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Guinée: Plus de 21 milliards $ levés

La Guinée affichait en 2016 un PIB nominal de 8,48 milliards $, avec une croissance réelle de 6,6 %. Le plan de développement présenté par Conakry aux bailleurs de fonds a le potentiel d’augmenter la croissance de 3 à 5 points d’ici à 2020.

Par Gérard Choisnet

La réunion avec les partenaires économiques et financiers du pays dans le cadre de son Groupe consultatif, organisée les 16 et 17 novembre à Paris pour soutenir le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-2020, a permis au gouvernement guinéen « de lever plus de 21 milliards de dollars pour financer plus de 50 projets structurants de son Programme national d’investissement (PNI). » Le PNDES guinéen « bénéficie de l’appui inconditionnel de l’ensemble de la communauté internationale, autour des partenaires bilatéraux et multilatéraux du développement et des investisseurs privés » se réjouissent les autorités.

Pour les Institutions de Bretton Wood, la Banque mondiale, au titre de son volet IDA, s’engage à financer le PNDES à hauteur de 1,6 milliard $, et de 750 millions $ au titre de l’IFC, soit un total de 2,35 milliards $ ; le Fonds monétaire international (FMI) soutient le PNDES, dans le cadre d’un accord soutenu par une Facilité élargie de crédit (FEC), qui devrait être soumis au conseil d’administration courant décembre.

La Banque islamique de développement (BID) et le groupe de coordination arabe financeront le PNDES à hauteur de 1,4 milliard $. Autre banque multilatérale, la Banque africaine de développement (BAD) s’est engagée sur 725 millions $.

Pour les organisations régionales, l’Union européenne a promis 500 millions $, et la CEDEAO 223 millions $.

A titre bilatéral, la Chine a confirmé que sa participation se ferait dans le cadre de l’accord de coopération stratégique et financier signé à Xiamen en septembre dernier, soit un financement total de 6 milliards $ sur la période du PNDES. La France a annoncé 591 millions $, l’Arabie saoudite 250 millions $, le Koweit 100 millions $, le Japon 75 millions $, le Royaume-Uni 55 millions $, la Belgique 44 millions $, et l’Italie 25 millions $.

Les investisseurs privés ont, quant à eux, annoncé plus de 7 milliards $, dont une part significative sous forme de PPP (partenariats public privé).

« La Guinée peut être fière de la tenue de ce Groupe consultatif car les résultats obtenus sont largement au-dessus de nos espoirs » a déclaré le président Alpha Condé, en clôture de la réunion.

« Nous vivons aujourd’hui la fin des économies de rentes. Le secteur minier a longtemps assuré la croissance de la Guinée. Cela ne peut pas suffire au plein développement. Le choix stratégique de la diversification de nouveaux secteurs, en particulier de l’agriculture et de l’agro-industrie, est le bon », a pour sa part estimé Bruno Lemaire, ministre français de l’Economie et des finances.

Le coût total du PNDES, rappellent les autorités guinéennes, est de 14,6 milliards $, soit entre 3 et 3,5 milliards $ annuels à partir de 2017 et sur une durée de 4 ans (1,6 milliard en 2016, puis successivement 3,1 milliard, 3,4 milliard, 3,5 milliards et 3 milliards de 2017 à 2020).

Le budget national de développement devait couvrir 30 % du coût total (4,38 milliards $) et le secteur privé 38 % (5,58 milliards $) à travers des PPP ; le financement des partenaires traditionnels et d’autres acteurs était recherché pour les 32 % restants (4,64 milliards $) à travers la réunion du Groupe consultatif.

Le PNDES prend en compte 172 projets phares et se construit autour des quatre piliers : la bonne gouvernance, la croissance inclusive, le capital humain et le capital naturel.

La promotion d’une bonne gouvernance au service du développement durable (pilier I) vise la consolidation de l’État de droit, de la démocratie, de la sécurité et de la cohésion sociale, et d’autre part à assurer une action publique efficace. Les actions prioritaires comprennent notamment l’accès à la justice et le renforcement de son indépendance, la clarification des missions de l’État, la décentralisation administrative, l’amélioration de l’accès au crédit ou l’amélioration de l’information statistique et de la transparence. Les fonds affectés par le PNDES au pilier I (19 projets phares) devraient représenter 7,3% du total (1,07 milliard $).

La transformation économique durable et inclusive (pilier II) a pour objectif de « mettre en place les conditions structurelles » d’une croissance économique accélérée dans quatre domaines : agriculture et sécurité alimentaire et nutritionnelle ; industries extractives et manufacturières ; infrastructures économiques, innovation et recherche ; et commerce, tourisme, hôtellerie, artisanat et culture. Les actions prioritaires s’y rattachant comprennent notamment des investissements en aménagements hydro-agricoles, le développement des pôles miniers, la construction, la réhabilitation ou l’amélioration de plus de 5 000 km de routes nationales et de 200 km de voies urbaines, la réalisation de grands projets hydroélectriques comme Souapiti sur le fleuve Konkouré (550 MW, 1,4 milliard $, contrat signé avec la CWE chinoise), ou encore la réhabilitation des sites touristiques. Les fonds affectés par le PNDES au pilier II (89 projets phares) devraient représenter 49,3% du total (7,20 milliards $).

Le développement inclusif du capital humain (pilier III) vise à « renforcer la lutte contre l’exclusion et les inégalités sociales », ses actions prioritaires comprenant notamment des initiatives de réduction de la fécondité, d’élargissement de la couverture sanitaire et de la protection sociale, de renforcement de la qualité de l’éducation et de la capacité d’accueil aux niveaux préscolaire, primaire, secondaire et technique, ou encore l’électrification et l’approvisionnement en eau des ménages. Les fonds affectés par le PNDES au pilier III (44 projets phares) devraient représenter 38,2% du total (5,58 milliards $).

La gestion durable du capital naturel (pilier IV) a pour objectifs la gestion rationnelle des ressources naturelles, la protection du cadre de vie, le renforcement de la résilience face aux catastrophes et l’adaptation face aux changements climatiques. Ses actions prioritaires comprennent notamment les initiatives de protection, de conservation et de restauration de la biodiversité ou de sites terrestres et marins, la gestion durable des ressources agricoles, le renforcement de la collecte des déchets ménagers ou encore le renforcement des capacités de gestion des risques épidémiologiques ou climatiques. Les fonds affectés par le PNDES au pilier IV (20 projets phares) devraient représenter 5,2% du total (759 millions $).

« L’objectif du PNDES est de faire de la Guinée une puissance régionale en Afrique de l’Ouest, à l’économie proprement diversifiée et portée par une croissance à deux chiffres. » Entourée par six pays, « la Guinée de demain portera par sa croissance l’ensemble de sa région », estime Kanny Diallo, ministre du Plan et de la coopération internationale.

Le gouvernement guinéen et ses partenaires sont convenus, sur la base du principe de la responsabilité mutuelle, de poursuivre les discussions engagées à la réunion du Groupe consultatif, dans le cadre du dispositif institutionnel de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du PNDES, créé à cet effet.

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