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Gabon, en quête d’un nouveau souffle

Dans le domaine de la Santé, le Gabon devrait se doter d’un réseau de cliniques mobiles dans chaque province. Un programme de gratuité des frais d’accouchement a également été instauré et le soutien aux seniors devrait se renforcer.

Pour répondre aux besoins en électrification, 5 000 lampadaires solaires seront déployés sur tout le territoire national, permettant de redynamiser certains quartiers tout en renforçant la sécurité. Parallèlement, des puits équipés de pompe à eau seront installés dans les regroupements de villages pour lutter contre les pathologies liées à la consommation d’eau impropre.

Au cours des cinq dernières années, le secteur pétrolier représentait 80 % des exportations soit 45% du PIB et 60 % des recettes budgétaires. Cependant, le pays a récemment dû faire face à son premier déficit public depuis 1998, en dépit des efforts consentis pour maîtriser les dépenses et pour contrebalancer le déclin des recettes pétrolières.

La réforme de l’État, qui se modernise à marche forcée, demeure une priorité pour le président du Gabon. La décentralisation sera soutenue par la création d’un Fonds d’initiative départementale (FID) pour financer les projets de développement à la base et offrir à chaque département plus d’autonomie. Chaque fonds départemental sera doté d’un budget annuel de 1 milliard de F.CFA et sa gestion sera assurée par le gouvernorat de chaque province, en concertation avec les collectivités locales et les conseils départementaux. Enfin, le chef de l’État a pris des engagements pour l’environnement, en particulier sur la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

Le Gabon diversifie sa base économique

Au cours des cinq dernières années, le secteur pétrolier représentait 80 % des exportations soit 45% du PIB et 60 % des recettes budgétaires. Cependant, le pays a récemment dû faire face à son premier déficit public depuis 1998, en dépit des efforts consentis pour maîtriser les dépenses et pour contrebalancer le déclin des recettes pétrolières. La chute des prix du baril et le déclin relatif de ses réserves contraignent aujourd’hui le Gabon à diversifier ses activités.

Selon les estimations de la Banque mondiale, le déficit budgétaire estimé à 2,7 % du PIB en 2016, conséquence de la baisse des prix et de la production de pétrole, devrait être ramené progressivement à 1,8 % du PIB en 2018 grâce à l’augmentation des recettes générées par d’autres secteurs économiques et, à moyen terme, le manganèse, le bois, l’agroalimentaire et les services devraient assurer l’essentiel de la croissance.

Au niveau du secteur minier, le complexe métallurgique de Moanda-Franceville, entré en activité en 2015, devrait dynamiser la production de manganèse. L’agriculture et la pêche, seront renforcées par le PPP passé avec Olam, qui permettra d’augmenter la production d’huile de palme, de caoutchouc mais aussi de poisson. Enfin, le partenariat avec la société mauricienne Tropical Holdings accompagnera la filière halieutique, devenue une nouvelle priorité du chef de l’État gabonais.

Afin d’améliorer le climat des affaires, de nombreuses réformes ont donc été engagées telles que la création d’un Guichet unique pour les investisseurs, l’élaboration d’un cadre dédié aux PPP, l’instauration d’un tribunal arbitral national et d’un Code consacré aux hydrocarbures et aux mines. Cette vaste restructuration de l’environnement des affaires est le reflet d’un changement de paradigme, pour sortir enfin le Gabon d’une économie du « tout pétrole ». 

ENCADRE

Vers une intégration financière dans la zone Cemac

À l’occasion de la dernière Conférence des chefs d’État tenue en octobre 2017 à N’Djamena, le rapprochement des Bourses des valeurs gabonaises et camerounaises a été validé. Cette décision a mis un terme à plusieurs années de rivalités au sein de la Cemac.

Le 31 octobre 2017, le siège de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) a été transféré de Libreville à Douala. Cette décision devrait permettre de renforcer le marché dans la zone Cemac et encourager davantage d’entreprises à entrer en Bourse. Le choix s’est porté sur la capitale camerounaise en raison de l’importance de son tissu économique et de son PIB qui demeure le plus important de toute la zone Cemac. En contrepartie, la capitale gabonaise abritera le siège du régulateur du marché financier de la sous-région.

Lors de la quatrième rencontre des ministres de l’Économie et des finances de la Cemac du 2 février, la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) a été missionnée pour piloter la fusion des deux places financières qui s’avère plus complexe que prévu. La décision prise au Tchad en octobre avait indiqué que le régulateur siégerait au Gabon, sans autre précision.

Le processus de fusion semble toutefois s’accélérer depuis quelques semaines. En effet, Nagoum Yamassoum, président de la Cosumaf et Jean Claude Ngbwa, président de la CMF ont signé une convention de coopération et d’échanges d’informations en avril 2018, à Brazzaville au Congo.

Cette avancée a permis la reconnaissance mutuelle « des visas, des agréments et des habilitations relatifs aux opérations et aux acteurs du marché, la surveillance ainsi que la supervision de l’effectivité d’une coopération technique et opérationnelle entre les deux bourses de valeurs de la sous-région », a expliqué Jean Claude Ngbwa à cette occasion.

De façon provisoire, la BEAC exercera les fonctions de dépositaire central unique, en attendant la création d’une entité privée indépendante. La fusion définitive des deux places régionales devrait s’achever le 30 juin 2019, au plus tard.

ENCADRE

Le nouveau gouvernement maintient le cap

Le 4 mai, le gouvernement gabonais a été remanié et compte désormais 41 ministres dont la feuille de route repose sur l’organisation des élections législatives. Loin de se cantonner à cette mission, la nouvelle équipe soutient le rythme des réformes engagées par le précédent gouvernement.

Six jours après la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale prononcée le 30 avril par la Cour constitutionnelle, une nouvelle équipe a été constituée pour conduire les élections législatives, reportées régulièrement depuis deux ans. Visiblement, le remaniement n’augure pas de changements majeurs et la « garde rapprochée » du Président reste aux commandes.

Le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet conserve ses fonctions tout comme Étienne Massard à la Défense, Lambert Noël Matha à l’Intérieur, Jean Fidèle Otandault au Budget ou encore Pascal Houagni Ambouroue au Pétrole. Dans le jeu des chaises musicales, Régis Immongault passe du ministère de l’Économie à celui des Affaires étrangères, et Alain Claude Bilie By Nze de la Communication au ministère délégué du Sport et du tourisme.

Toutefois, les Infrastructures et les Mines sont désormais réunies dans un même ministère hautement stratégique, géré Christian Magnagna. Biendi Maganga Moussavou, a rejoint l’Agriculture, une autre priorité du chef de l’État fermement engagé dans sa politique de diversification, portée par le Plan stratégique Gabon émergent. En signe d’ouverture, trois opposants modérés, proches de Jean Ping, ont été appelés à rejoindre la nouvelle équipe gouvernementale : David Mbadinga est en charge du Commerce, Michel Menga M’Essone, de l’Habitat et Jean De Dieu Moukagni Iwangou, de l’Enseignement supérieur.

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