, pas seulement pour les employés, mais aussi en termes de bénéfices pour les clients.

Quelle est la place de la responsabilité sociétale de l’entreprise ? S’agit-il d’une dimension importante chez vous ?

Bien sûr. Nous répondons aux demandes de soutien, ici ou là dans le pays. Nous investissons dans le sport amateur, spécifique­ment, pour assister les équipes nationales et professionnelles, en construisant aussi des terrains de foot. Idem en matière de santé, car nous soutenons des hôpitaux, mais aussi les arts…

Quel est votre défi majeur pour les mois à venir ?

C’est la situation générale dans le pays qui focalise le plus mon attention, à l’approche des élections. Il faut que le marché continue à se stabiliser et que le niveau de l’investissement augmente. Cet été, beaucoup de touristes sont venus d’Algérie. Il faut également que les Français reviennent ! En tant que chef d’entreprise, il s’agit là pour moi d’un motif de préoccupation, car la réussite d’Ooredoo est aussi synonyme de la réussite de la Tunisie. Nous sommes très proches de la réalité du marché.

*Kenneth Campbell est Directeur général de Ooredoo Tunisie

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