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Idées fausses sur l’Afrique

L’Occident véhicule beaucoup d’idées  reçues sur l’Afrique et les Africains. Idées fausses qui conduisent à de lourdes erreurs, en termes d’investissements vers le continent. Comment combattre ces préjugés

a méconnaissance du continent explique, en grande partie, ce déversement quasi-quotidien d’images de plus en plus ridicules au fur et à mesure que s’accélère la croissance africaine. Les Éthiopiens sont les descendants des Pharaons noirs, jamais colonisés ni par les Grecs, ni par les Romains, ni par les Arabes. Ils possèdent l’écriture depuis des temps immémo-riaux et comptent parmi les tout premiers convertis tant au judaïsme qu’au christianisme (ils furent Chrétiens avant les Européens !).

L’Africaine ne fait plus pleurer…

Et la « Royauté des royautés » a perduré des siècles durant, unissant toutes les tribus issues de l’antique royaume d’Aksoum établi à l’est du Soudan, cette partie de l’Égypte pharaonique qui ne connut jamais la domination de l’étranger. Ainsi, l’Éthiopie est un pays de traditions très anciennes qu’une révolution marxiste et une guerre civile terrible sortirent d’un long sommeil. Comme la Chine. Et ce pays est aujourd’hui celui qui, toujours comme la Chine en Asie, connaît les rythmes de croissance les plus rapides de son continent. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) estimait à 140 millions le nombre de femmes victimes de l’excision en 2013. Il ne reste plus que trois pays à n’avoir pas encore légiféré contre cette pratique barbare, le Nigeria, l’Ouganda et la Somalie. Elle ne s’étend qu’en… Occident, notamment en Angleterre et en France où le communautarisme pousse les autorités à fermer les yeux bien trop souvent. Parmi les pays où l’excision est la plus répandue, c’est l’Égypte qui remporte le pompon ! Que pèsent les femmes somaliennes, guinéennes (5 millions environ dans chacun de ces deux pays) ou djiboutiennes (200 000) face aux 40 millions de femmes égyptiennes ? L’excision ne concernerait donc pas les populations animistes et chrétiennes du centre-ouest et du sud de l’Afrique. L’excision régresse dans le monde d’une part, et ce n’est pas un phénomène africain, mais musulman, d’autre part. La femme noire n’est donc pas cette quasi esclave soumise et à des traditions monstrueuses, et à un mâle outrageusement dominant.

Qui veut encore « sauver l’Afrique » ?

On voit périodiquement les Occidentaux militer pour « sauver l’Afrique ». Un jour, un chercheur du CNRS est venu me voir pour me vendre l’idée d’un four solaire « révolutionnaire » : de simples miroirs faisant converger les rayons du soleil vers un point central où il suffisait de poser les aliments pour les cuire. Fort bien, mais lui rétorquais-je, « croyez-vous que les Sahéliennes rurales fassent la cuisine en plein soleil ? » Ce « révolutionnaire » n’avait jamais mis les pieds en Afrique. Un autre jour, c’est une journaliste qui voulut absolument passer en une son papier sur le jujuba, « plante qui allait sauver le Sahel du désert ». J’eus beau lui rétorquer que la lutte contre le sable avait fait l’objet d’études poussées dans les pays concernés, notamment en Algérie avec un début d’expérimentation. Et que, pour stopper l’avancée du sable, il fallait plusieurs barrières de végétation bien différenciées, rien n’y fit : je suis persuadé qu’elle croit toujours que sa plante à usage cosmétique est l’avenir du Sahel. Une autre fois, ce fut un ingénieur agronome qui m’assura que la faim dans le monde serait vaincue par les poulets dont l’élevage supplanterait définitivement les autres sources de protéines animales. « Et le lait ? », lui répondis-je. Aujourd’hui, on vous présente les insectes comme relais de bovins dont les déjections méthaniques mettraient le climat terrestre en péril! Ces histoires finissent par lasser, aussi m’arrêterai-je à cet hydrologue qui ne voulait pas…

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