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Hôtels tchadiens

Les hôtels tchadiens. À N’Djaména, qui veut devenir une place forte du tourisme d’affaires, les constructions d’hôtels se multiplient. L’Office du tourisme a entamé une première classification des infrastructures.

Grâce à la paix et la sécurité, l’industrie hôtelière au Tchad se porte bien. Le secteur du tourisme, de manière globale, a enregistré des progrès significatifs, ces cinq dernières années », résume Mahmoud Younous, directeur général de l’Office tchadien du tourisme (OTT). Le parc hôtelier tchadien comprend aujourd’hui une soixantaine d’hôtels classés et non classés pour une capacité de près de 1 750 chambres. Des chiffres qui ne prennent pas en compte les hôtels récemment construits et ceux encore en chantier (Ibis hôtel, SCU Nubia hôtel et hôtel Olympia) ou en extension (Tropical hôtel, Cosmos Guest House) qui viendront augmenter la capacité d’accueil de plus de 900 chambres. 

Il est bien loin le temps où le Novotel et le Méridien Chari (aujourd’hui Mercure), deux enseignes à capitaux français et tchadiens, occupaient seuls le marché. Depuis peu, le tourisme d’affaires et de conférences bat son plein à N’Djaména qui accueille régulièrement les sommets des organisations régionales. Les hommes d’affaires s’y pressent également. Pour les visiteurs, la capitale offre désormais des choix d’accueil plus diversifiés, même si le besoin en infrastructures hôtelières reste important. À côté des grands noms internationaux (Kempinski, Novotel, Mercure ou, bientôt, Ibis et Hilton), des investisseurs tchadiens tentent de trouver leur place. « Au Tchad, l’investissement dans le secteur hôtelier est dominé par les acteurs privés notamment les nationaux et investisseurs étrangers. L’État a également beaucoup investi depuis toujours dans la construction des infrastructures hôtelières et campements touristiques », explique le directeur général de l’OTT. 

Dans le cadre de la décentralisation de la fête de la Liberté et de la démocratie, célébrée chaque 1er décembre, un hôtel 3 étoiles est construit dans chaque ville retenue pour abriter les festivités. 

Dans la perspective du XXVe sommet de l’Union africaine, qui devait se tenir en juillet 2015 à N’Djaména, avant que le gouvernement ne renonce à six mois de l’échéance, les pouvoirs publics tchadiens s’étaient engagés dans la construction de trois infrastructures hôtelières : le Grand Hôtel (plus de 200 chambres et un auditorium de 1 200 places), la Toumaï Palace (11 étages et 250 chambres et une salle de banquet de 600 places, construite au sein de la future Cité internationale des affaires, située à quelques encablures de l’aéroport international Hassan Djamous) et l’hôtel Hilton, ainsi que les 60 villas de la Cité de l’Union, à côté du Grand Hôtel.

Première classification 

Malgré le retard provoqué par la chute des cours du pétrole qui affecte l’économie tchadienne, ces différents projets sont dans leur phase de finalisation. « Avec l’ouverture 

de ces hôtels, notre capitale pourra bien se positionner au 1er rang dans l’hôtellerie haut de gamme en zone Cemac. Elle accueillera aisément les grands sommets internationaux, les rencontres d’hommes d’affaires et autres manifestations », affirme Mahmoud Younous. 

Kempinski est « le » 5 étoiles de N’Djaména, le seul à ce jour. Situé en face du Palais du 15 janvier (ancien siège du Parlement) et à quelques mètres du Musée et de la Bibliothèque nationale, l’ancien Libye Hôtel, construit par les fonds d’investissement libyens sous l’ère Kadhafi, fait partie du plus ancien groupe d’hôtels de luxe d’Europe depuis quelques années. 

Les Novotel et Mercure (ex-Méridien Chari), et La Résidence (un hôtel neuf situé en face de l’aéroport) ont reçu trois étoiles. « La classification de beaucoup d’autres est reportée à cause des travaux d’extension ou encore en chantier. Ceux des provinces ainsi que les restaurants et agences de voyages seront également classés très bientôt », précise le directeur de l’Office. Il prévient qu’une commission de vérification, de suivi et contrôle sera mise sur pied et qu’un hôtel étoilé peut être déclassé, s’il ne respecte pas la réglementation en vigueur.

Au moins 100 000 touristes en 2015 

Le président de la Fédération tchadienne des professionnels du tourisme (FTPT), Noël Solgué, estime que la classification des hôtels est une étape très importante qui donne un intérêt commercial et marketing aux hôteliers, et garantit un niveau de prestation de services pour le public. 

Avec les infrastructures opérationnelles et celles en finition, l’Office du tourisme espère ainsi accueillir 100 000 touristes en 2015. Selon les derniers chiffres communiqués par l’Office, le secteur hôtelier emploie, dans la capitale, 906 personnes, soit 844 nationaux et 62 expatriés. « Les données disponibles dans nos services ne nous permettent pas de donner la part du secteur hôtelier dans le PIB. Néanmoins, ce secteur joue un rôle non négligeable dans l’économie nationale », indique Mahmoud Younous, qui ajoute que les investissements de ces quatre dernières années viennent en troisième position après le pétrole et les transports. Rien qu’avec la construction des quatre grands hôtels (Grand Hôtel, Hôtel Hilton, Toumaï Palace Hôtel et Soluxe Hôtel) à N’Djamena, les investissements s’élèvent à plus de 200 milliards de F.CFA, ce qui vient dynamiser l’économie du pays surtout pour les entreprises de construction et les emplois créés sur ces différents chantiers.

Faible rentabilité 

En dépit de ce boom, plusieurs facteurs freinent encore l’évolution de l’industrie hôtelière au Tchad : l’absence d’un fonds d’investissement hôtelier ; le problème récurrent de l’énergie et l’insuffisance de main-d’oeuvre qualifiée. Pour les promoteurs hôteliers, l’absence d’une politique d’exonération fiscale et des taxes excessives viennent altérer la rentabilité et l’attractivité du secteur touristique tchadien. Noël Solgué, qui dirige un hôtel 2 étoiles, espère que l’application des taxes tiendra désormais compte de la catégorisation des établissements hôteliers. Des négociations sont en cours entre les professionnels et le gouvernement. 

Pour améliorer la situation, l’Office du tourisme vient d’entreprendre la réactualisation de la loi 19/PR/2002 qui réglemente les établissements du tourisme au Tchad, ainsi que des échanges avec les professionnels du secteur et les banquiers sur les besoins et difficultés d’investissement dans le secteur hôtelier et de la restauration. 

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