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Gabon : Restructuration de l’agriculture

  • Publiéjuillet 17, 2018

Le défi de l’autosuffisance alimentaire

L’État gabonais s’est engagé à tenir les objectifs de la Déclaration de Malabo (2014) en respectant le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA). Stimuler la croissance en s’appuyant sur le secteur agricole, renforcer les investissements pour éradiquer la faim à l’horizon 2025 à travers une agriculture « durable », stimuler le commerce intra-africain des produits et services agricoles, ou encore renforcer la résilience des moyens de subsistance sont autant d’engagements qui devraient placer l’agriculture au coeur de la croissance gabonaise.

Enfin, pour répondre au cahier des charges de la Déclaration de Malabo, le Gabon devra aussi diminuer de moitié, le niveau des pertes après les récoltes d’ici à 2025.

Le gouvernement en appelle à la mobilisation des jeunes et des femmes afin de relancer la dynamique agricole. Pour inciter la jeunesse à s’impliquer dans l’agriculture, l’État a engagé un Programme d’appui à la stratégie de transformation de l’agriculture. 

Des défis de taille pour un pays doté d’une population essentiellement urbaine (14 % seulement des Gabonais vivent en milieu rural) qui a vu l’importation de ses denrées alimentaires augmenter de 126 % entre 2015 et 2017, selon une récente étude réalisée par l’économiste Mays Mouissi.

Pour répondre aux besoins alimentaires de la population, le Gabon cherche aujourd’hui à développer l’agriculture périurbaine qui contribue à 50 % de la demande urbaine en légumes, en particulier à Libreville. Cette approche dispose d’un certain nombre d’avantages comparatifs, mais ne parvient pas à résorber le déficit.

La jeunesse sollicitée

Le gouvernement en appelle à la mobilisation des jeunes et des femmes afin de relancer la dynamique agricole. Pour inciter la jeunesse à s’impliquer dans l’agriculture, l’État a engagé un Programme d’appui à la stratégie de transformation de l’agriculture. Cependant, l’inadéquation de la formation des jeunes avec les besoins à pourvoir en matière d’agriculture et d’agro-industrie s’accompagne des doléances d’une jeunesse qui réclame davantage de moyens financiers et des équipements pour soutenir leurs activités.

Le 9 avril, une séance de travail a réuni des représentants de la BAD, les consultants des cabinets d’études de Projets (AGRER et Comete) et les représentants du secteur agricole, pour le lancement des études du programme d’appui au programme Graine Phase 2 (PAPG2) et du Programme d’appui à la stratégie de transformation de l’agriculture et promotion de l’entrepreneuriat des jeunes dans le secteur agricole et l’agrobusiness (PASTA-PEJA), au ministère de l’Agriculture… un nouveau pas vers la structuration de la filière. 

ENCADRE

La FAO aux côtés de l’État contre la malnutrition

Le Gabon et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont signé trois projets de coopération technique (TCP), le 5 juin 2018, pour 478,7 millions de F.CFA (729 800 euros) afin de lutter contre la faim et la malnutrition et pour promouvoir une agriculture durable.

Le coordonnateur du bureau sous-régional de la FAO, Hélder Muteia, précise que « la mise en oeuvre de ces trois projets de coopération technique contribuera à promouvoir une agriculture durable et respectueuse de l’environnement et procurera une alimentaire saine aux populations gabonaises ».

Ces partenariats porteront sur « l’élaboration des recommandations alimentaires nationales et sur des guides pour la promotion des régimes alimentaires », pour un montant de 245 000 $. Ils accompagneront également le développement des « classes vertes pour une production innovante, ludique, éducative et nutritive » à hauteur de 314 000 $ et le « renforcement des capacités » avec un budget de 300 000 $.

Les classes vertes permettront, en particulier, de susciter de nouvelles vocations dans le domaine de l’agriculture qui demeure un secteur d’activité particulièrement déprécié par les Gabonais dont le taux de ruralité ne dépasse pas 14 %.

Cette collaboration entre l’État gabonais et la FAO s’inscrit dans le cadre des priorités inscrites dans le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) et dans les projets sous-régionaux soutenus par la FAO pour relever le défi de la « faim zéro » en Afrique centrale.

L’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et de la sécurité alimentaire sera rendue possible grâce au « développement des chaînes de valeurs dans les filières rizicole, avicole et porcine afin de réduire les importations des denrées alimentaires », considère Biendi Maganga Moussavou, ministre de l’Agriculture, de l’élevage. À ce jour, le Gabon importe près de 60 % de ses ressources alimentaires.

ENCADRE

Olam exporte 3 000 tonnes d’huile de palme

Le 15 mai, la filiale Olam Palm du groupe singapourien Olam International a exporté une première cargaison d’huile de palme de 3 000 tonnes sur le Gizemdeniz Sultan, au départ du terminal à conteneurs d’Owendo. Avec ce chargement, Olam renforce sa position sur le marché des produits agricoles.

Olam au Gabon développe actuellement tous les segments de l’exploitation de l’huile de palme, avec un certain succès. Olam Palms offre au Gabon un avantage comparatif au niveau régional en raison de la qualité du produit et du prix de cession que le Cameroun voisin estime plus attractif que celui de ces concurrents asiatiques.

Dans sa logique de diversification, Olam Gabon, connu pour ses activités agro-industrielles, portuaires et bientôt aéroportuaires, cherche à s’imposer comme le leader en matière de production d’huile de palme à l’international. Pour atteindre cet objectif, il pourra s’appuyer sur ses trois sites de production situés à Lambaréné, Kanko et Mbouki (Mouilla) et sur ses plantations réparties à Awala (6 505 ha), Mandji (9 060 ha), Moutassou (18 272 ha) et Mboukou (15 884 ha).

Olam Palm a inauguré en avril 2017, la plus grande usine de traitement d’huile de palme du continent à Mouila, qui emploie près de 300 personnes. L’entreprise ambitionne aujourd’hui de créer entre 4 000 et 5 000 postes supplémentaires au niveau national, dans les années à venir, selon Gagan Gupta, directeur d’Olam au Gabon.

Aux ONG qui reprocheraient à l’entreprise de ne pas respecter les standards internationaux en matière de protection environnementale, le groupe avance sa certification de production d’huile de palme de façon durable avec sa distinction de « Rountable on Substainable Palm Oil » (RSPO) reçue en 2017.

Olam Palm devrait prochainement planter 20 000 ha de palmiers à Kango et 30 000 ha à Mouila grâce au prêt accordé par la Bdeac (Banque de développement des États d’Afrique centrale), associée à Afreximbank, Ecobank Capital et BGFI Bank.

Enfin, Kango devrait également accueillir une usine de raffinage dédiée au traitement de la production locale. Le projet est conduit en partenariat avec l’État gabonais (à hauteur de 30 %) dans le cadre d’un nouveau PPP. Dans un second temps, 150 000 ha de plantations devraient voir le jour dans les régions de Tchibanga, Mayumba et Lambaréné.

Écrit par
African Business french

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