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Forum Africa 2017 à Charm el-Cheikh : Les priorités africaines

Accroître le commerce transfrontalier

Le gouvernement égyptien a montré son engagement auprès des « jeunes pousses », en promulguant une nouvelle loi d’investis­sement qui accorde des exemptions fiscales et de droits de douane à toute entreprise ayant des activités dans les zones de libre-échange technologiques.

Le sujet du commerce intra-africain a été abordé dans presque toutes les discus­sions du Forum Africa 2017. Une zone commerciale à l’échelle du continent permettrait d’accroître la compétitivité des exportations, créer des emplois, diversifier l’économie et limiter l’exposition aux chocs mondiaux. Néanmoins, peu de mesures ont été prises dans ce sens et le commerce intra-africain ne dépasse guère 13 %.

Une zone commerciale à l’échelle du continent permettrait d’accroître la compétitivité des exportations, créer des emplois, diversifier l’économie et limiter l’exposition aux chocs mondiaux.

Bien que l’Union africaine ait adopté en 2012 la décision de créer une Zone de libre-échange continentale (CFTA), peu d’ini­tiatives concrètes ont suivi. En revanche, le secteur privé s’est montré beaucoup plus dynamique.

«Nous voyons beaucoup d’entreprises qui deviennent des champions intra-africains, qui surmontent les diffi­cultés faisant obstacle au commerce intra-africain, et nous faisons tout notre possible pour les soutenir», a affirmé Amr Kamel, vice-président exécutif d’Afreximbank, lors d’une session sur le financement du commerce et des infrastructures transfron­taliers.

Il souligne que des sociétés comme El Sewedy et Dangote sont capables de faire face aux droits de douane élevés associés au commerce transfrontalier, et peuvent ainsi ouvrir des voies commerciales entre les nations africaines.

Prouvant sa détermination, la banque a signé un contrat d’aide à l’exportation de 500 millions de dollars avec la BAD, en marge du forum. L’objectif de ce prêt est de soute­nir les exportations et les investissements des entreprises égyptiennes à destination des autres pays africains.

Bien sûr, d’importants problèmes persistent, comme le déficit d’investisse­ments dans les infrastructures qui se chiffre à 150 milliards $ par an.

Le prince Randy Koussou Sogan, fondateur et PDG de Black Lion Holdings a regretté que l’Afrique peine encore à combler son déficit d’infrastructures, en raison de l’insuffisance de projets bien structurés et «bancables».

De son côté, Isabel Dos Santos, PDG d’Unitel, a tenu à mettre l’accent sur un autre problème : le manque d’harmonisation des cadres régle­mentaires rebute, bien souvent, les inves­tisseurs. Pour contourner ce problème, elle propose de réunir une équipe d’experts dans le pays d’origine capable de travailler avec des partenaires dans les autres pays, afin de résoudre les difficultés liées aux différences entre les marchés.

Une Zone de libre-échange tripartite (CFTA) a été créée en 2015, regroupant la Communauté de l’Afrique de l’Est et le Marché commun de l’Afrique orientale et australe, marquant un certain progrès dans la mise en place du CFTA. Beaucoup nourrissent l’espoir que Paul Kagame, qui sera bientôt le prochain président de l’Union africaine, parviendra à surmon­ter l’un des plus grands obstacles à l’essor de l’Afrique.

Tirer le meilleur parti des investissements chinois

Les relations Chine-Afrique ont égale­ment suscité de nombreuses discussions lors du forum. Elles évoluent aujourd’hui avec l’entrée de nouveaux acteurs asia­tiques sur le continent, et les nations africaines se demandent comment tirer le meilleur parti de leurs investisse­ments.

Helen Hai, PDG de Made in Africa Initiative, a indiqué que la Chine avait une stratégie « claire » pour l’Afrique et que les pays africains devaient à leur tour avoir une idée précise de ce qu’ils attendent de l’Afrique.

Selon elle, il est « probable » que 85 millions d’emplois seront exportés de Chine dans les prochaines années en raison de la hausse du coût du travail dans ce pays, situation pour laquelle l’Afrique est « bien placée » pour en bénéficier. « Si l’Afrique peut attirer ces emplois, elle pour­rait bénéficier de la même transformation économique que la Chine », considère Helene Hai.

Toutefois, Carlos Lopes, ancien secré­taire exécutif de la Commission écono­mique des Nations unies pour l’Afrique, considère qu’un grand nombre de ces emplois seront remplacés par des robots et l’automatisation, et non par des Africains. « Quelques pays d’Afrique réussiront, mais pas tous », prévient-il.

À chaque pays sa politique

« Ces emplois peuvent nous échapper si nous ne sommes pas assez rapides pour créer des opportunités. La fenêtre se referme très rapide­ment. Nous devons agir vite et en adéquation avec les intérêts de la Chine », a-t-il conclu. Helen Hai a suggéré que l’Afrique devrait suivre le même modèle de développement que la Chine, qui remplace progressivement la fabrication par les services.

Proposition qui suscite le débat : « Chaque pays se déve­loppe différemment ; on ne peut pas comparer le Rwanda à l’Indonésie. Il faut tenir compte de l’état de croissance du pays, de la partici­pation des gens et de l’avantage concurrentiel dont chacun dispose », a fait observer Kelvin Tan, secrétaire général de la Chambre de commerce Afrique – Asie du Sud-Est. Selon lui, l’Afrique doit surtout apprendre de la Chine comment exploiter un avantage concurrentiel.

Bien que les Africains aient des approches divergentes face à la Chine, ils ont tous convenu de la nécessité de coor­donner leurs efforts pour tirer le meilleur profit des investissements et des transferts de technologie chinois. 

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