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Forum des investissements: acte II

Des objectifs bien pensés et une volonté politique sont essentiels à la transformation des villes africaines. 

Le 2e Forum des investissements dans les infrastructures urbaines en Afrique (AUIFF) à Luanda a réuni des ministres et maires africains pour discuter de diverses questions relatives au développement des villes africaines et aux moyens de faire face à l’urbanisation croissante sur le continent. L’Afrique compte 52 villes de plus d’1 million d’habitants, à peu près comme en Europe. Mais l’Afrique, où 40 % de la population vit en ville, n’est pas aussi urbanisée que l’Asie, qui regroupe 50 % de citadins ou l’Amérique Latine, qui en compte 60 %.

Lors des présentations et discussions qui ont eu lieu dans le cadre du Forum, le sujet des partenariats public-privé est souvent revenu au cœur du débat. En effet, le secteur public, c’est-à dire l’État et les municipalités, ne disposent pas des fonds pour bâtir tous les logements nécessaires et fournir les services à la population urbaine. Les acteurs du secteur privé présents à Luanda ont, de leur côté, insisté sur la nécessité d’améliorer la transparence, l’harmonisation, et les cadres réglementaires pour stimuler les investissements dans les infrastructures. Certains s’intéressent au secteur de l’énergie, mais étant donné que les investissements sont rentabilisés au bout de 25 ans ou plus, les réglementations et règles de concurrence doivent être claires.

C’est Manuel Domingos Vicente, vice-président de l’Angola, qui a présidé la cérémonie d’ouverture du Forum, à laquelle ont participé des représentants locaux et internationaux de divers secteurs provenant de plus de 20 pays différents. Il a insisté sur le fait qu’il y a dix ans encore, la population urbaine était minoritaire en Angola. Aujourd’hui, suite au programme d’urbanisation du gouvernement, 75 % de la population vit en zone urbaine.  Le ministre angolais de l’Urbanisme et du logement, José António da Conceição e Silva, a affirmé qu’au rythme actuel de l’expansion urbaine, « l’Afrique aura besoin de bâtir un million de nouveaux logements par an, pour répondre à la demande ». 

Dans le discours principal, Pedro Pires, ancien président du Cap-Vert, lauréat du prix du leadership africain de la Fondation Mo Ibrahim et membre honoraire de CGLU-A, a rappelé la nécessité de s’attaquer aux causes de l’exode rural, tout en créant des villes dynamiques, riches, sûres, belles et source d’emplois.

L’Afrique est le continent qui s’urbanise le plus rapidement dans le monde, mais cette migration doit être maîtrisée. À défaut, nous créerons de nouveaux bidonvilles, a-t-il conclu.

Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de CGLU-A, a mis l’accent sur l’urgence d’élaborer et mettre en œuvre des plans d’investissement dans les infrastructures urbaines, « afin de rattraper le retard dans le développement des infrastructures et accroître l’attrait et la compétitivité des villes africaines ». À son tour, Aisa Kacyira, secrétaire générale adjointe à l’ONU et directrice exécutive adjointe à ONU-Habitat, a souligné l’importance et la nature stratégique de l’AUIFF, précisant que le Forum était essentiel pour le développement et l’autonomisation des économies locales en Afrique.

La nouvelle ville de Kilamba, près de Luanda, a été présentée comme l’un des projets d’urbanisation les plus réussis d’Angola. Soutenu par l’État angolais, qui a fourni 100 000 d’hectares pour le développement de 18 provinces, Kilamba compte aujourd’hui 400 000 logements abordables. D’abord considérée comme un gouffre financier, cette nouvelle ville est à présent un succès et un modèle à imiter.

Les droits fonciers demeurent l’une des questions au cœur de l’urbanisation de l’Afrique. Les participants ont présenté Dar es Salam, en Tanzanie, comme un modèle de réussite, où le nombre élevé d’enregistrements de propriété a favorisé la cohésion sociale. Toutefois, la régulation de la propriété exige une communication efficace et une collaboration entre les propriétaires et les autorités locales. Les participants à l’AUIFF ont conclu qu’ailleurs dans le monde, les droits fonciers avaient permis la création de richesse et s’étaient révélés être un catalyseur de changement.

Le Forum a été organisé par IC Events, la division Événements d’IC Publications, éditeur du magazine African Business. La prochaine édition du Forum aura lieu à Johannesburg en décembre.

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