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Faire connaître les banques africaines

PDG de Coris Bank, Idrissa Nassa préside depuis février le Club des dirigeants de banques et établissements de crédit d’Afrique. Il rappelle les principaux axes de ce groupe qui accompagne l’Afrique dans la structuration du secteur bancaire.

Idrissa Nassa Président de Coris Bank

Que comptez-vous entreprendre, en tant que président du Club, en termes de plan d’action, de projets ?

Notre Club doit avant tout satisfaire aux attentes de ses membres, mais aussi des acteurs de la vie économique sur les perspectives d’évolution des banques pour les années à venir, dans une Afrique en pleine mutation, unanimement reconnue comme le continent de l’avenir. Pour atteindre cet objectif, l’assemblée générale du Club, qui s’est tenue à Kinshasa en février 2015, a permis l’adoption d’un plan d’actions. Je les résumerai en quatre axes prioritaires. En premier lieu, le Club doit servir de laboratoire d’idées. Son animation a été confiée au professeur Dhafer Saïdane et il sera une instance de réflexion et de recherche sur l’avenir de la banque africaine pour les dix années à venir. En deuxième lieu, nous voulons susciter ou renforcer des liens de partenariat avec des institutions qui oeuvrent dans le même sens, pour la modernisation et le développement des services financiers africains. En troisième lieu, le Club forme aux différents métiers de la banque. Dans le cadre des accords passés avec la Commerzbank l’an dernier, figure en bonne place la formation au travers de la tenue chaque année d’un séminaire de deux semaines à Francfort. Enfin, le Club souhaite apporter des appuis multiformes aux associations des filières « métiers » : les juristes, les comptables et contrôleurs internes, les trésoriers.

En quoi ce Club est-il utile et comment fonctionne-t-il pour servir les milieux bancaires et financiers ?

Notre Club a 26 années d’existence et présente l’originalité d’être une association de personnes physiques qui ont en commun l’exercice d’un même métier au plus haut niveau et sur le continent africain. Si le Club existe toujours, c’est que la cinquantaine de ses membres continuent à éprouver le besoin de se retrouver, de partager leurs expériences et parfois de passer des accords de correspondance. Or, les banquiers de l’Uemoa ne connaissent pas ceux de la Cemac et encore moins ceux des Pays des Grands Lacs ! Nous avons également le besoin de savoir ce qui se passe sur les autres continents : c’est la raison d’être de nos forums d’été, comme celui qui s’est tenu en 2014 au Vietnam.

Enfin, nous voulons mieux faire connaître nos banques africaines : nos produits et nos services. C’est dans ce but que nous répondons positivement aux invitations qui nous sont faites pour parler de nos institutions. C’est dans ce même esprit que nous nous réjouissons de la collaboration très active et enrichissante que nous développons depuis plusieurs années avec votre magazine.

Nous pouvons considérer les fonds de private equity comme étant des compléments aux financements bancaires classiques au regard de leurs apports en termes de gouvernance, et de modernisation de la gestion des entreprises.

L’Afrique souffre d’un taux de bancarisation extrêmement faible. Quelles sont vos idées pour contribuer à relever ce taux ?

Comme vous le savez, la faiblesse du taux de bancarisation en Afrique est due à la conjonction de plusieurs facteurs tels que la méconnaissance du système bancaire et de ses pratiques par une large frange de la population qui est analphabète ; le manque d’infrastructures à l’intérieur des pays ; le faible niveau de revenu de la population paysanne ; le coût des services bancaires et d’autres pesanteurs socioculturelles, etc.

Cependant, il faut relever qu’au cours de ces dernières années, des eff orts concertés mais bien insuffisants ont été consentis par les parties prenantes pour améliorer le taux d’accessibilité aux services bancaires. C’est à travers l’innovation dans l’offre de services bancaires adaptés aux besoins des différentes couches sociales, notamment avec les produits monétiques, la finance islamique, le microcrédit et le mobile banking, que l’Afrique parviendra à afficher un très bon niveau de pénétration bancaire.

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