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Franck Adjagba, DG du Fonds Gari

Cela passe par quoi ?

Avant de signer un partenariat avec une banque, une équipe du Fonds se rend auprès de celle-ci pour mieux comprendre ses procédures, ses produits, son portefeuille, sa gouvernance, sa stratégie de développement de son portefeuille PME et ses perspectives, etc. À l’issue de cette due diligence, des axes de progrès sont clairement identifiés par le Fonds et le partenaire bancaire.

Le Fonds va aider la banque à trouver les ressources humaines et technologiques nécessaires pour combler ces insuffisances, et finance à hauteur de 50 % les solutions retenues. Je vous donne un exemple : il arrive que certaines banques ne possèdent pas le système d’information qui leur permette de mieux gérer leur portefeuille de PME et de PMI qu’elles souhaiteraient pourtant développer. Ensemble, nous mettons en place ce système au sein de la banque, et compte tenu de nos expériences sur ce segment, nous l’aidons à trouver les meilleurs consultants pour réaliser cet objectif.

Quel est votre défi pour les mois à venir ? Quelles sont les priorités ?

L’intégration post-acquisition du Fonds Gari à African Guarantee Fund étant quasi­ment terminée, mon principal défi pour les mois à venir est de conforter la position de leader du Fonds dans sa zone de couverture, en mettant en avant le caractère innovant et adéquat de ses nouveaux produits de garantie.

Pour relever ce challenge, nous mettons un accent particulier sur les trois priorités : le renforcement des relations avec nos partenaires historiques ; le développement de notre portefeuille à travers la signature de nouveaux parte­nariats ; faire évoluer notre système de gestion des risques vers les meilleurs standards internationaux.

Le système bancaire doit faire davantage confiance aux PME et aux PMI africaines. Les banques doivent tout mettre en oeuvre pour développer leur portefeuille de clients sur ce terrain, car la concurrence au niveau des grandes entreprises s’exacerbe au fur et à mesure que leurs marges se réduisent.

Dans les cinq ou dix prochaines années, les banques qui n’auraient pas anticipé le développement de ce portefeuille de PME-PMI risqueront de voir leurs marges s’amenuiser dangereusement, car les grandes entreprises sont sollicitées par toutes les banques. Les entreprises, qu’il s’agisse de TPE, de structures moyennes ou de grosses PME, sont prêtes à payer des prix intéres­sants car le taux du crédit rémunère un risque. Si les banques veulent continuer à exister, elles doivent continuer à soutenir ces PME qui, progressivement, vont croître et augmenter leur taille. Cela permettra aux banques de continuer leur activité dans la durée, grâce à un volume d’affaires consé­quent.

Quel est votre écosystème ? Comment fonctionnez-vous avec les fonds de capital-investissement ? Parce que votre structure de garantie a pour vocation de pousser les investisseurs à prendre des risques…

Exactement. Concrètement, le carac­tère innovant de notre positionnement se retrouve dans nos produits. Nous sommes le seul fonds de garantie qui propose un produit qui s’appelle l’Equity guarantee et qui porte sur la garantie du capital. Ce produit a été créé précisément pour aider les fonds de capital-investissement à s’intéresser encore plus aux PME. En général, ils s’inté­ressent aux grandes structures.

Ils peuvent désormais investir plus souvent dans les PME-PMI dans la mesure où grâce à notre garantie, ces fonds pourraient partager le risque qu’ils prennent jusqu’à concurrence de 50 %. Cette complémentarité entre les fonds de capital-investissement et African Guarantee Fund se justifie par le fait que la dette bancaire seule ne permet pas souvent à la PME de passer d’un stade A à un stade B, lorsqu’elle a atteint sa taille critique.

Au-delà de vos responsabilités propres, comment appréciez-vous la dimension du tissu des PME en Afrique ?

La problématique des PME doit être la priorité de tous les gouvernements en Afrique, où nous sommes confrontés à un gros problème qui est celui de l’emploi et de la création de richesse, moteur de la croissance inclusive.

Chaque année, des millions de jeunes qui sortent des universités et des centres d’apprentissage doivent trouver un emploi pour s’insérer dans la société. Si rien n’est fait, nos cités risquent de devenir très risquées. Chacun sait que les PME créent des emplois, bien plus que les grandes entreprises. Compte tenu de leur petite taille, elles sont souvent à l’origine des ruptures technologiques et des innovations.

Ce sont elles, aussi, qui tirent la croissance. Tous les acteurs sont conscients de cette réalité. Fort heureusement, dans tous les États, des plateformes d’incubation et d’accompagnement se créent, pour faire en sorte notamment que l’Afrique transforme plus de matières premières. Beaucoup d’initia­tives sont prises, qui permettent d’améliorer le cadre dans lequel évoluent les PME-PMI.

Avec ce décalage insupportable pour beaucoup entre les urgences et les lenteurs de la mise en oeuvre…

À cet égard, le secteur privé peut jouer un rôle intéressant de catalyseur. Les effets ne sont peut-être pas encore visibles, mais un travail en profondeur est en cours ; il révèle des différences d’évolution entre les différents pays. Si nous prenons par exemple le cas de la Cedeao, des pays tels que le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal, le Togo et le Bénin, jouent un rôle de tête-de-pont. Au-delà du travail accompli par ces pays pour améliorer l’environne­ment, les infrastructures et la législation, le secteur privé et les confédérations d’entre­prises y prennent des initiatives sérieuses pour tirer le tissu des PME vers le haut.

Combien d’acteurs compte cette galaxie que constitue l’univers de la garantie ?

L’univers de la garantie en Afrique compte environ huit à dix gros acteurs. J’encourage l’émergence de fonds de garantie locaux, dans la mesure où effective­ment, ils peuvent être des fonds dédiés, que chaque État peut constituer pour soutenir ses secteurs prioritaires. N

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