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Idées fausses sur l’Afrique

… internationaux n’avaient pas été redirigés dans le domaine de la recherche sur le sida. La France de Jacques Chirac par exemple redéploya la totalité de ses budgets vers cette recherche ! Alors que l’on sait maintenant que le sida est d’abord une maladie de riches, issue et de la multiplication des rapports sexuels et du développement des drogues dures dans les pays développés (du fait de leur injection par seringue). Le sida est-il la première cause de mortalité en Afrique ? Ne serait-ce pas plutôt la malaria (ou paludisme) qui, elle, continue ainsi à manquer cruellement de moyens de recherche et d’éradication ? Une maladie de riches d’un côté, une maladie de pauvres de l’autre, et tous les efforts de la « communauté internationale » centrés vers la maladie de riches. 

Pour l’instant, une seule initiative occidentale contre le paludisme a réellement fonctionné : le financement par des acteurs et actrices américains de moustiquaires traitées dans un grand nombre de pays subsahariens. L’initiative de Sharon Stone rencontra en effet un large écho aux États-Unis, et Bill Gates décida de réorienter les fonds très importants de sa fondation vers la lutte contre le paludisme. Buzz donc, mais malheureusement unique. L’OMS et l’Occident en général continuent à privilégier outrageusement le sida. Régulièrement, on entend qu’un vaccin antipaludéen « pourrait » être efficace, puis plus rien : la plupart du temps, les chercheurs n’ont pas les moyens de passer à la phase des tests, phase de loin la plus onéreuse de la recherche médicamenteuse. 

Le paludisme est donc et en fait le seul vrai danger médical auquel vous êtes confronté quand vous allez en Afrique. Pour le sida, il est aisé de protéger les rapports que vous pourriez avoir avec des personnes dont vous n’êtes pas certain de l’innocuité. Et pour les autres maladies, la vaccination vous met à l’abri de la plupart d’entre elles. La prise de quinine correctement dosée est suffisante là où la souche du paludisme est bénigne (Afrique de l’Ouest). Mais les souches sont nettement plus mortifères au Centre et à l’Est du continent où, du fait du réchauffement planétaire, les moustiques commencent même à s’acclimater à l’altitude. 

L’expatrié vit quelques années au plus au sein de cette chaleur ambiante et dispose en outre de conditions particulièrement agréables : climatisation, automobile pour se rendre au travail, villa ou appartement agréable. Ce qui n’est pas le cas de l’immense majorité des Africains citadins qui doivent fréquemment parcourir de grandes distances à pied pour aller travailler et en revenir. Je me souviens d’une rencontre avec un investisseur chinois à Abidjan. « Climatiser l’usine est trop cher, m’avait-il dit, mais je l’ai ventilée. Et mon personnel mange même dans l’usine, je n’ai aucun problème de rentabilité à ce niveau. » Tout le contraire d’un autre investisseur, anglais celui-là, qui avait dû fermer les portes de son unité de production pour empêcher ses salariés de quitter intempestivement leur poste de travail. Forcés de rester en pleine chaleur, ces salariés oeuvraient évidemment avec lenteur, bien que produisant à moindre coût que la concurrence importée : les usines prolifèrent aujourd’hui sur le continent, sous équipées, sous financées et produisant donc à des coûts très bas. Pas de frais financiers, pas d’amortissements excessifs et des salaires actuellement les plus faibles du monde. Faudrait-il qu’en plus les salariés se tuent à la tâche, confrontés à des conditions climatiques extrêmes ? C’est en fait la simplicité et le système D qui permettent aux Africains de se passer des investissements étrangers. Le défi des Africains est de lancer leurs propres grandes entreprises à partir de l’imposant tissu de petites et, parfois, moyennes entreprises qu’ils ont créées.

De grands enfants… 

Il est vrai qu’on aime faire la fête en Afrique. On se couche en tout cas tard et on danse. Les Maghrébins dépensent encore beaucoup pour recevoir familles et amis lors des grandes occasions, ce phénomène n’étant pas juif ou arabe, mais sémite. De même si les Subsahariens continuent de plus belle à faire la fête. Sont-ils pour autant « de grands enfants » et n’est-ce pas plutôt nous qui avons perdu le sens de la fête ? Tout comme nous perdons le sens de la famille et celui de la solidarité au moins entre voisins ? En fait, ces « grands enfants » peuvent nous sauver de la grisaille de vies vouées intégralement au travail et à l’accumulation personnelle de richesses. Dans nos sociétés « sages », les taux de divorces sont partout supérieurs à 50 %. Nos taux de suicides atteignent des sommets, au point que nous avons dû intégrer dans nos remboursements de médicaments ceux destinés à nous guérir de nos burn-out. L’acupuncture, les massages, le yoga poussent comme de mauvaises herbes sur le béton de nos villes. Bref, c’est nous qui nous comportons comme des gamins, incapables de réagir sainement face à des engrenages économiques complètement fous. La folie guette les Occidentaux, pas les Africains.

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