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Échanges d’expériences Inde-Afrique

éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, la nourrir, l’industrialiser, l’intégrer, et, enfin, y améliorer la qualité de vie de ses populations. Parmi ces cinq priorités, les assemblées annuelles avaient choisi cette année de se pencher tout particulièrement sur celle de l’alimentation. « Nourrir l’Afrique, il n’y a pas de meilleur endroit pour débattre de cette question qu’ici en Inde », a fait valoir Akinwumi Adesina.

La révolution verte a en effet permis au pays de passer en quelques années d’un état de dépendance à celui de l’autosuffisance alimentaire, puis au statut de puissance mondiale dans le secteur agricole et agroalimentaire. Une évolution, a rappelé le président de la BAD, reposant au départ sur un fort volontarisme politique.

Aujourd’hui, pour se nourrir, l’Afrique importe chaque année pour 35 milliards de dollars de produits alimentaires, montant qui devrait atteindre 110 milliards $ par an d’ici à 2025, alors même que selon Bill Gates, présent lors des assemblées, « la malnu­trition prive les enfants de leur avenir et coûte chaque année 25 milliards $ à l’Afrique ».

Un constat d’autant plus choquant qu’on le sait, l’Afrique détient 65 % des terres arables non cultivées dans le monde, un capital qui pour­rait – à condition de le mettre en valeur et de l’exploiter – contribuer à nourrir les 9 milliards d’êtres humains qui peupleront la planète à l’horizon 2050. « Nous voulons transformer l’agriculture qui est un métier pénible en une activité rentable et que nos paysans deviennent de vrais agriculteurs », a déclaré le président du Sénégal, Macky Sall.

Un objectif qui passe avant tout par l’industrialisation du secteur agricole. La BAD engagera, pour ce faire, 24 milliards $ d’investissements dans les dix années à venir.

La clef de la transformation

Pour son président, « la solution consiste à transformer l’avantage comparatif naturel que l’Afrique tire de l’importance de ses terres culti­vables, en avantage concurrentiel : nous devons accélérer l’accès aux semences de qualité, aux engrais, à l’irrigation, aux services mécanisés et au financement. L’agriculture doit être considé­rée comme une activité commerciale partout en Afrique ».

Cette industrialisation de l’agriculture suppose également une transition vigoureuse du secteur primaire vers celui de la transformation, seule capable de faire profiter le développement du continent d’une valeur ajoutée que les matières premières ne peuvent à elles seules lui offrir.

Une industrie textile pourrait ainsi offrir d’importants débouchés à la production massive de coton africain. « Le prix des vêtements ne baisse jamais, même lorsque le cours du coton chute », a souligné Akinwumi Adesina.

De même, l’Afrique qui produit 75 % du cacao mondial ne perçoit que 2 % des 100 milliards $ de revenus annuels que génère le marché du chocolat. « Il est grand temps de transformer le cacao africain. Alors que les agriculteurs africains baignent dans la sueur, d’autres savourent le sucre », a-t-il déploré. Des projets d’ampleur et de moyen/long terme, qui peuvent se nourrir du dialogue et de l’échange d’expériences Inde-Afrique. Pour le ministre indien des Finances, Arun Jaitley, « l’océan Indien peut nous séparer, mais le partenariat et la collaboration constitueront un pont entre nous. Le xxie siècle appartiendra également à l’Afrique et à l’Asie ». 

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