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Gagan Gupta, DG d’Olam Gabon

Installé significativement au Gabon depuis 2010, le géant singapourien Olam a, très tôt, saisi le potentiel du pays dans l’agrobusiness. Entretien avec Gagan Gupta, son directeur général au Gabon. 

Quel bilan d’étape après quatre années d’activité au Gabon ? 

En fait, le groupe Olam est présent au Gabon depuis 1998 et a décidé d’accroître ses investissements au travers de plusieurs partenariats avec l’État depuis 2010, dans le but de participer à la diversification de l’économie, mais surtout à la création de valeur ajoutée par la transformation de ses ressources naturelles. En tant qu’investisseurs, nous ne sommes pas là pour établir un diagnostic sur l’état du pays et nous aurions d’ailleurs du mal, car nous n’avons pas tous les outils ! Mais nous sommes effectivement conscients que comme dans tout pays dépendant du pétrole, la situation économique est actuellement plus contraignante du fait de la baisse des prix du baril. 

Toutefois, en ce qui nous concerne, ce qu’il faut regarder est le chemin parcouru. Au cours des quatre dernières années, nous nous sommes engagés dans de gros projets industriels, nous employons désormais plus de 4 500 Gabonais, nous développons des activités dans six des neuf provinces du pays et nous réalisons chaque année nos objectifs de croissance, bien qu’étant encore en phase d’investissements. Nous sommes conscients des potentialités qui existent au Gabon et sommes engagés sur le long terme. 

Comment évoluent précisément vos activités ? 

Nos projets avancent bien. Nous avons planté plus de 22 000 hectares de palmiers à huile sur nos sites d’Awala et de Mouila depuis 2011. Les plantations de palmiers à huile, à elles seules, emploient désormais près de 3 400 personnes. Notre objectif est de développer la plus grande plantation de palmiers à huile en Afrique ; il n’y a jamais eu une telle avancée dans ce domaine en Afrique en si peu de temps ! Chaque année, nous plantons environ 10 000 hectares dans le respect des normes environnementales et sociales. Nous avons choisi d’aller vers une certification RSPO (table ronde pour le palmier durable) et concentrons tous nos efforts pour devenir un acteur responsable sur le plan social et environnemental.

De plus, nos activités ne s’arrêtent pas à la plantation. Nous sommes également engagés dans le développement d’une Zone économique spéciale (ZES) à Nkok, où nous avons achevé la viabilisation de près de 500 hectares (sur une superficie totale de 1 126 ha) et assuré la mise en place de l’ensemble des infrastructures. 

Sur les 77 clients de la zone, une vingtaine ont construit et huit sont déjà entrés en service et exportent désormais leur production. Et nous travaillons sur la construction de deux ports à Owendo : un « general cargo » et un port minéralier. Nous aménagerons également un nouveau quai polyvalent, dont l’entrée en service est prévue pour 2016 ; il augmentera les capacités existantes. 

 

La ZES devrait donc atteindre ses objectifs, à savoir la création d’une filière bois intégrée ? 

Il faut remettre certaines choses en perspective pour répondre à votre question. Le développement d’une ZES prend plusieurs années. D’autres zones, lancées dans le même temps en Afrique, n’ont pas connu le même rythme de développement que la ZES de Nkok. Au moins 77 investisseurs nous ont fait confiance en acquérant des parcelles, et certains d’entre eux se sont lancés dans la construction d’usines parallèlement au développement des infrastructures. Ce qui nous permet de compter, à ce jour, huit entreprises en phase de production, celles-ci générant 634 emplois directs, avec 83 % de nationaux. 

Nos projets avancent bien. Nous avons planté plus de 22 000 hectares de palmiers à huile sur nos sites d’Awala et de Mouila depuis 2011. Les plantations de palmiers à huile, à elles seules, emploient désormais près de 3 400 personnes. Notre objectif est de développer la plus grande plantation de palmiers à huile en Afrique.

La ZES de Nkok est multisectorielle. Bien que l’industrie du bois soit un secteur privilégié pour remonter la chaîne de valeur de cette importante ressource naturelle dont dispose le pays, on retrouve à Nkok des activités en lien avec les secteurs prioritaires définis dans la Stratégie nationale d’industrialisation (SNI), déclinaison du pilier « Gabon industriel » du PSGE. Ainsi, outre l’industrie du bois, les industries agroalimentaires, métallurgique, chimique et des matériaux de construction sont privilégiées. À ce jour, les entreprises implantées ou en cours de l’être ont essentiellement comme activité la transformation du bois (1re, 2e et 3e transformations), la fabrication du fer à béton et des lingots de métaux non ferreux (aluminium et cuivre), de batteries de véhicule, de médicaments et de bouteilles de gaz industriel liquéfié. Et, fin 2014, nous avons lancé un projet pour développer le premier cluster de l’ameublement en Afrique centrale. Nous mettons 40 000 m2 de hangars industriels à la disposition de 50 fabricants de meubles nationaux et étrangers à qui l’on offre un écosystème favorable. Au total, 45 % des espaces ont été réservés. Avec cela, nous allons pouvoir passer à la troisième transformation du bois et diversifier encore plus l’offre de produits en bois à valeur ajoutée made in Gabon. Nous accompagnons également le gouvernement comme partenaire technique dans le programme Graine (Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés). 

Vous envisagez donc toujours un partenariat avec l’État, dans le cadre du projet Graine ? 

Oui, un PPP appartenant à 51 % à l’État, et à 49 % à Olam. Le programme Graine a un double objectif : atteindre l’autosuffisance alimentaire et faire du Gabon un pays exportateur de produits compétitifs sur le marché international. Il s’adresse directement à chaque citoyen gabonais. Entre 4 et 7 hectares de terrains sont alloués à chaque membre en fonction de la culture développée. L’assistance est avant tout technique. Les coopérants sont encadrés, ils reçoivent un appui pour les approvisionnements en semences, en engrais et pour tout autre équipement nécessaire à leur activité. Les débouchés sont également garantis avec l’achat des produits. 

Dans le cas des cultures de rente, pour lesquelles la maturité est plus longue, et en attendant les premières récoltes, chaque coopérant reçoit jusqu’à 125 000 F.CFA d’avance par mois pour démarrer. De plus, l’État cède à chaque membre d’une coopérative 5 000 m2 de terrains pour construire une maison et un potager. Le projet a déjà été lancé dans deux provinces, 105 coopératives ont reçu leurs agréments et 1 600 hectares de terrains ont déjà été alloués. 

Qu’en est-il du projet d’usine d’engrais à Mandji ? 

Le projet a, il est vrai, été retardé, avec le départ de l’actionnaire Tata. Mais nous menons des discussions en ce moment avec de nouveaux investisseurs. Le projet va très vite reprendre. 

Avez-vous l’impression aujourd’hui, après des débuts difficiles, d’avoir gagné la confiance de la population gabonaise ? 

Au début, personne ne croyait en nos projets, y compris les autorités, hormis le chef de l’État. Ce n’est pas la faute des personnes, mais parce qu’en Afrique, des milliers de projets sont annoncés et ne sont jamais réalisés. Les gens n’avaient plus confiance. Nous, nous avons dit c’est possible. Et nous allons vous le prouver. Et les gens voient aujourd’hui les résultats.

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