Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Uncategorized

Gabon Oil Company, le petit poucet

« Pendant un peu moins de 11 mois, nous avons opéré à Obangué et nous avons pu sortir 2 millions de barils, nous avons réussi le pari de maintenir la production du site », explique Jules-Maurice Berre. Encore mieux, semble-t-il, puisque la compagnie annonce un coût opérationnel bien moindre que les majors de la place : elle a opéré en moyenne à 15,70 $ le baril quand les majors estiment ce « cost oil » entre 25 $ et 28 $ et qu’Addax opérait ce champ à ce niveau.

« Pour nous, il ne s’agit pas simple­ment d’un indicateur de performance de la GOC, mais d’une question plus vaste », explique un conseiller à la présidence gabonaise, « ce coût de production est déduit du partage de la produc­tion entre l’État et la compagnie, ainsi imaginez combien gagnerait l’État si les coûts des opéra­teurs se situent aux niveaux auxquels GOC a travaillé ! » Pour se professionnel du secteur, « GOC aurait, en quelque sorte, levé le voile sur les coûts opérés et mis du côté de l’État de solides arguments de négociation ».

Des ambitions intactes

Depuis janvier néanmoins, le champ d’Obangué est revenu dans l’escarcelle d’Ad­dax qui a conclu avec l’État un accord qui inclut non seulement le champ objet du litige, mais tous ses champs gabonais. Le pétrole représente près de 50 % du PIB du Gabon, 60 % de ses recettes fiscales et 80 % de ses exportations, la direction des hydrocarbures du ministère du Pétrole qui supervisait le secteur trouve un allié utile en la jeune compa­gnie nationale.

« Certes, Gabon Oil Company est un parte­naire technique du gouvernement gabonais, mais elle a sa stratégie propre», rappelle-t-on du côté de la GOC. Sur la production, elle vient de signer le contrat de partage de production avec l’État pour le champ de La Remboué II.

De taille plus modeste qu’Obangué, ce champ de 1 500 barils/jour avait été unila­téralement déserté par Addax. Un cadre du ministère du pétrole revient sur la démarche d’ensemble : « Notre production globale régresse depuis 1997 faute de découverte majeure ; pour

nous désormais chaque baril compte, nous ne pouvons pas dépendre de la logique de moindre effort d’un investisseur, quel qu’il soit ». Depuis le pic de production de 18 millions de tonnes (près de 130 millions de barils) en 1997, le Gabon stagne désormais autour de 12 millions de t (85 millions de barils). « À ce stade chaque baril compte ».

Le niveau encore élevé des cours du pétrole permet à GOC de dessiner une stra­tégie de production en reprenant l’exploita­tion de champs marginaux dans les terres et de constituer ainsi un niveau de production respectable. Le vrai potentiel gabonais se situe dans l’offshore, notamment dans les profon­deurs de plus de 1 500 m.

« Pour l’offshore, surtout le deep offshore, il est évident que nous voulons être présents, mais c’est un domaine très capitalistique où il est nécessaire de prendre des risques importants qui peuvent payer à en juger les découvertes dans d’autres pays du golfe de Guinée », explique Jules-Maurice Berre.

La GOC lance résolument un appel du pied à d’éventuels partenaires dans l’exploration en eaux profondes, un domaine où la compa­gnie assume son ambition d’apprendre et de partager des risques. En octobre 2013, le gouvernement avait attribué 13 blocs d’explo­ration à travers un appel d’offres international qui avait attiré de nombreuses compagnies nouvelles dont Ophir, Petronas, Noble Energy, Exxon Mobil et Eni. Ainsi, le ministre du Pétrole, Etienne Ngoubou, affirme la volonté de l’État de favoriser l’exploration de plus de 200 000 km2 répartis en 42 blocs dans les eaux profondes et très profondes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

Share This