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Ebémi, l’arme technologique

Le 31 janvier 2013, leur société commune, Ebémi-SA, avec Abdoulaye Dicko à sa tête, a signé une convention de délégation de service publique avec l’État malien représenté par le ministre de l’Équipement et des transports, devenue effective le 1er avril 2014. Et, comme un bonheur n’arrive jamais seul, Ebémi a également signé, le 31 janvier 2014, avec l’Office ivoirien des chargeurs, et sous la tutelle des ministères ivoirien et malien des Transports, un accord de partenariat sur le suivi électronique incluant un transfert en Côte d’Ivoire de cette technologie à 100 % malienne, même si les balises GPS sont importées.

Rien qu’au Mali, le parc est estimé à 45 000 camions et il y a des centaines de société de transport ! 

En livrant, le 3 février 2015, les 1 000 premières balises financées au Conseil malien des chargeurs, Abdoulaye Dicko a pu mesurer le chemin accompli. Signée pour une durée de 15 ans, la convention de conces-sion octroyée par l’État malien représente un chiffre d’affaires de 5 milliards de F.CFA sur cinq ans pour l’entreprise qui va devoir équiper quelque 35 000 véhicules d’ici à 2018. « Depuis juin 2014, la société tourne avec un chiffre d’affaires annuel de 328 millions de F.CFA (en termes de parc de camions équipés) et elle passera à 4 milliards une fois que nous aurons absorbé le plus gros de la flotte malienne », confie-t-il.

Ebémi compte déjà parmi ses clients l’une des trois plus grandes sociétés de transport du Mali, Toguna, en plus d’une vingtaine de clients parmi lesquels Damco, Maersk Line, DHL, Bollore Africa Logistics, Camusat, Star Oil. Les responsables de l’opération Serval, eux-mêmes, lui ont demandé d’équiper les camions de ravitaillement se rendant dans le Nord. « Rien qu’au Mali, le parc est estimé à 45 000 camions et il y a des centaines de société de transport ! »

Et ce n’est qu’un début, car à la suite de la Côte d’Ivoire, où Ebémi compte déjà 25 clients avec 600 véhicules équipés, et la Mauritanie, où son système (dénommé NTE Mnein) a également été commercialisé en mars 2014, la société va équiper le Sénégal, à compter de mars 2015, sous le nom de Fonek, ainsi que le Togo et le Bénin sous l’appellation DJIM. Au Cameroun, où Ebémi est disponible depuis janvier 2010 sous le nom de Malambi, la société malienne compte aujourd’hui une centaine de clients représentant un parc de 2 800 camions. « Je suis un président totalement heureux », a affirmé, sans rire, le président du Conseil malien des chargeurs, Ousmane Babalaye Daou. Un sentiment partagé par les Douanes, la police et la gendarmerie, qui trouvent dans les retombées de cette nouvelle technologie, très abordable en termes de coût, une manière d’accroître la sécurité sans parler des recettes de l’État.

Pour qu’un client puisse voir la position de son véhicule en temps réel, les ingénieurs maliens ont créé un site Internet, ebemi.net, qui permet à chaque opérateur enregistré de visualiser une carte routière. La position de son véhicule, symbolisé par un petit camion qui se déplace sur l’écran, est immédiatement donnée. L’utilisateur peut obtenir nombre d’informations complémentaires comme la consommation de carburant, la durée de conduite, les temps d’arrêts, les trajets, à quelle heure le véhicule a quitté Bamako, à quelle heure il est arrivé dans telle ou telle localité ou dans tel port, combien de temps il a stationné, à quelle heure il en est reparti… L’utilité de ce système, selon Abdoulaye Dicko, vient du fait que « ces informations peuvent être agencées en fonction des besoins de l’opérateur comme intervenir en cas de blocage ou d’accidents sur la route, pour les forces de l’ordre ou circonvenir à la contrebande pour les douaniers ».

Primé en France lors du dernier Congrès international du système de transport intelligent, Ebémi peine encore à convaincre les autorités, dans la sous-région. « Si l’on nous a distingués en France, c’est avant tout une réussite globale pour le Mali dans son ensemble », commente Abdoulaye Dicko qui regrette, toutefois, que les responsables du transport au sein de l’Uemoa n’aient rien trouvé de mieux que de lancer un nouvel appel d’offres international pour du tracking. « Parfois c’est décourageant, mais si le projet est né grâce à un petit groupe d’ingénieurs maliens, c’est surtout parce que les différents responsables qui se sont succédé de 2009 à nos jours, nous ont appuyés. Donc, on se rend compte aujourd’hui que l’espoir est permis, heureusement », pour encourager les talents africains. 

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