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Kako Nubukpo et la Francophonie économique

Pourquoi inverser les termes de l’équation ? Les Africains doivent être eux-mêmes les maîtres de leur destin…

Oui, vous avez raison. C’est la raison pour laquelle l’ouvrage que nous avons publié met au coeur la question de la servi­tude volontaire : nous avons l’impression que les Africains ne sont pas pleinement sortis de l’idée qu’ils auraient un maître – l’Occident – qui devrait définir à leur place les orienta­tions de leurs politiques publiques.

N’est-ce pas un peu démagogique, tout cela ?

Non, je crois que c’est un débat de générations. Le sociologue allemand Norbert Elias explique que chaque homme est porteur de flambeau parce qu’il partage le destin de sa génération. De ce point de vue, la génération des quadragénaires africains doit pouvoir servir, au final, de point d’équilibre sur ces nouvelles questions qui touchent la vie des Africains : autour des écono­mies vertes, des économies bleues, du rôle de la culture, du rôle de l’émergence et, donc, de l’industrialisation et des politiques publiques idoines.

Comment cohabitent le Kako Nubukpo « iconoclaste », presque révolutionnaire, et le Kako Nubukpo « institutionnel », directeur à l’Organisation internationale de la Francophonie ?

Oui, c’est vrai… J’illustre la schizophrénie de ma génération ! Mais ces deux « Kako » s’infusent l’un et l’autre. Parce que le Kako « iconoclaste », comme vous dites, a soif de nouvelles idées, de nouvelles solutions, de nouvelles pistes, pour le développe­ment de l’Afrique et de l’espace francophone en général. Et le Kako des institutions, qui accompagne les réseaux des ministres, a à coeur d’internaliser le champ des contraintes, afin de faire passer dans une sorte de tamis les idées iconoclastes du premier Kako. J’entretiens une forme de dialectique mais qui demeure fondée sur deux éléments : d’un côté la bonne foi, et de l’autre, l’envie de ne pas décevoir les pères de l’indépendance.

Cette position est-elle tenable ?

Oui, elle est tenable si nous multiplions les espaces de débat, si nous créons de l’action collective – mais une action collective qui prend appui sur ce qui a été réalisé de positif ; et qui tienne compte également du fait qu’il faut du temps pour que certaines transformations soient effectives. Dans tous les cas, je crois que la pire des choses, c’est de se contenter de l’existant, parce que nous avons un devoir de génération qui consiste à aider ceux qui viendront après nous et à aider nos enfants à avoir une Afrique meilleure que celle que nous avons nous-mêmes trouvée.

N’avez-vous pas, au fond, une vocation de gourou ?

J’ai en moi cette insatisfaction permanente, qui permet peut-être de réaliser des choses intéressantes. Selon la belle formule de Hegel, dans ce monde, rien de grand ne s’est fait sans passion. Je suis donc passionnément amoureux du développement de l’Afrique. Et de l’espace francophone. n

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