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Guinée : L’agriculture détrône les mines 

Les atouts du café 

En 2017, le gouvernement a mis 100 000 tonnes d’engrais à la disposition des paysans du pays. Selon le ministre de l’Agriculture par intérim, Naby Kiridi Bangoura, la quantité semble largement suffisante dans un pays où on utilise à peine 200 000 tonnes par an. Mais en raison du faible encadrement des paysans, ces engrais ont par endroits, fait plus de mal que de bien. 

Plusieurs autres initiatives gouvernementales visent à accroître le revenu des paysans et à freiner l’exode rural ainsi que l’immigration clandestine. Ainsi, à côté des traditionnelles variétés cultivées dans la Région forestière, au sud du pays, la Guinée pourrait obtenir quatre millions de plants de café arabica en 2018. Avec l’appui du Rwanda, le gouvernement a décidé de faire de la région de Moyenne-Guinée, une zone de production de trois variétés de café arabica. « Une variété hybride résiste à la rouille, principale maladie du café arabica en Guinée », apprécie Mamadou Minthé Camara, Coordinateur de l’Initiative présidentielle sur le café dans la Moyenne-Guinée. 

En 2018, il est prévu que les quatre millions de plants soient distribués sur plus de 1 000 hectares. Toutefois, pour y arriver, il faut plus de rigueur dans le suivi des plants, prévient Mamadou Minthé Camara. 

L’anacardier en vedette 

En attendant l’arabica de la Moyenne- Guinée, la Guinée forestière reste la seule zone de production de café en Guinée. Après avoir réussi à labelliser le café Ziama – qui porte le nom de son origine géographique –, le gouvernement guinéen mise sur l’exportation du café et du cacao afin d’optimiser les entrées de devises. Dans ce cadre, le Projet d’appui à la production du matériel végétal sélectionné de café et de cacao a été lancé en février 2016 pour contribuer à l’amélioration des performances de la production des deux produits agricoles. 

Autre culture de rente à promouvoir pour le gouvernement guinéen : l’anacardier, qui bénéficie d’un marché mondial favorable pour la noix de cajou. En 2017, dans son discours de nouvel an, Alpha Condé avait appelé les Guinéens à s’intéresser à cette culture. Des 240 000 hectares consacrés à l’anacarde en 2016, la Guinée est passé à plus de 300 000 en 2017 et vise un million d’hectares, voire davantage, en 2020. 

Cette culture, bien qu’introduite dès les années 1940, n’est pourtant pas une tradition en Guinée où la noix de cajou est peu commercialisée. Dans les années 1990, les quelques tonnes de noix qui sortaient du pays étaient dirigées vers les pays voisins. Au début de la relance de cette culture, le pays a produit un peu plus de 10 000 tonnes en 2013… Pour bien maîtriser la commercialisation, le gouvernement a décidé d’interdire toute exportation de noix d’acajou par voie terrestre. Depuis 2016, tout transite par l’aéroport de Conakry. « Nous ne voulons pas que notre anacarde soit exporté brut. C’est pourquoi il y aura deux usines d’anacarde », avait d’ailleurs annoncé Alpha Condé, stigmatisant à la différence entre le prix d’achat de l’anacarde brut sur le marché local et le cours officiel. En fait, sur le marché mondial, l’anacarde est vendu jusqu’à 1 500 dollars la tonne. 

À chaque région sa culture 

La Guinée a inauguré debut novembre sa première usine de transformation de noix de cajou. En attendant la deuxième, elle ambitionne toujours de produire plus de tonnes. On entend atteindre les 60 000 tonnes dans les années à venir.En attendant, elle ambitionne toujours de produire davantage et d’atteindre les 60 000 tonnes dans les années à venir. 

La culture d’anacardier ou celle d’ananas – une des cultures en pleine relance en Basse- Guinée –, ne peut pas prospérer dans toutes les régions de la Guinée, notamment en Guinée forestière. Mais cette dernière région, reste favorable à plusieurs autres cultures de rente dont le palmier à huile, le cacao, le café, l’hévéa… La Basse-Guinée abrite déjà, depuis plus d’une trentaine d’années, un vaste projet d’hévéa et de palmier à huile. Il reste au gouvernement guinéen de l’élargir sur la toute la région.

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