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Financements alternatifs

Moins de 7% des PME d’Afrique subsaharienne ont accès à des financements. Face à cette exclusion financière, Cofina offre un nouveau service financier alternatif en phase avec les attentes des pays africains.

L’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises ? Un parcours du combattant en Afrique! Comme en témoigne Bamba Mbengue, qui s’est heurté à la difficulté d’octroi d’un prêt de 60 millions F.CFA (91 500 euros) pour financer son projet de centre commercial, « le projet de toute une vie pour un commerçant ». Aucune banque ni institution de microfinance (IMF) n’ont souhaité l’accompagner ; côté IMF, car le montant du crédit était trop élevé, et côté banques, par crainte de prendre des risques dans un projet issu du secteur informel. Aujourd’hui propriétaire du marché Nguelaw à Dakar, Bamba Mbengue a pu bénéficier en 48 heures d’un financement de Cofina. Parmi les créations de cet entrepreneur, un centre commercial qui emploie 300 personnes et en fait vivre plus de 3 000.

À l’horizon 2021, Cofina ambitionne de s’implanter dans 16 pays d’Afrique pour rétablir le contrat de confiance entre financier et entrepreneur. Un défi pour le financement des PME, moteurs des économies émergentes africaines.

Cette success story révèle qu’il faut développer le « chaînon manquant » adapté au financement des PME. Ce que symbolise aujourd’hui Cofina : la Compagnie financière africaine veut incarner le modèle panafricain de la fi nance inclusive. Une niche porteuse pour la jeune institution financière créée en 2012. La mésofinance, que les Anglo-Saxons appellent le missing middle ou « chaînon manquant », est bien une troisième voie prometteuse, au carrefour des systèmes classiques et de la microfinance. Car si les PME africaines comptent pour près de la moitié des créations d’emplois, seules 7 % d’entre elles accèdent au crédit, alors qu’elles représentent pas moins de 90 % des entreprises du continent.

Parmi elles, entre 70 % et 80 % sont des micro-entreprises évoluant dans le secteur informel. Souvent persona non grata des circuits traditionnels, ces PME sont le coeur de cible de la Cofina. Créée par Jean-Luc Konan, ancien directeur général d’UBA au Sénégal et au Gabon, et des professionnels de la finance et du conseil, Cofina est lancée en février 2014 en Guinée Conakry, avant d’essaimer au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Avec 25 000 clients issus de TPE, PME ou particuliers, répartis sur les trois pays de la sous-région, la société affiche un total bilan de 31 milliards F.CFA au 31 août 2015, Cofina a financé depuis sa création 6 000 projets. À l’horizon 2021, Cofina ambitionne de s’implanter dans 16 pays d’Afrique pour rétablir le contrat de confiance entre financier et entrepreneur. Un défi pour le financement des PME, moteurs des économies émergentes africaines.

ENCADRE

Cofina Start-Up House, le premier incubateur d’une institution financière en Afrique de l’Ouest

Dans un contexte africain où le développement des nouvelles technologies permet l’essor de start-up, plus de 40 % d’entre elles échouent dès la première année d’existence. En réponse, Cofina a lancé, en mai 2015, l’incubateur Cofina Start-Up House. Présentée comme un écosystème permettant aux jeunes entreprises de passer la phase particulièrement critique de l’amorçage, l’offre complète intègre l’hébergement dans les locaux d’Abidjan et de Dakar, mais également un accompagnement, mentoring effectué par des experts, ainsi que des conseils, de la formation et une aide à la recherche de financements. « Une génération d’entrepreneurs brillants et de champions africains existe déjà : il suffit de bien les accompagner et de bien les conseiller pour qu’ils donnent du souffle à l’économie africaine », explique Jean-Luc Konan.

Depuis mai dernier, plusieurs centaines de jeunes entrepreneurs de la sous-région ont déposé leur dossier de candidature, en cours d’examen par les experts de Cofina. Les plus prometteurs seront retenus et pourront s’installer dans les bureaux de la Compagnie financière africaine à Abidjan ou Dakar.

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