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Evaluer les programmes

Conçus par l’ONU, les programmes de mise à niveau ont essaimé au Maghreb, notamment en Tunisie, puis en Afrique subsaharienne avec le Sénégal. S’ils ont enregistré certains succès, une évaluation plus précise s’impose.

Nés de l’expérience portugaise de 1988, dans le cadre de l’intégration du Portugal à la Communauté économique européenne, les programmes de mise à niveau des entreprises visent à améliorer la compétitivité du secteur industriel.

L’enjeu est d’accompagner ces entre- prises dans le contexte de mondialisation, par la signature d’accords de libre-échange dans le cadre de leur accession à l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Concrètement, ces programmes renvoient à deux types de mesures d’accompagnement : l’amélioration du climat des affaires et l’appui direct aux entreprises.

Il s’agit à la fois de contribuer à lever les obstacles qui altèrent le climat des affaires (institutionnels et réglementaires, principalement) et d’autre part d’aider les entreprises, par des mesures d’assistance techniques et de conseil, à devenir compétitives en termes de prix, de qualité, d’innovation, et ainsi à être capables de suivre les évolutions des techniques et des marchés.

Programme phare de la Tunisie dans les années 1990, la mise à niveau des entreprises s’inscrit dans la volonté de renforcer leur capacité à résister à la concurrence internationale. Soutenu par l’Onudi (Organisation des Nations unies pour le développement industriel) en 1995, il a permis d’accompagner plus de 5 000 PME. Considéré comme un modèle, ce programme est entré aujourd’hui dans une phase de certification qui a permis à 2 000 entreprises de bénéficier de la norme ISO 9 000.

Pour Riadh Soussi, directeur du Bureau de mise à niveau de Tunis, cet outil constitue « un levier pour accompagner les entreprises vers l’Afrique émergente ». C’est pourquoi l’orienta-tion actuelle est de relever le défi de l’innova-tion en apportant un soutien aux entreprises dans le domaine de la recherche et dévelop-pement.

À l’occasion des Journées de la mise à niveau, qui se sont déroulées à Dakar fin octobre 2014 sur le thème « compétitivité et émergence », le Premier ministre Mahammed Dionne a invité le secteur privé national à ne pas craindre l’ouverture à la mondialisation.

Au Sénégal, le programme parie désormais sur une diversification de son offre, orientée vers trois directions : un ciblage des PME à fort potentiel pour les transformer en leviers significatifs de l’économie ; le lancement de programmes de clusters et une approche filière ; et une décentralisation de ses activités hors de Dakar (qui représente actuellement 82 % des entreprises) pour rayonner vers des régions offrant des opportunités d’investissement : Casamance, Nord du Sénégal, Centre.

Première expérience de mise à niveau des entreprises en Afrique subsaharienne, l’enjeu du programme sénégalais est de renforcer la compétitivité des entreprises pour leur permettre de faire face à la concurrence des produits d’importation sur le marché local, et à développer les exportations vers les nouveaux marchés de l’Uemoa, de la Cedao et des pays du Nord, de manière rentable et pérenne.

Pour l’AFD (Agence française de développement), l’appui au secteur privé représente un volet d’intervention stratégique au Sénégal, l’objectif étant d’améliorer l’environnement et les performances des entreprises sénégalaises. L’économie doit répondre aux enjeux d’absorption par le marché du travail d’une population active en forte croissance, de développement des entreprises sur des secteurs à fort potentiel et d’accès à des facteurs de production compétitifs.

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