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Les nouveaux filons miniers

ENCADRÉ 

Dangote, vedette du SIM Sénégal 2014

Avec le célèbre « Indaba Mining » de Cape Town, qui se tient en Afrique du Sud, le Salon international des mines (SIM Sénégal) se positionne comme l’un des événements phares du secteur minier africain. Cette année, la troisième édition était axée sur le thème : « Le secteur minier : un moteur de croissance et de prospérité ». Selon ses organisateurs, le SIM Sénégal constitue l’une des plus grandes expositions du secteur en Afrique de l’Ouest. Cette rencontre biannuelle, organisée par le ministère de l’Industrie et des mines du Sénégal, en partenariat avec AME Trade Ltd, a attiré en 2014 « plus de 800 participants venant de 30 pays et 80 exposants ».

Parmi eux, Dangote Industries, l’un des géants miniers africains, qui en était l’un des principaux sponsors. Son directeur général au Sénégal, Serigne Aramine Mbacké, y a notamment réaffirmé l’ambition de démarrer à la mi-novembre les activités du groupe du magnat nigérian, Aliko Dangote, qui s’est vu octroyer un permis d’exploitation pour la troisième cimenterie du Sénégal après la Sococim et les Ciments du Sahel. « Le groupe va utiliser un portefeuille de 1 000 milliards de F.CFA déjà disponible », a-t-il précisé. Sa construction a nécessité « un investissement de 350 milliards de F.CFA pour une production de 1,5 million de tonnes de ciment par an et 5 000 emplois à créer à court et moyen terme », a-t-il ajouté. Grâce à cette nouvelle cimenterie, le prix actuel de la tonne de ciment vendue au Sénégal et dans les autres pays ouest-africains devrait diminuer « de 10 % à 15 % », promet le groupe.

Le pétrole, de belles perspectives

En décembre 2013, la décision est tombée, donnant le droit à l’État du Sénégal de retirer sa licence à Arcelor-Mittal et de reprendre la main pour l’exploitation du gisement de la Falémé. Pendant cinq ans, sauf pour des travaux d’exploration additionnelle, évalués à 50 millions $ (sondages, études de laboratoire, etc.), aucun autre investissement n’a eu lieu. « Les dirigeants d’Arcelor ont essayé de trouver un arrangement avec le Sénégal pour rester, ce que nous avons refusé. Nous avons leur dit : “Vous sortez et si demain, vous voulez revenir, ce sera dans de nouvelles conditions. Maintenant, sur l’arrangement sollicité, oui, nous sommes ouverts, si on est prêt à donner un dédommagement important. Nous avons commencé les discussions, ils ont fait différentes propositions qui ont été rejetées, jusqu’au moment où ils sont arrivés à 150 millions $ (75 milliards de F.CFA). Nous avons accepté cette offre, plus 25 milliards qui équivalent aux études, soit un total de 100 milliards de F.CFA. Sur cette base, nous avons accepté d’éteindre le contentieux et de ne pas aller au tribunal. Voilà exactement ce qui s’est passé », a révélé le chef de l’État.

Concernant l’exploration des hydrocarbures, qui a commencé dans les années 1950, les nouvelles sont également bonnes. On savait qu’au large de la Casamance, dans le Dôme Flore, il y a du pétrole lourd, mais très difficilement exploitable. Également, en offshore, du côté de Thiès, dans la région de Gadiaga, on avait trouvé du gaz resté inexploité jusqu’à présent. En annonçant la découverte d’un premier puits, en septembre 2014, Cairn Energy avait, toutefois, un peu douché les espoirs car, selon un communiqué du groupe britannique, il n’y avait « aucune production de pétrole, seulement un champ de production de gaz onshore ». Le 10 novembre, Cairn a annoncé la découverte d’un deuxième puits, appelé SNE-1. Ce gisement se situe à 1 100 m de profondeur et à environ 100 km au large des côtes de Sangomar (littoral Sud-Ouest du Sénégal). Il se trouve à 24 km du puits FAN-1, dont la découverte avait été présentée, il y a un mois, comme « la plus significative depuis le début de l’exploration pétrolière au Sénégal » par le directeur général de la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen), Mamadou Faye. Comme la facture pétrolière avoisine 10 % du PIB, on comprend que l’enjeu financier de ces découvertes soit considérable.

À l’instar de FAN-1, SNE-1 fait partie des trois blocs offshore couvrant une superficie de 7 490 km2, et qui sont co-exploités par Cairn (40 % des parts), l’Américain ConocoPhillips (35 %), l’Australien FAR (15 %) et Petrosen (10 %). « La découverte est importante pour Cairn et pour le Sénégal. Sur la base des estimations préliminaires, il s’agit d’une découverte à potentiel commercial qui ouvre un nouveau bassin sur les rives de l’Atlantique », selon le directeur général de Cairn Energy, Simon Thomson. « En partenariat avec les autorités sénégalaises, la coentreprise va évaluer toutes les informations pour décider comment faire fructifier ces découvertes, avec un forage exploratoire en 2015. » Commentant l’avancée des recherches pétrolières dans le pays, le président Macky Sall s’est voulu réaliste : « Un tel gisement pétrolier représente un coût de 125 millions $ (62 milliards de F.CFA), pour un seul forage. Parce que vous êtes à 1 100 m de profondeur, pour atteindre le premier sédiment, avant d’aller à 4 000 m. Donc ce sont des forages extrêmement coûteux, qui ne peuvent être réalisés qu’après de nombreuses études et évaluations ! » Le Président a promis que, « d’ici à un an et demi », une cartographie très précise sur le volume du gisement et son caractère économique serait établie.

Respecter les droits humains

Pays de transparence et destination sûre pour les investissements miniers, le Sénégal est maintenant membre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Le pays révise son Code minier pour être en phase avec les autres pays producteurs de la sous-région.

Intervenant lors d’un symposium sur « Les droits humains, mines et transparence », le président du Comité sénégalais des droits de l’homme (CSDH), Alioune Tine, a rappelé les conditions qui feront du secteur minier un pilier de l’émergence économique du Sénégal : « En tant que Comité des droits l’homme, nous sommes pratiquement l’organe de régulation qui crée le dialogue entre les différents acteurs. Et pour cela, nous devons les amener à engager un débat inclusif pour un meilleur respect des droits humains dans le domaine de l’exploitation des ressources minières au Sénégal. »

Cette rencontre, à l’initiative du CSDH, a réuni différents acteurs de la société civile, des élus locaux, des parlementaires, des représentants de communautés locales et des entreprises. Rappelant que, sur le continent africain, les ressources minières, loin d’être une opportunité pour les populations, sont souvent une malédiction, il a insisté pour que l’accent soit mis sur les droits humains et la responsabilité sociétale des entreprises. Car, pour réussir là où d’autres ont échoué, il va falloir, selon lui, « détecter les risques et menaces dans l’industrie minière afin de favoriser sa croissance, de sorte qu’elle soit véritablement une opportunité pour les populations ». Un message reçu cinq sur cinq par les autorités : le gouvernement sénégalais « n’est pas engagé dans un face-à-face avec les ONG ou les autres acteurs des droits de l’homme dans l’exploitation minière, mais pense que chacun est dans son rôle pour contribuer à l’aboutissement d’un code le plus consensuel possible », rappelle le directeur de cabinet du ministre de l’Industrie et des mines, Modienne Guissé.

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